Portrait

Zidane Azzouzi
/ L’autre Zizou

Apprenti journaliste. Il a 19 ans, habite la Plaine depuis toujours, a voté pour la première fois en mars, suit des études de journalisme. Et aime le foot.
Zidane Azzouzi devant l'ancien resto de ses parents. (c) Yann Mambert
Zidane Azzouzi devant l'ancien resto de ses parents. (c) Yann Mambert

Ce Zidane-là n’a pas gagné la Coupe de Monde de football 1998, mais il doit bien son prénom au champion emblématique de la France BlackBlanc-Beur.

« C’est ma mère qui l’a choisi, explique Zidane Azzouzi, 19 ans. Et comme mon père adore le foot… En plus, Zinedine est d’origine kabyle comme moi ! » Et ce n’est pas tout : la famille Azzouzi vit depuis une trentaine d’années à la Plaine, avenue du Président-Wilson, à quelques enjambées du Stade de France, enceinte mythique de la consécration de l’équipe tricolore. Et, Étoile sur le maillot, le premier restaurant des parents de Zidane – le jeune – s’appelait « Au rendez-vous de la presse »… Rien à voir avec le ballon rond, mais bien avec la destinée du jeune Dionysien.

On pourrait croire que des fées visionnaires se sont penchées sur son berceau : aujourd’hui, Zidane étudie le journalisme et compte bien vivre de ce métier. Mais il s’en est fallu de peu que ce signe des cieux ne soit hors-jeu. « J’ai passé un bac scientifique parce que ça laissait toutes les portes ouvertes », explique Zidane. Mais sans qu’il ne l’imagine, l’une d’elles s’était déjà entrebâillée au collège. Il est en 3e à Iqbal-Masih. C’est la deuxième année consécutive que Zidane est en « classe média ».

Invité à France 4

« On s’occupait de rédiger le journal du collège. Au niveau écriture, je n’étais pas mauvais. » C’est cette année-là que France Télévision rend visite aux élèves de cette section pour leur proposer de réaliser un micro-trottoir dans le quartier du Stade de France, après les attentats de 2015, et pour l’Euro 2016 (tiens, le foot, encore !). « Tout est allé très vite. On était quatre à avoir été invités à l’émission de France 4 T’as tout compris, d’Hélène Roussel. J’ai présenté le reportage. Trop bien ! » C’est à cette époque que Zidane rencontre Charlotte Pouch, déterminante dans son orientation professionnelle. La documentariste réalise Première campagne, une collection de courts-métrages pour France Info sur les dernières élections présidentielles vues à hauteur d’ados. Pour ces documentaires, Zidane, avec un camarade, interviewe pendant une heure « à 15 ans ! » cinq personnalités politiques : Florian Philippot (Les Patriotes), Arnaud Montebourg (PS), Ericka Bareigts (PS), Alexandre Jardin (L’Appel des mouvements citoyens) et Nicolas Bay (FN).

Le virus du journalisme le pique sans doute à ce moment-là et l’exercice lui vaut même d’être invité à C à vous, sur France 5, pour raconter son expérience d’apprenti journaliste devant Anne-Sophie Lapix et Bruce Toussaint. Zidane obtient donc son bac S au lycée Pierre-Gilles-de-Gennes, dans le 13e arrondissement parisien.

« En 3e , j’avais d’assez bons résultats. Les profs m’ont conseillé d’aller à Paris. Au début, j’étais dégoûté. Je ne connaissais personne. J’ai regretté d’avoir fait ce choix. Avant, je passais 99 % de mon temps à la Plaine, entre les études et la maison. Et puis à Iqbal-Masih, dans les classes on trouvait des origines différentes. Chinois, Pakistanais, Arabes, Noirs… À Paris, j’étais l’un des seuls Maghrébins. Puis je me suis fait des potes. »

Sujet d’un documentaire au long cours

Le jeune homme est doué pour le contact. Charlotte Plouch, la documentariste, s’attache à ce môme de la Plaine. « Depuis Première campagne, on ne s’est jamais perdus de vue, dit-elle. Il m’a fait découvrir sa banlieue […] qu’il aime tant. » Depuis un an, la réalisatrice a fait du jeune Dionysien le sujet d’un documentaire au long cours, Zidane en attendant les Jeux (titre provisoire).

« Charlotte me suit dans mon quartier, en vue des JOP 2024, explique Zidane. On y verra mon entourage. Ma grand-mère aura une place importante. » La dame a fait partie du regroupement familial, il y a trente ans, à la Plaine. L’apprenti journaliste déroule l’histoire paternelle : « Il a grandi sans père dans un village de Kabylie. C’était l’homme de la maison pour ses sœurs. Il a dû arrêter l’école en 3e pour travailler dans les champs, puis à l’usine à Alger. » Où il rencontre sa future femme, alors institutrice, la maman de Zidane. C’est elle qui pousse son mari à partir pour la France dans l’espoir d’un avenir meilleur. Les époux Azzouzi reprennent le restaurant Au rendez-vous de la presse « parce qu’il y avait un appartement au dessus ». Quand Zidane naît, dernier d’une fratrie de trois garçons et une fille, ils déménagent pour plus spacieux, toujours avenue Wilson. Depuis l’année dernière, les parents ont repris le restau « L’Avenir ». Encore un signe ?

À la rentrée, Zidane attaquera sa deuxième année d’études supérieures à l’école de journalisme ISCPA Paris. Pour l’heure, il ne sait pas s’il choisira la presse écrite ou audiovisuelle. Il s’intéresse à la culture, à la politique – c’est d’ailleurs la première fois qu’il a voté, tout juste majeur, en mars 2020 pour les municipales – au sport en général, au foot en particulier. Comme bon prénom ne saurait mentir, Zidane tâte du ballon rond depuis qu’il a 6 ans. « J’ai fait mes débuts au Landy, à Saint-Denis. Aujourd’hui je joue dans un club amateur. » Il soutient le PSG et le Real Madrid – avec pour manager l’autre Zidane. « Moins depuis que Ronaldo en est parti. Je rigole, parce que si mon frère lit ça… Il va dire que je ne suis pas un vrai supporter ! »

Décidément, des signes favorables dessinent le jeune parcours du fervent Dionysien. Il fait en ce mois de juin son premier stage de journalisme au Journal de Saint-Denis, sa ville.

Patricia Da Silva Castro

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