En ville

Le service social toujours « en souffrance »

Depuis le 30 octobre, 22 agents sur 50 sont en droit de retrait. La municipalité a proposé un plan d’action qui reste lettre morte.


Deux ans après les « Vendredis de la colère », le courant ne passe toujours pas entre le service social municipal et la Ville. Jeudi 6 novembre, les assistantes sociales se sont rassemblées devant la mairie pour (re)dire leur souffrance au travail qui se traduit par un nombre exponentiel de journées d’absence : 529 en 2013 et déjà 942 en 2014 alors que l’année n’est pas terminée ! Sur 50 agents, 22 sont en droit individuel de retrait pour risques psycho-sociaux depuis le 30 octobre 2014, 13 sont en arrêt maladie, explique l’union locale Solidaires.


Pourtant, le Comité d’hygiène (CHSCT), qui réunit salariés et employeur, a estimé à l’unanimité le 4 novembre que ce droit de retrait n’était pas fondé. Que reprochent les agents quand on leur tend le micro ? Pêle-mêle, d’être en sous-effectif, d’avoir nettement plus de travail qu’avant, de ne pas être entendus, ni par leur direction, ni par la municipalité « qui nous laissent baigner dans notre jus »… L’épisode d’une collègue agressée par un usager, toujours en arrêt de travail, reste en travers de la gorge et les prénoms d’une douzaine d’agents qui pleurent au travail sont cités.


La municipalité, confrontée à ce conflit depuis des années, met en avant le travail engagé pour le solutionner : tenue de plusieurs réunions avec des élus, dont le maire ; rencontres avec la direction générale de l’administration et un dernier rendez-vous, le 3 novembre, boycotté par les agents du service. La Ville propose aujourd’hui un « plan d’action » (entretiens individuels avec des médecins, avec l’élue du secteur et la direction générale, session spéciale du CHSCT en février 2015…). Mais pour le moment, ces préconisations n’ont en rien calmé le jeu.


D.Sz


Service social municipal (1) :  Le maire réagit à l’article du JSD…

Didier Paillard nous a fait parvenir la réaction suivante suite à l’article « service social municipal : reprise sur fond de malaise »,publié dans le JSD n° 1020 du 26 novembre :

« Les propos tenus qui consistent à laisser penser que la hiérarchie du service social “tabasse son personnel” sont faux et diffamatoires.


 Je tiens à assurer les cadres de ce service de tout mon soutien à l’encontre de ces allégations. Depuis maintenant de nombreux mois, à ma demande, une réflexion est engagée en vue d’améliorer le fonctionnement de ce service. Réflexion à laquelle l’ensemble des agents est largement associé. Je peux comprendre que des désaccords ou des mécontentements s’expriment. S’il est nécessaire de les entendre, cela n’autorise en aucun cas les débordements et les propos violents qui sont contraires au principe de base de respect mutuel des agents et de la hiérarchie. 


À ma demande, le comité d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail s’est réuni et il a décidé d’un plan d’action pour mieux comprendre les difficultés exprimées et envisager des solutions pour y remédier. Des entretiens individuels et collectifs sont en cours et mobilisent de nombreuses ressources de la collectivité. La Ville de Saint-Denis a historiquement une implication forte en matière sociale, domaine dans lequel elle s’investit bien au-delà de ses compétences obligatoires. Je réaffirme ici mon engagement au service de cette orientation. » 


Service social municipal (2). … La chef de service aussi

Catherine Godoc, responsable du SSM s’exprime également à propos de l’article que nous avons publié la semaine dernière. « Il me paraît opportun de vous apporter quelques clarifications pour vous permettre d’assurer votre travail de journaliste garant de l’actualité d’une certaine objectivité. Lorsque j’en ai pris les fonctions de cheffe de service en avril 2013, le service était en grève depuis plusieurs mois contre “le management autoritaire” de la direction. Le malaise était là et s’exprimait avec une grande violence dans les propos tenus par les professionnels à l’encontre de notre directrice toujours en poste. 

Par ailleurs un travail de réorganisation du service, en cours depuis 2009 avec le personnel, suscitait beaucoup d’inquiétudes. Les agents étant persuadés, malgré l’accompagnement d’intervenants extérieurs, que tout était déjà décidé. Différentes propositions de travail et d’échanges constructifs ont été mises en échec malgré une apparente adhésion des agents. Oui les équipes se disent prêtes à une réorganisation du service, mais à la condition de ne rien changer. Oui les agents vont mal : prêts à être pris en photo mais pas à visage découvert, sous-entendant d’éventuelles menaces, alors qu’ils sont plus que reconnaissables, même de dos. Il est dénoncé que la “chefferie tabasse”. Qui est la chefferie ? Les DG, DGA, directions, chefs de service, adjoints… ? Est-ce un tabassage physique, psychologique… ?


 Trop d’imprécision tue l’information, n’est-ce pas ! Oui le métier est difficile pour ces professionnels exposés aux conséquences humaines de la crise économique, de la restriction

de moyens, du désengagement de certaines institutions. À mon arrivée la direction était responsable de tous les maux, aujourd’hui ce serait moi : logique ! La politique “du bouc émissaire” peut berner un temps mais ne construit et ne réglera rien pour le Service social municipal. Dans un contexte si complexe économiquement, politiquement, humainement, socialement… comment pourrait-on croire que le départ de qui que ce soit, dont le mien, vienne remédier au malaise profond du SSM ? Quelle illusion ! Il y a eu 22 agents en droit

de retrait, mais que pensent ceux qui ne le sont pas ? Comment ces silencieux sont-ils entendus ? Qu’en pensent les collègues municipaux, les partenaires, le public ? Mais quel est

le VRAI PROBLÈME du Service social municipal ?


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