En ville

Condroyer, un îlot bientôt en chantier

Rue de la République : Une fois la galerie Bulle démolie, la construction de quatre bâtiments commencera pour 27 mois de travaux au cœur de la zone piétonne.
En bordure de square, l’immeuble de 35 logements en accession, dessiné par les architectes de BVFG
En bordure de square, l’immeuble de 35 logements en accession, dessiné par les architectes de BVFG


Automne 2018. La nouvelle échéance pour la livraison du programme immobilier de l’îlot Condroyer devrait être enfin la bonne. Sur cette friche de 1,5 ha à l’arrière de la Poste République, un square a ouvert à l’été 2014. Restait le plus gros du projet d’aménagement. Le plus délicat aussi à mettre en œuvre dans cette parcelle enclavée au cœur de la zone piétonne. Maître d’ouvrage et maître d’œuvre des 137 logements, le promoteur Altarea Cogedim et Eiffage Construction ont établi pour le chantier un phasage en neuf étapes qu’ils ont détaillé le jeudi 17 mars, dans une réunion publique en mairie. Ainsi prévoient-ils pour avril et mai de démolir l’ancienne galerie commerciale Bulle, et d’établir le long de son emprise une zone de chantier qui débordera de près de 5 mètres sur la rue piétonne.


Suspendus du 10 juin au 10 juillet, le temps de la Coupe européenne de foot, les travaux reprendront jusqu’à la fin de l’été avec les engins de terrassement, et la ronde des camions bennes pour évacuer les terres. Une fois la grue installée, viendra le temps du gros œuvre avec sa cohorte de toupies à béton, semi-remorques, et autres camions. Treize mois plus tard, arriveront pour les travaux des corps d’état, les cloisons, châssis d’ouvertures et matériaux d’étanchéité.


Planifié sur 27 mois

Planifié sur 27 mois, le chantier a fait l’objet d’une préparation minutieuse sur laquelle promoteur et constructeur, et avec eux la Ville, se sont employés à communiquer au mieux, au plus près des inquiétudes des riverains. D’abord parce que les camions, avec une quinzaine de rotations journalières via la rue des Chaumettes, traverseront l’axe piéton. Quant au bruit, impossible d’y échapper surtout avec les machines à terrasser et celles qui projettent le béton. Mais d’après le représentant d’Eiffage, « nous n’aurons pas d’outil qui génère des vibrations, parce qu’il n’y aura pas de fondations profondes, type pieux. Nous avons affaire à un terrain de qualité. »


Un parking de 91 places sera néanmoins réalisé en sous-sol pour les habitants des quatre bâtiments. Deux de ces immeubles seront gérés par le bailleur social I3F. L’un, de 5 étages, en bordure de la rue de la République, comportera 25 logements. L’autre, étagé du R+1 au R+5 en cœur d’îlot, en totalisera 68. Alignés en fond de parcelle, 8 maisons de ville et les 35 logements d’un bâtiment à trois niveaux, du R+1 au R+5, sont proposés à l’accession depuis quelques mois par Altarea Cogedim. Sur ces 43 offres aux tarifs plutôt attractifs au regard du marché – de 3 057 à 4 275 euros le m2 – une quinzaine a trouvé preneurs. À raison de « trois ou quatre par mois », la commercialisation progresse à un « rythme normal », estime le promoteur.


Lancé depuis bientôt dix ans

Lancé depuis bientôt dix ans, ce projet immobilier a suscité des critiques parfois vives, contre la densification de l’habitat dans cet hyper centre. Pour la Ville, et les riverains l’ont semble-t-il entendue, c’était là l’opportunité de plus de diversité sociale avec de l’accession, mais aussi des locations destinées à des ménages aux ressources plus élevées que ceux du patrimoine social ordinaire. La plupart des logements sociaux y sont financés en effet par des PLS et des PLUS, des prêts autorisant des loyers intermédiaires, équivalent à ceux du marché.


La Ville avait aussi parlé pour ce programme d’une autre opportunité, la diversification commerciale. Mais pour ce local de 1 400 m2 en rez-de-chaussée de l’immeuble sur rue, où beaucoup espèrent une enseigne nationale type Monoprix, « un opérateur commercial ne se positionnera pas sans une étude de marché. À 28 mois de la livraison, c’est trop tôt », a répondu, à l’interrogation d’une riveraine, Laurent Russier, le maire adjoint délégué au centre-ville.


Marylène Lenfant