Portrait

Moussa Kobzili
/ Il a mis saint Denis en boîte

Spectacle. Voilà 5 ans qu’il traîne ses guêtres d’artiste touche-à-tout à Saint-Denis. Une ville qu’il a adoptée au bout d’un long périple personnel. Une ville qui l’a définitivement adopté après le succès des Emboîtés (1).
Le comédien Moussa Kobzili a été une des têtes des Emboîtés, spectacle accueilli à la Basilique de Saint-Denis, le 6 octobre lors de la Fête de la Ville.
Le comédien Moussa Kobzili a été une des têtes des Emboîtés, spectacle accueilli à la Basilique de Saint-Denis, le 6 octobre lors de la Fête de la Ville.

« J’ai commencé le théâtre au collège, avec une professeure de français qui s’appelle Brigitte, qui a 20 ans de plus que moi et qui est blonde. Sauf que moi je ne l’ai pas épousée », s’amuse Moussa Kobzili au moment de se raconter. Vous l’aurez compris, Moussa n’est pas du genre à se prendre au sérieux. Il n’empêche, « cette prof a été des personnes qui m’ont fait confiance et m’ont poussé, se remémore le natif d’Algérie. Au lycée, j’ai eu la chance de jouer Molière, alors qu’étant d’origine arabe ce n’était pas forcément une évidence, dans le grand théâtre de la Charité à Carpentras, devant les élus. Parce que dans mon milieu familial, on se demandait un peu “ce que c’était que ce truc” en parlant du théâtre. En réalité ça m’a aidé à m’ouvrir aux autres. Dès que je n’en faisais plus je me renfermais, et mes résultats scolaires s’en ressentaient. »
 

Tournée dans le monde entier

Troisième d’une fratrie de cinq bambins, Moussa se décrit comme « un enfant du regroupement familial de Giscard ». Débarqué à l’âge de 2 ans et demi en Moselle pour rejoindre son père ouvrier, le garçon a ensuite posé ses valises à Carpentras donc, puis Avignon pour l’université et Paris. En fac de lettres modernes à la Sorbonne, Moussa commence par s’inscrire à l’atelier théâtre, « comme je l’ai toujours fait dans tous les établissements scolaires que j’ai fréquentés ». Avec des camarades il fonde, dès 1998, une troupe universitaire qui se professionnalise par la suite et devient Le théâtre des minuits, installé près de Pithiviers dans le Loiret. Pour Moussa, l’aventure dure 10 ans. Le temps de tourner dans le monde entier de Haïti à la Chine. 

Mais en 2008, quand Moussa quitte le navire, il faut tout redémarrer de zéro. « J’ai découvert l’intermittence. J’ai commencé à travailler dans les sons et lumières en tant qu’acteur ou assistant de mise en scène.» Et puis un jour il entend parler d’un lieu pour acteurs isolés en mal de pratique théâtrale : l’atelier René Loyon à Paris. « J’y ai fait de belles rencontres professionnelles. C’est là-bas que j’ai connu Françoise Huguet, la metteure en scène des Emboîtés.» Présenté en octobre pour la première fois dans la basilique pour la Fête de Saint-Denis, le spectacle est le fruit de deux ans d’effort et doit beaucoup à Moussa, collaborateur artistique et véritable cheville ouvrière. Car depuis 2013 sieur Kobzili, entre deux spectacles équestres en Bretagne, a fait de Saint-Denis son nouveau camp de base. 
 

« Une des plus belles journées de ma vie »

« J’ai débarqué dans le quartier de la Porte de Paris un peu par hasard. Je ne connaissais rien de la ville et j’avais pour seul a priori que c’était loin de Paris. Maintenant je passe mon temps à dire à mes amis parisiens que c’est tout près (rires). » Le charme dionysien a visiblement opéré. « J’ai découvert une ville très vivante, qui me rappelle la province. Ici les gens te parlent. C’est plus accueillant. Je m’y sens bien. » Ici, à Saint-Denis, il a des projets désormais. « Les Emboîtés m’ont permis de devenir encore plus dionysien. De rencontrer plein de gens et de m’inscrire pleinement dans la ville. Ça reste comme une des plus belles journées de ma vie. La lumière qui traversait les vitraux de la basilique pour illuminer les visages des acteurs, c’était incroyable… Le public a été séduit et l’administrateur de la cathédrale a lancé l’idée d’en faire un événement nocturne au printemps. » Ding dong, une personne entre au JSD. « La consultation est déjà terminée ? plaisante Moussa. Je vous dois combien docteur? » Pour vous ce sera gratuit M. Kobzili.

Yann Lalande

 

Moussa Kobzili sera sur scène dans Je suis Voltaire, du 20 novembre au 9 décembre, à La Forge (19, rue des Anciennes-Mairies à Nanterre).

(1) Spectacle de François Huget (Cie RL), d’après Mots de tête de R. Olen Butler. 15 célèbres têtes décapitées, dont celle de Saint-Denis, monologuent tour à tour.

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