Portrait

Anaïs Van Overbeck et Mostafa Boulguiz
/ Goût des autres et du service

Duo. L’Espace Marguerite Charlie, à la fois café et galerie, c’est avant tout deux visages : ceux d’Anaïs et de Mostafa. Ce couple ambitionne de rassembler les habitants autour d’un projet commun qui ne peut que mettre tout le monde d’accord : la bonne bouffe, l’art et la vie.
Anaïs Van Overbeck et Mostafa Boulguiz de l'Espace Marguerite Charlie. (C) Yann Mambert
Anaïs Van Overbeck et Mostafa Boulguiz de l'Espace Marguerite Charlie. (C) Yann Mambert

Cosy et simple. Deux adjectifs qui siéent bien à l’ambiance de l’Espace Marguerite Charlie et à l’allure de ses deux têtes pensantes : Anaïs Van Overbeck et Mostafa Boulguiz, partenaires à la vie « comme au comptoir ». Situé au croisement des rues de la Boulangerie et du Jambon, l’endroit attire l’œil en raison de sa devanture faite d’une grande vitrine, à travers laquelle on peut apercevoir, le soir, des lumières, des couleurs et des gens. Le Marguerite Charlie anciennement installé au 15, rue Denfert-Rochereau a mûri.

Le 21 mars, le désormais café culturel et galerie soufflait sa première bougie. Au même moment, Saint-Denis et le reste du pays s’enlisaient dans le confinement. Mostafa, qui a fêté ses 31 ans le 15 juin, explique que cette période aura permis de faire « une mise au point et le bilan de cette première année. Lorsqu’on a ouvert il y a un an, Marguerite Charlie était un laboratoire. On ne savait pas si le lieu serait un salon de thé ou un petit café à tapas. On avait une ligne directrice qui est d’organiser une exposition par mois et des événements satellites comme des concerts, des performances. Puis, pour que le lieu soit plus chaleureux, on a commencé à servir des boissons, expérimenter autre chose. Il y a eu une vraie demande sur le midi, notamment pour une cuisine végétarienne. Très vite, l’espace s’est dessiné comme ça. » Son acolyte, âgée de 30 ans, approuve. Et explique avoir été « galvanisée » par l’accueil que leur a « réservé » Saint-Denis. « On a été tellement bien reçu. On a eu plein de retours, de conseils et d’aide que ce soit des services de la mairie, de la Maison des associations, des voisins. On a eu beaucoup de chance. Les gens sont cools ici et le public très sympa. »

Passion restauration

Cela fait sept ans que les deux complices ont emménagé ensemble à Saint-Denis où ils apprécient le « côté village ». Mostafa, diplômé en médiation culturelle, se décrit comme « un pur produit de Paris ». L’avant dernier d’une fratrie de six enfants a grandi dans le quartier des Batignolles. Quant à Anaïs, qui a « deux sœurs et un frère », elle a passé son enfance à Toulouse qu’elle a quittée pour suivre des études d’art et de théâtre à la fac de Nanterre. Avant de s’accompagner dans la vie, les Dionysiens travaillaient ensemble.

« Quand on s’est rencontré, j’étais encore étudiante et “Mos” était responsable dans un restau où j’étais serveuse. On s’est rendu compte qu’on avait pas mal de points communs », détaille Anaïs. Très vite, les deux amis s’entendent pour ouvrir un lieu. La vie des cafés, l’humeur des restaurants leur plaisent. Bien que le père d’Anaïs ait été cuisinier de formation et qu’à la maison elle a toujours « touché à la cuisine » ou que Mostafa ait des oncles restaurateurs, tous deux n’expliquent pas totalement leur attirance pour ce secteur. « Je ne voulais pas nécessairement bosser dans la restauration, ça s’est fait naturellement. Mais pour moi, le café comme lieu a toujours été une évidence », commente Mostafa. C’est que le trentenaire aime servir, « voir les gens prendre le café le matin », discuter. S’ils s’accordent en commun pour prendre des décisions, les rôles des deux collaborateurs sont « bien distincts ». « Mostafa s’occupe de la partie restauration et bar et je m’occupe de la programmation culturelle, des dossiers administratifs et du service en salle », précise Anaïs.

Médiation

Marguerite Charlie, « lieu hybride », mêle cuisine et art. Le nec plus ultra de cet espace réside dans sa volonté de faire de la « médiation ». « Même s’il y a déjà énormément de lieux pour représenter les artistes dionysiens, on est là aussi pour ça. Certaines personnes n’ont jamais osé aller dans une galerie pour exposer leur travail. Ici, les gens nous le demandent », argumente Anaïs. De leurs débuts rue Denfert-Rochereau à leur participation au Marché d’art contemporain de Saint-Denis en 2018 à l’invitation du 6b, en passant par leur emménagement express en mars 2019 rue de la Boulangerie, Anaïs et Mostafa ne retiennent que du positif. En septembre, idéalement, ils aimeraient ouvrir une cuisine dans l’arrière-boutique où se trouve encore l’atelier céramique de Franciade censé déménager en mars 2020. Ces deux « bosseurs » ont bien réfléchi à ce projet de double espace. Les plans d’architectes conçus pendant le confinement sont déjà prêts. Anaïs et Mostafa qui ont obtenu une autorisation de terrasse de la mairie prévoient de rouvrir l’Espace Marguerite Charlie le mardi 23 juin (1). Ils ont hâte de retrouver cette « interaction avec les gens ».

En attendant, ils s’occupent en faisant des petits travaux et en travaillant sur leur passage d’association à entreprise. Et, pour « boucler la boucle », le couple s’attelle à la préparation de son union à la rentrée. « Je vais porter la robe de mariée de ma mère qui a été achetée en 1984 à Saint-Denis dans une boutique rue de la République », s’enthousiasme Anaïs. Et d’ajouter : « Ce qui nous a fait triper en arrivant à Saint-Denis, c’est le regroupement des Bretons et des Berbères. Moi, à la base, je suis bretonne et Mostafa est d’origine berbère. On avait le sentiment que Saint-Denis était une ville pour nous. »

Yslande Bossé

(1) Nouveaux horaires jusqu’à la fin du mois : 15h-23h30. Nouvelle formule : goûter/apéro/tapas.

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