En ville

Service social municipal : reprise sur fond de malaise

Du 30 octobre au 21 novembre, la majorité des agents a exercé un droit de retrait. La reprise du travail n’efface pas le malaise. Explications et témoignages.
Lundi 24 novembre, devant la mairie. Les assistants sociaux n’ont pas souhaité apparaître à visage découvert
Lundi 24 novembre, devant la mairie. Les assistants sociaux n’ont pas souhaité apparaître à visage découvert


Des larmes coulent sur ses joues. Elle vient de dire ça : « J’ai des problèmes psychosomatiques. J’ai été arrêtée trois fois cette année, dont une pendant 33 jours. J’ai très mal au dos. J’ai l’impression de porter un poids en permanence. » Cette assistante sociale a exercé un droit de retrait pendant trois semaine comme 21 autres de ses collègues du service social municipal. 


Autour de la table, jeudi 20 novembre, les témoignages fusent : « Nous sommes une des villes où il y a le plus de dossiers à gérer. On nous demande d’en faire toujours plus sans avoir les moyens humains de faire face. Nous devrions être 50 assistantes sociales et nous ne sommes que 29. » Les secrétaires aussi s’estiment en sous-effectif : « Il faut, en plus de notre travail, pallier aux absences de nos collègues. » Résultat, souvent, elles « partent en larmes du travail ».


Les conditions d’un travail exercé dans une situation sociale aggravée pèsent dans la balance du malaise qui perdure depuis deux ans et qui vient d’atteindre son paroxysme. Mais elles n’expliquent pas tout. Saint-Denis fait figure d’exception dans le paysage départemental : la Ville a souhaité conserver le social dans le giron municipal plutôt que de le verser au conseil général. Le maire a confirmé ce statut pendant la campagne électorale de mars dernier, mais les agents doutent malgré tout. 


« Absence d’écoute » et de « valorisation du travail effectué »="font-size:>

« C’est un peu comme les joueurs de foot qui jurent que jamais ils ne quitteront leur club mais qui le font », image l’un des rares hommes à travailler dans ce service. Quand bien même les élus diraient vrai, la hiérarchie administrative est dans le collimateur. Décriée pour son « management autoritaire », son « absence d’écoute » et de « valorisation du travail effectué », la chefferie est surtout pointée pour mettre en œuvre un scenario que ne renierait pas Machiavel : elle « tabasse le personnel » qui se met en mouvement, « ça fait une mauvaise pub pour la Ville »... Ce qui va pousser la mairie à se débarrasser d’une poche de conflit tout en réalisant des économies.


Cette théorie du complot d’une administration qui tire les ficelles, Florence Haye l’écarte avec fermeté. Pour l’adjointe au maire en charge du personnel, il n’est pas question de se départir du service social : « Ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. On le répète depuis deux ans. Aucun rapport au bureau ou au conseil municipal n’envisage cette perspective. Que peut-on dire de plus pour être cru ? » Et d’ajouter : « On entend la souffrance. On travaille pour y remédier, pour améliorer les conditions de travail et le service rendu aux usagers. »


Le droit de retrait a été levé lundi 24 novembre quand les agents qui l’exerçaient ont appris que leur chef de service, en arrêt de travail, a décidé de ne pas revenir. Ce départ suffira-t-il à aplanir sur le fond la situation ? Rien n’est moins sûr et le conflit pourrait même avoir des suites judiciaires. Sud, seul syndicat engagé dans le conflit, juge en effet illégales deux décisions. Celle du comité d’hygiène CHSCT qui a estimé que le droit de retrait des agents n’était pas fondé (la mairie brandit l’article 5-1 d’un décret du 1er juin 1985, quand le syndicat en appelle au 5-2 du même décret). Et celle d’une retenue sur salaire décidée par la Ville à compter du 5 novembre.


Dominique Sanchez



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