En ville

Un autre regard sur les Roms

Ce week-end, le parvis de la basilique recevait le festival : Fête de l’Insurrection gitane, organisé par la Voix des Rroms. Un condensé de culture souvent méconnue.
Dimanche 17 mai, parvis de la basilique, pendant le rap manouche de Spartacus
Dimanche 17 mai, parvis de la basilique, pendant le rap manouche de Spartacus

Le regard et le buste droits, arme à la main… La femme sur le logo de la fête de l’Insurrection gitane reflète l’esprit du festival : représenter fièrement les identités et les cultures des Roms, loin des clichés misérabilistes associés à cette communauté. Samedi 16 et dimanche 17 mai, sur le parvis de la basilique, des concerts et des spectacles se sont mêlés à des débats, des ateliers et des expositions dans une ambiance festive et engagée.

Le festival permet ainsi de changer le regard des autres. « La majorité des spectateurs ne sont pas Roms. Ils n’ont jamais vu des aspects de cette culture. Des personnes d’origines maghrébines ont été étonnées d’entendre des influences orientales chez certains artistes », explique Pierre Chopinaud, directeur de l’association La Voix des Rroms qui organise la manifestation.

Jazz, flamenco, rap, musique traditionnelle roumaine… Le festival a offert au public un cocktail musical aux sonorités variées et différentes. À l’image de cette minorité. Environ 12 millions en Europe, les Roms au sens large regroupent principalement des Roms dits « orientaux » installés dans des pays comme la Roumanie, la Bulgarie, la Slovaquie ou encore la Turquie. 

En Europe occidentale, on retrouve en majorité des Sintés au nord et des Kalés au sud, communément appelés Manouches et Gitans en France. L’identité est multiple. «  Certains vont se définir comme Gitan et Rom. Mais d’autres uniquement comme Gitan », souligne par exemple le directeur. Et contrairement aux idées reçues, près de 95 % d’entre eux sont sédentaires.


« Cela fait écho aux luttes d’aujourd’hui »

La fête de l’Insurrection gitane est l’occasion de célébrer le soulèvement, le 16 mai 1944, de familles tziganes du camp d’extermination nazi d’Auschwitz II-Birkenau qui a été violemment réprimé. Cet événement méconnu du génocide est pourtant essentiel pour Pierre Chopinaud. « Fêter cette lutte permet de ne pas se présenter comme simple victime. On ne reste pas dans l’humiliation. On met ainsi en avant la révolte, la résistance, ce qui est valorisant pour les gens. Cela fait aussi écho aux luttes d’aujourd’hui », souligne-t-il.

Cet esprit est parfaitement représenté par Raymond Gûreme. Ancien résistant et déporté, ce voyageur, installé aujourd’hui dans l’Essonne, est un survivant de la Seconde Guerre mondiale. « Ce n’était pas une guerre. C’était de la barbarie », témoigne-t-il devant un parterre de personnes venus l’écouter. À 90 ans, il continue de lutter, en particulier contre les violences policières. 

En septembre 2014, lui-même a reçu des coups lors d’une intervention sur son terrain. « Il faut arrêter le racisme et la discrimination. Et cela irait beaucoup mieux, martèle-t-il. On a tous du sang rouge qui coule dans nos veines. » 

Pour les organisateurs, la lutte des Roms fait partie d’un mouvement plus large contre toutes les formes de relégations et d’injustices. Une exposition photographique faisait ainsi le parallèle entre les bidonvilles de Franc-Moisin dans les années 60 et celui du camp rom de Bobigny en 2014 pour montrer que le combat contre les inégalités est global. 

Aziz Oguz

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