En ville

« On a le droit d’être reconnu victimes du terrorisme »

Mépris : Quatre mois après l’assaut, les sinistrés du 48, rue de la République ont manifesté à Paris devant le ministère de la Justice pour contester le refus de l’État de leur accorder le statut de victimes du terrorisme.
Vendredi 18 mars, devant le ministère de la Justice à Paris
Vendredi 18 mars, devant le ministère de la Justice à Paris


Ils ont les traits tirés, les yeux cernés. Fatigués d’être à nouveau obligés de se battre pour avoir le droit de reprendre une vie normale. Comme à chaque date anniversaire, les sinistrés de l’assaut, accompagnés de militants du DAL et de représentants de la Ville, se sont mobilisés, organisant ce vendredi 18 mars une manifestation devant le ministère de la Justice, pour exiger la reconnaissance de leur statut de victimes du terrorisme. 

La demande d’audience adressée au Garde des sceaux est restée sans réponse, mais ils sont venus quand même, comme il y a un mois, lorsqu’ils avaient dû aller déployer leur banderole « Nous avons des droits?! Logement, papiers et réparations pour tous » sous les fenêtres de Juliette Meadel, secrétaire d’État chargée de l’aide aux victimes, pour aller réclamer le rendez-vous que l’État s’était gardé de leur accorder. 

Fixée au 26 février, l’entrevue s’était avérée décevante. Ils en étaient revenus avec le sentiment de s’être faits encore une fois « baladés », avec une ministre qui n’avait pas pris position, leur indiquant seulement que le procureur leur écrirait bientôt. Le courrier est finalement arrivé il y a quelques jours, signifiant aux délogés de l’assaut que ce statut leur était refusé.

« C’est du mépris de classe?! »

« On est dans l’incompréhension », s’emporte N’Goran Ahoua, porte-parole des habitants, qui après quatre mois n’a rien oublié de l’explosion du kamikaze comme des coups de feu tirés par milliers ni de ces huit heures d’angoisse passées avec sa compagne et son bébé à attendre d’être évacués. « Nous avons perdu nos logements et été traumatisés à cause de ça. Ce statut, on y a droit. C’est très important, parce qu’il permettrait aux familles de se reconstruire, de ne plus se sentir oubliées et de bénéficier d’un suivi psychologique, notamment pour les enfants. » 

Reste qu’avec ce refus, c’est encore une fois un sentiment d’injustice et d’abandon que les services de l’État font peser sur ces familles, comme le souligne Madjid Messaoudene, conseiller municipal à la lutte contre les discriminations et à l’égalité des droits, venu manifesté sa solidarité et partager sa colère avec les habitants. « C’est scandaleux. Ces personnes demandent juste à être respectées. Si l’assaut s’était déroulé à Versailles, tout serait réglé depuis longtemps et les familles seraient déjà toutes relogées. Ce traitement différencié n’est pas acceptable, c’est du mépris de classe?! ».

Pour l’heure, 14 ménages sur les 43 concernés ont pu intégrer un logement pérenne, les autres étant hébergés en résidence sociale ou à l’hôtel, dans des conditions précaires. « Quatre mois, c’est très long pour ces gens. Même quand ça avance, c’est toujours au compte-gouttes, observe Simon Le Her, du DAL. Et c’est pareil en ce qui concerne les sans-papiers. À ce jour, la préfecture a donné son accord pour 7 personnes sur les 24 qui attendent d’être régularisées. C’est un début, mais ce n’est pas suffisant. » 

Après une heure d’attente, deux porte-parole ont été très brièvement reçus par une conseillère du ministère qui leur a fait savoir qu’un de ses collègues les contacterait « très prochainement ». La lutte continue donc pour ces victimes, qui, avec leurs soutiens, organisent une soirée de solidarité avec concerts et témoignages le mercredi 30 mars à 19?h?30 au TGP (1).

Linda Maziz


(1) au 59, bd Jules-Guesde. Entrée?: 5 €, au bénéfice de l’association DAL des victimes du 48, rue de la République.
Réservation obligatoire par mail : victimesdu48@gmail.com
ou par Tél.?: 07?71?00?27?24.

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