En ville

Commerces en centre-ville La Ville a l’ambition de redorer ses vitrines

Francis Langlade et Christophe Girard, maires adjoints à Saint-Denis, ont dressé l’état des lieux du tissu commercial lors de la dernière réunion de quartier. La Ville dispose de quelques outils pour contrer l’installation de magasins bas de gamme qui prédominent à Saint-Denis.
Cette nouvelle boutique a récemment ouvert ses portes rue de la République
Cette nouvelle boutique a récemment ouvert ses portes rue de la République


Les commerces en centre-ville. S’il est un sujet propre à déclencher la polémique, comme à réveiller les regrets et nostalgie des Dionysiens de longue date, c’est bien celui-là. Un état des lieux, assorti de perspectives pour améliorer l’offre, en a été dressé le mardi 11 décembre en réunion de démarche-quartier à la mairie de Saint-Denis.


Bouclée en septembre dernier, cette étude présentée par le service municipal du commerce a porté sur le périmètre du Pnrqad (Programme national de requalification des quartiers anciens dégradés). Elle a aussi inclus les trois ZAC en cours d’aménagement, l’une Porte de Paris, les deux autres à l’ouest de la gare, Confluence-Neaucité et Sud Confluence. « C’est le volet commerce du Pnrqad », indique Francis Langlade, élu en charge du centre-ville, pour qui ce programme de résorption de l’habitat insalubre ne pouvait ignorer « les commerces dégradés en rez-de-chaussée ».


Principaux constats, sur les 768 commerces recensés, ont surtout progressé depuis trois ans les secteurs de la restauration (+11% avec 144 commerces) et de l’hygiène, santé et beauté (+23% avec 107 boutiques). Les services (banques, agences immobilières, taxiphones) sont en recul (–7%) bien que toujours nombreux (23%). La part des locaux vacants (13%) est elle aussi en baisse. Dans ce paysage où prédominent bas de gamme, petits prix, créneau communautaire, quelques motifs de satisfaction sont avancés par Francis Langlade et Christophe Girard, élu en charge du commerce.


D’abord le marché qui draine jusqu’à 30 000 visiteurs par jour, avec un effet d’entraînement sur l’ensemble des commerces. Et les boutiques dont la Ville a accompagné l’ouverture. Dernier en date, le Café de France, avant la prochaine implantation d’un fleuriste ou celle plus lointaine d’une boutique Artefact d’artisanat d’art.


De plus, avec la Loi de modernisation de l’économie (LME du 4 août 2008), la Ville dispose d’un outil précieux, le droit de préemption (1) qu’elle peut exercer sur un périmètre de sauvegarde, préalablement décidé en conseil municipal après avis des deux chambres consulaires (CCI et CMA). Soit le centre-ville et les trois ZAC à ses abords.


Trois projets de transaction ont fait ainsi l’objet d’un véto, sous peine de préemption. D’abord auprès de Natalys « qui souhaitait vendre à une maroquinerie bas de gamme. Ils sont revenus vers nous quelques mois après avec la candidature d’Yves Rocher, qui voulait s’agrandir », raconte Christophe Girard. Idem pour l’agence de voyages Biladi, qu’un marchand de biens destinait à une agence immobilière. « On a dit non. »

Les collectivités peuvent préempter sous certaines conditions

La vente a été annulée au profit de l’Arbre à jouets, aujourd’hui rue de la Boulangerie. Le devenir des deux petits locaux ainsi libérés, « on y travaille », promet l’élu. Enfin, pour l’hôtel Moderne Porte de Paris, « on a reçu le cédant et l’acquéreur. Et exigé que ce soit un hôtel de tourisme. Surtout pas un hôtel meublé. » L’affaire n’est pas encore réglée.


« La préemption n’est possible qu’en cas de changement d’activité, précise Francis Langlade. Mais le vendeur a un moyen d’y échapper, la non déclaration en mairie, qui est pourtant obligatoire. Nous sommes sur plusieurs dossiers pour faire casser la vente. »


Mais le droit à préempter a ses limites. « La moindre boutique, rue de la République, atteint les 400 000 euros ! Depuis dix mois, poursuit M. Langlade, nous avons eu 58 déclarations d’intention d’aliéner (de ventes) qui ont donné lieu à 30 rendez-vous. Ces rencontres nous permettent éventuellement de réorienter des projets, et de monter des accords de co-financement. »


Et quand la vente achoppe sur un problème de local, le porteur de projet peut bénéficier des partenariats noués par la Ville. Avec Plaine commune habitat, en particulier. Le bailleur social est propriétaire d’environ 400 espaces commerciaux et professionnels, dont 80% à Saint-Denis.

Marylène Lenfant


(1) Sur les baux, les fonds et les terrains entre 300 et 1000 m2.


Projets / Un schéma et trois pôles

Les réflexions sur l’avenir du commerce dionysien ont été amorcées à partir de 2005 avec le Schéma de cohérence commerciale établi à l’échelle de Plaine Commune (1). Elles ont abouti, avec la dernière étude, à des propositions pour les quinze ans à venir, à faire valider d’abord en conseil municipal. Les habitants auront aussi leur mot à dire. Francis Langlade s’est engagé auprès d’eux le 11 décembre sur la création d’un groupe de travail.


Trois pôles sont ainsi envisagés. L’un s’impose de lui-même, autour du centre commercial Basilique et de la croisée rues Péri et de la République où un élargissement du parcellaire – et donc des façades commerciales – devrait être favorisé pour attirer les grandes enseignes. De la basilique au musée et à la Porte de Paris, l’idée est de favoriser l’offre culturelle, avec des artisans d’art notamment.


Enfin, entre gare et Église-Neuve, la diversité commerciale devrait s’accorder aux flux des voyageurs, à l’exemple des galeries de boutiques des gares parisiennes. Le tout sans oublier l’offre de proximité, alimentaire notamment, qu’il faudra à la fois diversifier et hausser en qualité. Voilà pour le périmètre Pnrqad.


Les mêmes ambitions sont affichées pour les trois ZAC, dont la Porte de Paris où l’accent est mis sur le tourisme entre basilique et Stade de France. Pour concrétiser ces objectifs, sont mentionnés outre les préemptions, le Fisac, Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et les services, financé par l’État, et les opportunités créées par la résorption de l’insalubrité. « Le commerce joue un rôle fondamental dans le sentiment de bien-être dans une ville », commente Christophe Girard, en signalant aussi la place de Saint-Denis, « cité à polarité forte dans le cadre du Grand Paris ».

M.L.


(1) en partenariat avec l’État, la Caisse des dépôts, les chambres consulaires et l’EPA Plaine de France.


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