Portrait

Le portrait de la semaine Mireille Veisberg
/ 20 ans d’engagement au Mali

Tombée amoureuse du Mali, Mireille Veisberg a consacré toute une partie de sa vie à y développer des projets de solidarité. À 71 ans, elle milite toujours, mais à Saint-Denis. Mireille Veisberg voulait devenir infirmière.
Mireille Veisberg © Yann Mambert
Mireille Veisberg © Yann Mambert

« Ma mère était nourrice, je m’occupais notamment de soigner les bobos des enfants. La santé, c’est aussi quelque chose de primordial », affirme-t-elle. À 18 ans, après avoir décroché son brevet de fin d’études, elle entre en école préparatoire à la Croix Rouge pour devenir infirmière urgentiste dans les pays en sous-développement.

Mais le destin en décide autrement. Son père décède, et sa mère ayant arrêté de travailler, Mireille doit abandonner ses études pour faire vivre la famille. Pendant un an elle travaille comme dactylo, puis devient secrétaire comptable pendant dix ans dans un magasin asiatique du Quartier latin, aux premières loges des événements de Mai 1968, où elle soignera quelques étudiants blessés. 
 

« J’ai toujours aimé aider les autres »

Mireille n’abandonne pas sa volonté d’aider les autres et prend des cours du soir de secourisme avec la Croix Rouge. « Tous les week-ends j’allais avec l’association soigner les blessés sur les routes et sur les pistes de motos de Montlhéry ». C’est via le groupe de bénévoles qu’elle fait la connaissance de son ex-mari, avec qui elle a une fille. Elle continue de dévouer sa vie aux autres, en s’occupant de sa fille, sa mère dépendante, en suivant son mari coureur cycliste sur les routes de France, puis en aidant son nouveau compagnon à créer une société de menuiserie-ébénisterie. « J’ai toujours aimé aider les autres », sourit-elle.

Côté professionnel, elle travaille 30 ans dans une société de fabrication de papier comme secrétaire comptable. Elle s’investit au comité d’entreprise, aide les salariés, organise des rallyes automobiles et s’occupe aussi des voyages à l’étranger pour les 300 salariés. « Un jour, j’ai reçu une publicité sur un séjour en Côte d’Ivoire, je venais de me séparer de mon compagnon, alors je me suis dit pourquoi pas », raconte-t-elle. Sous le charme de cette région de l’Afrique, elle y retourne l’année suivante. C’est là que cette passionnée de randonnée en montagne décide de faire une escapade côté Mali, au Pays dogon. « Le paysage était magnifique, j’ai eu une sorte de flash en haut d’une falaise, je me suis dit : il y a quelque chose à faire ici ».

À son retour en France, à Saint-Denis, où elle vit depuis quelques années après avoir habité trente-cinq ans à Villejuif (94), elle commence à se renseigner dans les foyers de Maliens d’Ile-de-France. Elle fait aussi la connaissance de Claudine Mas et reprend la gestion de son association Val d’Yerres Sahel Solidarité domiciliée à Boussy-Saint-Antoine (91). Celle-ci fait partie du réseau d’Essonne-Sahel, qui apporte un soutien à des projets d’initiatives locales et développe les jumelages entre les communes de l’Essonne et celles du Mali. L’association Val d’Yerres Sahel Solidarité mène, elle, des actions à Diéoura, village de la région de Kayes.

« Pour mettre en place le premier centre de santé, j’ai passé une nuit au ministère de la Santé pour solliciter une autorisation. Je me souviens aussi de ma colère un an après lorsque j’ai constaté que rien n’avait été fait, j’ai alors réuni les habitants, les décisionnaires locaux, mais aussi des Franco-Maliens en vacances qui avaient participé financièrement… »

Celle qui doutait de sa place et de son utilité dans ces projets humanitaires a vite trouvé sa voie de gestionnaire de projets. Deux centres de santé pour 15000 habitants, 4 écoles, 2 collèges pour 1200 élèves, puits et périmètres maraîchers pour 700 femmes, 2 barrages pour les irriguer…

Pendant vingt ans elle s’est rendue chaque année au Mali pendant ses vacances pour assurer le suivi des actions de son association, qui profitait de l’appui de l’équipe d’ingénieurs de l’agence Kared, mais aussi du soutien financier de la diaspora malienne en France. « Chaque week-end, je me rendais dans les foyers de Maliens, qui mettaient en place leurs projets. Je participais à leurs fêtes inoubliables, je reste imprégnée de cette région de Kayes et du Mali en général. » Parallèlement à ses voyages humanitaires, elle essaie de développer le tourisme solidaire et équitable dans la région de Kayes, en créant l’association Terres jaunes France. Son dernier voyage date de 2011. Depuis elle reste en France en raison des événements locaux, mais aussi à cause de soucis de santé.

À 71 ans, Mireille Veisberg continue de s’engager où on a besoin d’elle. Trésorière à l’association Artis multimédia, elle donne des cours de français et d’alphabétisation. Elle participe aussi à l’association Les Résilientes, lancée en mars 2019 par Rachida Hamdan.

« Nous apportons un soutien et un accompagnement aux femmes victimes de violences, nous sommes à leur écoute, nous sommes “leurs Voix”. On ne peut pas fermer les yeux ». Prendre soin des autres reste son leitmotiv.

Delphine Dauvergne

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