Portrait

Le portrait de la semaine Serge Bloch
/ Au clair de sa plume

Dessinateur. Il entame sa cinquième saison avec le TGP, réalisant pour le théâtre affiches et visuels de la programmation. Reconnaissables entre toutes, ses créations appréciées par les amateurs de théâtre, sont désormais familières aux Dionysiens.
Autoportrait par Serge Bloch
Autoportrait par Serge Bloch

« C’est un homme d’esprit, joyeux et profond, dit de lui Jean Bellorini, le directeur du Théâtre Gérard-Philipe. Serge est un homme qui a de l’humour et qui sait le revendiquer à bon escient », ajoute-t-il.
C’est dans son atelier parisien, à deux pas du canal Saint-Martin, que la rencontre s’est déroulée. Une grande pièce éclairée par de larges baies vitrées, des tables de travail, des ordinateurs, six chaises de bistro nouvellement déballées prennent place autour d’une table accueillante, reposant sur un parquet de bois clair. Cet espace est aussi épuré qu’est le travail de notre artiste. En acceptant l’invitation de Jean Bellorini à franchir le périph, Serge Bloch a rejoint le club très fermé des affichistes qui ont la sympathique tâche de nous donner l’envie d’aller au théâtre. Lui pour le dessin, Philippe Delangle pour le graphisme, ont mis au point l’actuelle ligne graphique du théâtre.

 

 « J’aime beaucoup le collage »

« J’ai eu beaucoup de plaisir à réaliser ces affiches », murmure le dessinateur, en feuilletant le programme-livre de cette année. Vingt-trois images exécutées à la plume ou au pinceau, enrichies selon les besoins d’un vieux timbre, d’une étiquette de pinard, d’un ticket de musée, d’un fragment de lettre manuscrite, d’une flamme postale ou d’une image tirée d’une ancienne gravure. C’est la marque de fabrique signée Bloch. « J’aime beaucoup le collage », avoue l’artiste. Au final, peu de moyens en apparence mis en œuvre, mais l’homme, qui ne manque pas de ressources, va à l’essentiel, laissant son image vivre sa vie dans ce paysage fondu au blanc. Pour donner naissance à ces créations qui s’afficheront peut-être sur la façade du théâtre, des séances de travail sont organisées par Jean Bellorini et son équipe.

Le dessinateur écoute le directeur lui raconter la prochaine saison. « En décembre, on va se parler de la programmation, de la dizaine ou quinzaine de spectacles sur lesquels il va avoir à réfléchir, rêver et dessiner. La difficulté, ajoute le metteur en scène, ce sont les créations et parfois il n’y a pas de texte ! La seule ligne qu’il faut tenir, c’est de produire quelque chose de visible, de joyeux, où on n’a pas l’impression que nous sommes une institution repoussante, froide et fermée.» Formé aux Arts déco de Strasbourg, dans l’atelier de Claude Lapointe, Serge Bloch n’oublie pas de rappeler le rôle joué par ce professeur. « Il fait partie de ces gens qui ont créé cette école d’illustration française qui a une longue histoire.»

 

Max, Lili et Samsam

Avant d’aborder les rivages du théâtre, le dessinateur a exercé ses talents comme directeur artistique puis rédacteur en chef d’une publication destinée à la jeunesse, Astrapi. Et savez-vous qui était abonné, alors tout jeune, à cette revue du groupe Bayard ? Jean Bellorini !

« Je le connaissais sans le savoir depuis très longtemps, raconte-t-il avec un large sourire. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que c’était lui. » Ne vous fiez pas aux apparences… Cet homme à l’allure tranquille et plutôt zen est un bourreau de travail et ses carnets sont bourrés de projets à venir. Très bientôt une exposition de ses dessins en Chine, un long-métrage animé en 3D pour l’année prochaine, et toujours présents ses héros Max et Lili, et SamSam qui font la joie des petits depuis des générations. Et pourquoi le cacher, l’envie d’écrire une chronique familiale le travaillait depuis longtemps. C’est avec Marie Desplechin qu’il a réalisé son rêve. À quatre mains, ils ont composé La rue de l’Ours (éd. De l’Iconoclaste) se déroulant dans l’Est de la France, là où est né Serge Bloch.

Claude Bardavid

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur