Portrait

Zora Razine
/ Un prêté pour un rendu

Bénévole. Tous les 5 décembre, un coup de chapeau est donné aux bénévoles lors de la journée internationale qui leur est consacrée. Rencontre avec Zora Razine, qui donne de son temps au Secours populaire depuis trois ans.
« Au fond de moi, je crois que j’ai toujours voulu aider les autres. » Zora Razine donne un coup de pouce au Secours populaire depuis trois ans.
« Au fond de moi, je crois que j’ai toujours voulu aider les autres. » Zora Razine donne un coup de pouce au Secours populaire depuis trois ans.

« Après mon licenciement intervenu en 2012, je voulais m’occuper de moi et profiter de mon temps libre. Et puis j’ai rencontré Jocelyne Sportes, la responsable du comité local du Secours pop. Je n’étais pas bien, plutôt déprimée, alors j’ai décidé de venir deux jours par semaine donner un coup de main », raconte Zora Razine, une ancienne animatrice en maison de retraite. Du jour au lendemain, la jeune grand-mère de 50 ans se retrouve tous les lundis dans la boutique vestimentaire pour faire du tri dans les affaires et le lendemain après-midi pour accueillir le public. « Cela fait trois ans ! », annonce-t-elle avec un sourire triomphant. 

Lors de son soixante-dixième anniversaire, le Secours populaire rendait publique une enquête sur le profil de ses bénévoles. Selon celle-ci, 64 % des 80 000 bénévoles que compte l’association sont des femmes. Une sur deux a entre 50 et 74 ans, mais 60 % des bénévoles qui se sont engagés depuis moins de 3 ans ont moins de 34 ans. Six bénévoles sur dix affirment être venus d’eux-mêmes, sans avoir été sollicités. Ce sont les valeurs de l’association, ce qu’on y fait et l’ambiance qui y règne qui les a décidés. 
 

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Solidarité 

« Ce qui me donne l’envie et le courage de venir maintenant trois fois par semaine, confirme de son côté Zora, c’est le regard des autres. Voir des yeux d’enfants briller quand ils reçoivent une peluche ou un jouet…» Tous les lundis matin, du linge et des vêtements arrivent au local abrité à la bourse du travail. C’est le moment du tri avec ses copines Sylviane et Salia. Si ce n’est pas toujours du premier choix qui est reçu, le cœur y est et les trois bénévoles font ce qu’elles ont à faire en riant.

Les pièces en mauvais état sont acheminées chez Gebetex, une entreprise spécialisée dans la collecte, la récupération et le recyclage de textiles. Les habits conservés sont ensuite emportés par d’autres bénévoles afin d’être lavés et nettoyés et quelquefois repassés. Ils sont ensuite rangés par taille et âge sur des étagères. De grandes enseignes participent également à la solidarité en offrant des vêtements, des jouets ou des livres que les bénéficiaires inscrits pourront acquérir à un prix modique.

« Du courage et des tripes »

Ce mardi après-midi, peu avant 14 h, des familles attendent l’heure d’ouverture. Certaines sont accompagnées d’enfants en bas âge. « On vend du linge et de la vaisselle à des prix dérisoires, allant de 10 centimes à 1 € pour les articles les plus chers. Si une personne se présente et n’a pas les moyens de payer un vêtement, nous ne le lui donnons pas, mais faisons en sorte de le lui offrir. Il faut vraiment avoir du courage et des tripes pour venir, j’imagine que c’est parce qu’il n’y a aucune autre solution. » Cette fille de parents kabyles a grandi à Alger, dans le quartier Belcourt, non loin de l’hôpital Mustapha où son père était infirmier. Elle rejoint la France à l’âge de 18 ans, pour se marier. Pour tout bagage un bac S en poche.

« Je me voyais moi aussi avec une blouse blanche, mais même sophrologue, je n’aurai pas de blouse blanche ! Au fond de moi, je crois que j’ai toujours voulu aider les autres. » Sophrologie, le mot est enfin lâché, car Zora a suivi une formation dans cette spécialité et souhaite pratiquer à mi-temps dans une entreprise ou un institut. « Sans lâcher mon bénévolat, précise-t-elle. Je vais me faire du bien et faire du bien aux autres. » Devant un café bouillant, Zora, entourée de ses deux copines Sylviane Miron et Salia Mecheri intarissables, raconte la solidarité sous toutes ses formes. « Ici, c’est devenu ma maison. Ils m’ont aidée quand j’étais dans une impasse, je me suis engagée à mon tour pour les aider. »

Claude Bardavid

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