En ville

Ta mère la conférencière

Au lycée Suger de Saint-Denis, trois universitaires ont donné une conférence sur « les vannes dans la culture populaire » devant 120 élèves.


« Wesh, fils de pute. » L’expression est bien connue des adolescents. Mais l’entendre de la bouche d’universitaires, dans une conférence des Mardis des sciences de l’homme, proposée par la MSH Paris Nord, voilà qui n’était pas banal pour le jeune auditoire de l’amphithéâtre du lycée Suger, le mardi 25 mars. À ces 120 élèves des classes de seconde, Marie-Madeleine Bertucci, Isabelle Boyer et Maria Mukhuna venaient présenter leurs recherches en sociolinguistique à l’université de Cergy sur « les vannes dans la culture populaire ».

« Bledman »

Plus complexes qu’il n’y paraît, ces « pratiques langagières » sont marquées par « le métissage culturel », notamment arabe, soulignait Mme Bertucci, qui déclenchera le premier tohu-bohu avec le mot « bledman ». Elle mentionnait l’Américain William Labov, grande figure de la discipline, qui a décortiqué l’argot des jeunes des ghettos noirs de New York, et décrit la fonction de leurs vannes obscènes comme signes de connivence. « C’est un jeu social entre pairs ou amis », ajoutera Isabelle Boyer. Et là-bas comme ici, ce sont les mères qui font surtout les frais de ces « insultes rituelles ».

« Ta mère est tellement moche »

Dans l’assemblée, bâillements et brouhaha succèdent à de brefs accalmies. Mais dans cet exposé universitaire où se dilue l’attention, chaque vanne fait mouche. Même traduites de l’américain. « Ta mère est tellement moche que quand elle rentre dans un centre commercial toutes les caméras s’éteignent. » Les ados se gondolent.

Applaudissements

Au début de la conférence pourtant quand le parallèle était établi avec la tradition de la parenté à plaisanterie où « beau-frère et belle-sœur peuvent se faire des avances sexuelles », des « hein ! » choqués s’étaient fait entendre. Les chercheuses l’avaient bien dit : à chaque âge et à chaque situation, ses vannes. Elles seront saluées pour finir par un tonnerre d’applaudissements. « J’espère que vous avez bien compris qu’on parlait de vous », lancera Marceline Zemori, la proviseure, aux élèves à qui, de toute évidence, ça n’avait pas échappé.

Marylène Lenfant

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