En ville

Trafic de drogue quartier Pleyel, un appel à l’aide d’habitants excédés

123 personnes ont signé une pétition adressé à la municipalité de Saint-Denis où elles font part d’une situation « extrêmement préoccupante et angoissante ». Dégradation de l’espace public, parkings souterrains inutilisables, incivilités diverses, menaces verbales… Au quotidien, les trafiquants marquent le territoire.
Dans le parking…
Dans le parking…


Le 10 mars, des habitants du quartier Pleyel à Saint-Denis ont remis une pétition à la municipalité. Signé par 123 personnes, le texte signale une situation « extrêmement préoccupante et angoissante » : « Depuis l’été 2012, nous constatons quotidiennement la présence d’individus qui se livrent à des trafics et à la consommation de stupéfiants, cette situation n’est pas récente mais s’accentue considérablement et s’étend géographiquement. » Le texte fait état de « menaces verbales et d’incivilités diverses », de dégradations sur les portes des halls, de dépôts sauvages d’ordures, et, plus généralement, d’un climat d’insécurité.


Karine (1), qui habite le quartier avec sa famille depuis 2006, a noté l’évolution. « Des petites dégradations, mais on se sentait en sécurité. À l’automne 2012, un réseau a été démantelé, d’autres jeunes sont arrivés, qui ne sont pas d’ici. » Et la clientèle vient aussi de loin, affirme-t-elle.


Céline, qui est arrivée en 2009 avec son enfant confirme : « Avant ils n’étaient que deux ou trois, place des Pianos. Ce n’était pas terrible, mais ils faisaient ça sans gêner. Maintenant, toute la place est occupée et le boulevard Anatole-France est surveillé. Ils s’installent devant l’entrée du parking, sur des chaises, dans des voitures, ils mettent leur musique à fond, ils interpellent les femmes… Ils sont là de 10h du matin à minuit. Dès que la police arrive, on entend crier les guetteurs. »


Même constat pour la présidente de Pleyel en herbe, une association d’habitants qui participe à la vie du quartier. « On donne, le samedi matin, des cours d’anglais aux enfants, à l’antenne jeunesse, témoigne-t-elle. Début avril, des jeunes qui traînent sur la place se sont introduits dans le local où l’animatrice était seule avec les enfants. Ils se sont installés, se sont montrés insolents, agressifs. On est allé discuter avec eux et j’espère que le message est passé, mais ce sont des situations qu’on ne rencontrait pas avant. »


Le parking de la place aux Grumes, dont l’espace et la gestion sont partagés par PCH et les copropriétaires, est à moitié désaffecté. Le second niveau est condamné depuis un incendie. Toute une moitié du premier niveau est plongée dans l’obscurité. On y trouve des voitures et des scooters couverts d’une épaisse couche de poussière, quelques-uns sans plaque d’immatriculation. Des détritus prouvent que le parking sert d’abri à certains.


Entre le 15 et le 20 mars, la police a interpellé six personnes. Le commissariat de Saint-Denis a arrêté trois trafiquants. En perquisition, ils ont trouvé un kilo et demi de cannabis et un pistolet automatique chargé. Quelques jours avant, c’était la PJ qui trouvait, chez trois autres trafiquants, cinq kilos de cannabis et cinq d’herbe. Mais la main d’œuvre n’est pas rare. « Ils les remplacent, explique Karine, qui s’inquiète de l’exemple donné aux enfants du quartier. Le petit square de la place aux Grumes est à l’abandon. On ne sait pas où aller avec nos enfants, il n’y a déjà pas beaucoup d’espaces verts. »


Quelle solution ? Pour la présidente de Pleyel en herbe, « il faut un sursaut collectif de la mairie, des associations, des habitants, pour se réapproprier l’espace public ». Les deux mères de famille acquiescent et demandent plus de présence des pouvoirs publics dans un quartier qui a peu bénéficié de l’installation des entreprises et reste marqué par une coupure spatiale avec le reste de la ville.


« Les gens arrivent le matin pour bosser et repartent le soir : une fourmilière dans un sens et dans l’autre, décrit Karine. L’arrivée de la Poste a fait du bien, mais on a peu de commerces, rien n’est ouvert le week-end… C’est dommage, car le quartier a un vrai potentiel. Mais le niveau social a baissé, il y a moins de mixité, des gens partent. » La pétition des habitants se termine par le souhait que Pleyel soit classé en ZSP, comme dans le centre-ville ou à Saint-Ouen.

Sébastien Banse


(1) Les prénoms ont été changés.



Quartier Gare

Les nuisances du crack


Les habitants de Pleyel ne sont pas les seuls à subir les désagréments des trafics de stupéfiants. Plus au nord, dans le quartier de la Gare, qui bénéficie pourtant de la requalification urbaine et d’une Zone de sécurité prioritaire, des Dionysiens pointent les problèmes engendrés par la drogue.


C’est plutôt le crack qui est en cause cette fois. Une riveraine écrit au JSD : « Il s'agit du tapage nocturne de la part d'une bande de drogués, hommes et femmes de tous âges, qui s'est installée depuis plus d'un an à un abri de bus abandonné, situé à l'angle du boulevard Jules-Guesde et de la rue Ernest-Renan, au pied du magasin Maxigriff. Ils s'installent en fin de journée et restent jusqu'à 6h du matin, sans arrêt à se disputer, à se bagarrer, et très souvent, à hurler à tue-tête. Et le commerce de la drogue y est en continu. Les médiateurs sont intervenus et les ont éloignés lors des vagues de froid. Pourquoi lorsqu'il fait meilleur les laisse-t-on libres pour perturber la vie de ceux qui travaillent et ont besoin de repos la nuit ? »


Et quelles sont les responsabilités de chacun, se demande-t-elle, entre la municipalité et la police nationale ? La situation pose en tout cas le problème de la prise en charge des toxicomanes, qui ne peut se satisfaire d’une réponse purement policière : au-delà de la question du maintien de l’ordre se dessine une autre problématique, de santé publique celle-là.


Dans la cité Jacques-Duclos également, début mars, les habitants avaient porté, avec le soutien du maire, une pétition auprès de la sous-préfecture pour protester contre la propagation du trafic.

S.B.


En chiffres

305

Le nombre de places au parking de la place aux Grumes, dont 210 pour PCH et les reste réparti entre différents copropriétaires et sociétés. Les ¾ du parking sont complètement inutilisables en l’état.

4

Le nombre de Zones de sécurité prioritaires (ZSP) dans le 93 : Saint-Denis (centre-ville/Gare/R.-Rolland), Saint-Ouen, Sevran (Beaudottes), Pantin-Aubervilliers (Quatre-Chemins) sur les 64 qui ont été créées au total, en France, depuis l’été 2012.


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