Portrait

Portrait de la semaine Nas Lazreg
/ Historien du quotidien

Chasseur d’histoires. Enquêter, écrire, réaliser. Nas Lazreg est un homme pressé. Créateur de séries, auteur de courts-métrages, scénariste, chasseur d’histoires humaines. Ne lui dites surtout pas que la passion est son métier.
Nas Lazreg est scénariste, realisateur, surtout un chasseur d'histoires humaines.
Nas Lazreg est scénariste, realisateur, surtout un chasseur d'histoires humaines.

Loquace. Au sens le plus positif du terme. L’adjectif sied bien à ce trentenaire installé à Saint-Denis depuis deux ans et demi. Lorsqu’il prend la parole, attablé devant un café long au second étage du bar Le Pavillon, cet ancien provincial - il a grandi en Alsace - capture les scènes, enchaîne les détails. Tout se passe comme s’il tournait les séquences d’un film en train de se faire. Un film qui n’aurait pas de fin, telles les anecdotes de ce passionné de la grande Histoire, qui dans sa besace de
« scénariste-auteur-de-courts », semble collectionner des petites histoires à la pelle.

Il y a celle consacrée à « la dernière journée d’une stagiaire, une journée décisive, pleine d’espoirs et de désillusions », confie Nas Lazreg. Ce dernier a mis plusieurs années à écrire le scénario de ce court-métrage, inspiré du témoignage d’une jeune femme entendue un jour sur France Culture. « Elle racontait comment elle galérait à Paris, même en étant de classe moyenne et que c’était difficile pour elle de trouver un CDI ou un CDD. »

Dans la tête du Dionysien, les idées foisonnent. En arrivant à Paris en 2008, ce sont les vendeurs de roses pakistanais qui font germer son premier court, Paki’s Flowers, réalisé en 2015. « Ils m’ont tout de suite frappé. J’étais étudiant en master 1 Histoire, en mode découverte de la ville. Je marchais de quartiers en quartiers, et ces vendeurs de roses, je les retrouvais aussi de quartiers en quartiers, les mêmes parfois. Celui que j’avais croisé dans le 5e (arr.) deux heures avant, je le retrouvais plus tard à Strasbourg Saint-Denis », raconte le scénariste.

Le synopsis du film que Nas Lazreg a mis cinq ans à réaliser, narre la première nuit dans la capitale de Naveed, jeune Bangladais qui intègre un réseau de vendeurs de roses à la sauvette. « C’est un film fait pour casser les stéréotypes. J’avais envie de parler des vies et des parcours intéressants de ces mecs-là. ». Le court-métrage parle aux gens. Il voyage à Berlin, Séoul, circule dans plusieurs salles parisiennes. À Saint-Denis, il n’est finalement pas projeté à l’Écran en novembre 2015 lors du festival Cinébanlieue, où il avait été sélectionné, en raison des attentats.
 

Mille histoires à raconter à Saint-Denis

Difficile de connaître le dernier projet en date de celui qui aime rechercher des indices. Nas Lazreg a l’art de dévoiler sans trop en dire. Sans doute parce que ce bosseur est plus un faiseur d’images qu’un écrivain. « Dans le monde dans lequel on vit, les images parlent plus. Tout le monde ne peut pas être écrivain, ça demande une rigueur différente de celle du scénariste », pense-t-il. Sa rigueur à lui, Nas Lazreg la trouve en ce moment dans le développement de projets de séries fictionnelles. Depuis quatre ans, il travaille en binôme, grâce à Skype, avec un scénariste bruxellois, sur une série historique qui se déroule fin XIXe, début XXe. « Ça raconte le retour d’un jeune d’Algérie qui prend la succession de son père au titre de bourreau de Paris. Des producteurs sont en train d’essayer de vendre la première saison. »

Cet admirateur des séries True Detective ou The Wire s’oblige à écrire, à proposer des projets de court-métrage. « C’est une manière de creuser son sillon en tant que réalisateur pour un jour arriver au long-métrage et que des producteurs te fassent confiance. » Nas Lazreg n’est pas dupe. L’industrie cinématographique est « un milieu très recherché, où il y a plein de gens, le truc c’est d’essayer de se tailler une place ». Et il y en aurait pour tout le monde d’après ce passionné de cinéma social pour qui le septième art permet de répondre à des interrogations, de toucher le plus grand nombre à travers des histoires. Ici, à Saint-Denis, « il y a mille histoires à raconter. Avec les JO qui arrivent, il y a des thématiques fortes à développer sur les riverains, les constructions. Les sujets sont là, après il faut enquêter, y passer du temps ». Être toujours à l’affût. Pour Nas Lazreg, voilà peut-être une manière de mieux le manier ce fameux temps.

Yslande Bossé

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