En ville

Sécurité : petite manif en centre-ville

L’appel de quatre associations pour manifester contre l’insécurité, les trafics et la saleté autour des écoles n’a rassemblé qu’un maigre cortège samedi 15 juin dans le centre ville de Saint-Denis
Les manifestants avant leur départ, rue du Corbillon
Les manifestants avant leur départ, rue du Corbillon


Gwenaelle a préparé activement la manif « ville dégradée : enfants en danger ! » soutenue par quatre associations (1). Mère de famille d’un élève de CE1 à l’école Jules-Guesde, elle décrit la « violence multiforme » qu’elle ressent : « La rue du Corbillon est sale, jonchée de tessons de bouteilles, les poubelles débordent. » Elle pointe « les deals divers, les courses de scooters, les voitures en tout sens » ou encore « les jets de canettes dans la cour de l’école, depuis la rue Fontaine, qui obligent les enseignants à tracer à la craie un périmètre de sécurité que les enfants ne doivent pas dépasser ».


D’autres témoignages font état de ramassages de seringues aux abords de l’école. Mais il n’y a pas que les parents qui constituent ce maigre cortège (une vingtaine de personnes au départ, dix de plus à l’arrivée) parti pour rejoindre la mairie samedi 15 juin en fin de matinée.


Cet habitant du centre-ville sans enfant est venu par solidarité pour réclamer « une mobilisation des autorités en matière de sécurité ». Il dénonce pêle-mêle « les gens qui pissent dans la rue, les Roms qui font les poubelles » et il n’accepte pas qu’on lui dise « rentre chez toi, va à Paris » alors qu’il « se sent chez lui à Saint-Denis».


Pas loin, une responsable associative qui a toujours les stigmates d’une arcade sourcilière éclatée, raconte ce qui lui est arrivée. Une remarque faite à des femmes qui urinaient dans la rue lui a valu ce coup de poing nocturne particulièrement appuyé.


Le peu de monde rassemblé derrière la grande banderole qui ouvre le cortège fait causer. « Beaucoup de parents ne suivent pas le mouvement parce qu’ils pensent que c’est politisé », explique un manifestant. Houari Guermat, candidat centre-droit déclaré pour les municipales de 2014, défile.


Plusieurs animateurs du collectif sont par ailleurs des militants du Parti socialiste. Le député Mathieu Hanotin attend l’arrivée de la manif et le secrétaire de section du PCF, Julien Attal, est présent aussi. Georges Sali, des Socialistes de gauche, n’est pas là pour ne pas passer pour un récupérateur, a-t-il fait savoir… La politique est là, évidemment. Et les positionnements varient.


Cyril Gispert, l’un des organisateurs, explique qu’il « n’y a pas d’hostilité contre la mairie » et qu’il faut être unitaire. Sophie Durand, de Saint-Denis & environnement, affirme que « ce n’est pas un mouvement politique, c’est un mouvement citoyen », mais pointe « la municipalité qui doit prendre ses responsabilités », notamment sur la vidéosurveillance.


Bertrand Boulbar, de Sans crier gare, s’offusque « du mépris de la mairie qui nous présente ses portes closes » (2), tandis que Victoria Chabran, du Comité Porte de Paris, s’inquiète de l’exemple contagieux que peut avoir le trafic de stupéfiants sur des enfants…


Accusé de ne pas avoir voulu recevoir une délégation de manifestants, le maire dément cette information. Le courrier électronique qu’il a reçu le 13 juin de la part des organisateurs, et que nous avons pu lire, ne contient aucune demande de rendez-vous. « Je suis disponible pour une rencontre », précise toutefois Didier Paillard. Rendez-vous est d’ores et déjà pris, le 27 juin, avec le commissaire de police.

Dominique Sanchez


(1) Sans crier Gare, Saint-Denis & environnement, Comité Porte de Paris, Riverains du Stade de France.

(2) Les grilles de la mairie sont fermées depuis l’évacuation du squat 50 rue Péri, le 7 juin.


 
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