Portrait

Automne Lajeat
/ Artiste toutes saisons

Violoncelliste. Musicienne depuis son plus jeune âge et Dionysienne depuis cet été, Automne Lajeat s’est lancée dans le chant il y a quelques années. Une « histoire de musique » qui lui permet de s’exprimer par son art.
Automne Lajeat, artiste. © Yann Mambert
Automne Lajeat, artiste. © Yann Mambert

« Quand j’étais petite, mon père me chantait des chansons pour m’endormir. Je pense que j’ai eu beaucoup de chance. » La rencontre entre Automne Lajeat et la musique commence dès son enfance. Entourée d’un père mélomane fan de musique classique, folk, rock et jazz et d’une mère peintre sculptrice, cette épicurienne a grandi dans un environnement artistique, qu’elle n’a jamais quitté. Dans sa maison près du canal Saint-Denis, l’artiste nous montre l’une des œuvres de sa mère, exhibée dans son salon. Dans la pièce, se trouve aussi son fidèle compagnon : le violoncelle.

À 6 ans, Automne rencontre des musiciens venus présenter leurs instruments aux enfants de son village de Seine-et-Marne. « J’ai flashé sur le violoncelle ! Mes yeux d’enfants étaient éblouis par la femme qui jouait de ce bel instrument, et j’aimais les sonorités graves du cello. » La musicienne ajoute avoir été séduite par le fait de pouvoir jouer assise. Son « côté flemmarde, peut-être », s’amuse-t-elle. 
 

Rencontres musicales

Automne commence à composer de la musique vers l’âge de 20 ans. La jeune femme passe plusieurs années à accompagner des artistes et à composer pour le théâtre, des spectacles de poésie ou des films. Le chant s’impose ensuite à elle comme la suite logique de sa carrière. « Il y a environ cinq ans, j’ai voulu chanter, écrire des chansons, trouver une correspondance entre le violoncelle et le chant. Je vivais une sorte de crise de la trentaine, et j’avais besoin d’exprimer ce que je ressentais à cette période de ma vie. Je ne pensais pas que ce besoin personnel impacterait les autres. »

Automne a perfectionné sa voix dans la rue. La chanteuse se remémore cette période où elle avait peu d’argent, faisait la manche et interprétait des chansons à Montmartre. C’était une opportunité de « chanter devant des gens dans un cadre particulier, différent d’un concert ». Par la suite, l’artiste accompagne sur scène le guitariste Perry Leopard (aujourd’hui membre d’Automne, le groupe formé par la chanteuse), qui lui propose d’intégrer des chansons qu’elle a composées dans ses concerts. Alors qu’elle commence à se produire sur scène, Automne attire un public de plus en plus nombreux. En plus de sa carrière solo, Automne Lajeat est donc aussi la chanteuse du groupe Automne, fondé il y a environ deux ans avec trois amis. En abordant ce sujet, la musicienne ne peut s’empêcher de sourire. « Ce groupe c’est d’abord une histoire d’amitié. Ils sont comme mes frères. C’est vraiment le groupe dont je rêvais étant adolescente. Jouer avec des gens qu’on aime, ça change tout ! »

Et ça marche bien aussi, puisque le groupe a déjà sorti un EP et fait une cinquantaine de concerts l’année dernière, dont un à l’Institut français au Kurdistan irakien. Accompagnée de Thomas Gromb à la batterie, David Haddad à la guitare et au piano et Perry Leopard à la guitare, Automne Lajeat s’occupe de la mélodie : « On fait les arrangements ensemble, je ramène la base et on sublime les chansons ! On travaille en ce moment sur notre deuxième EP. » La chanteuse collabore également avec sa sœur à la réalisation des clips du groupe. « Elle a fait plusieurs de mes clips. On s’est beaucoup aidées mutuellement, on essaye des choses ensemble. C’est un peu comme si on avançait en parallèle. »
 

La musique comme thérapie

« Mes chansons sont comme des histoires de vie racontées de manière assez simple, mais sincère. J’ai beaucoup d’influences : rock, classique, jazz, musique traditionnelle...On retrouve tous ces styles dans ce que je fais. » Faire de la musique est « thérapeutique », pour Automne, mais aussi pour le public. L’un de ses plus beaux souvenirs ? Un concert avec son groupe dans un camp de réfugiés syriens au Kurdistan. Ce jour-là, pendant l’interprétation de Sœur de Cœur, une chanson abordant les thèmes de l’amitié, du féminisme et de la liberté, des jeunes femmes se lèvent dans le public.

« Grâce à des interprètes, j’ai pu chanter le refrain en kurde. Ces femmes sont venues me remercier. C’était un moment très émouvant. Je me dis que je leur ai peut-être donné de la force. » Cette force, Automne Lajeat la communique aussi lorsqu’elle joue en prison, pour les handicapés, pour les enfants, pour « tout le monde ».

Andréa Mendes

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