En ville

« La solidarité est pour tout le monde à Saint-Denis »

En marge de sa conférence de rentrée du 27 septembre (voir ci dessous), le maire a reçu le JSD pour évoquer 2013….Et 2014. Il confirme sa candidature pour les prochaines municipales.
Le maire Didier Paillard, jeudi 27 septembre
Le maire Didier Paillard, jeudi 27 septembre


Le JSD : vous avez tenu, pour la première fois, une conférence de rentrée. Pour quelles raisons ?


Didier Paillard : D’un simple point de vue démocratique, il est bon de dire ce que l’on fait et ce que l’on va faire. Cette conférence avait pour but, outre d’annoncer un calendrier et des réalisations, d’affirmer que la ville se construit avec beaucoup de partenaires, notamment associatifs. Par exemple, l’accueil du matin pour les enfants, que nous renforçons, s’appuie sur les associations de l’économie sociale et solidaire sur la base d’un constat partagé d’un manque. Pareillement, le pass qui vient d’être mis en place pour permettre à la jeunesse de s’emparer des lieux de culture, est au départ l’idée qu’un apprenti a exprimé au Forum de la jeunesse. Une ville, c’est un ensemble de choses qui se construit en commun (services, élus, associations, partenaires économiques…), dans tous les domaines qu’il est nécessaire de montrer et de valoriser.


Le JSD : Quelles idées directrices relient la centaine de temps forts que vous

avez communiquée ?


Didier Paillard : Trois axes relient tous ces moments de l’année. Premièrement, Saint-Denis est une ville en mouvement, une ville jeune. Plus de la moitié de notre budget est consacré à la ville éducative, au sens large : comment accompagne-t-on l’enfance et la jeunesse jusqu’au monde adulte ? Cette question nous anime en permanence. Deuxièmement, notre espace public s’aménage sans cesse : j’ai exposé des mesures et notre détermination pour que notre ambition d’une ville pour tous se traduise mieux chaque jour dans nos rues. Troisièmement, et c’est aussi notre ADN, notre volonté de construire une ville solidaire, avec des hommes et des femmes de tout horizon social, en mettant au centre la solidarité à l’égard des plus fragiles en terme de logement, d’emploi, de cohésion sociale. Sur chacune de ces trois entrées qui constituent le socle du contrat communal sur lequel nous avons été élus, il faut aussi rappeler les options fortes prises en amont.


Le JSD : C’est à dire ?


Didier Paillard : Par exemple, si l’on prend la restauration scolaire, nous venons de refaire cette année la cuisine centrale pour accroître notre production de repas. Si nous avons du le faire c’est parce que, en dix ans, la part des écoliers qui fréquentent les restaurants scolaires est passée de 40% à 60%. Cette évolution est due notamment au fait que nous pratiquons des tarifs très peu chers et que la cantine est ouverte à tous les enfants. La solidarité à Saint-Denis est pour tout le monde : le plus bas tarif c’est 0,15 centimes – l’équivalent de la cantine à 1 franc que nous avions lancé au siècle dernier - mais les familles dont la facture est la plus élevée paie moins de 50% du prix réel du service rendu. La ville se bâtit à partir de fondations solidaires sur lesquelles s’adossent les réalisations ponctuelles. Pareillement, mais dans un autre domaine, il n’est pas banal de dire qu’à Saint-Denis il existe toujours des centres de santé municipaux, des PMI… Cet effort là, abandonné par de nombreuses villes, pose par contre la question de l’accompagnement financier des communes qui bâtissent les solidarités, comme c’est le cas ici pour le logement avec 45% du patrimoine dionysien dans le domaine social.


Le JSD : Quand on liste ce qui va se produire en 2013, on se dit que le maire de Saint-Denis doit être à l’abri de la critique. Pourtant, l’un comme l’autre on sait que ce n’est pas le cas. Pour quelles raisons ?


Didier Paillard :Le fond critique est indispensable. L’équipe municipale et moi même avons bien conscience que les choses ne sont pas toujours telles que l’on voudrait. Beaucoup d’habitants de notre ville vivent durement, encore plus en temps de crise. C’est pourquoi Saint-Denis est la première ville d’Île-de-France en matière de construction de logements diversifiés, c’est pourquoi nous incitons les entreprises à développer l’emploi local et les clauses d’insertion avec 4.200 embauches d’habitants du territoire depuis 2005. Beaucoup reste à faire, on ne peut donc pas se satisfaire d’avoir une liste de 5700 personnes qui attendent un logement ; ni d’avoir un taux de chômage aussi fort.


Le JSD : Les critiques qui vous sont souvent adressées concernent la gestion de l’espace public. Trouvez-vous que vous progressez ?


Didier Paillard : Les choses s’améliorent mais on est loin du compte. Les moyens alignés en la matière sont insuffisants. Ce que l’on le dit pour d’autres services publics de la ville est valable pour la gestion de l’espace public : les forces sont sous calibrées pour répondre correctement aux besoins. Un quartier comme celui de la Gare affiche 80 000 passages par jour ! La rue de la République est traversée par 40 000 personnes quotidiennement ! La ville est « sur-utilisée » et il faut que l’on ajuste les réponses pour relever le défi de la propreté. De la même manière que nous sommes en train de le faire pour la verbalisation de faits illicites sur la voie publique : au premier trimestre, la police municipale renforcée par dix agents supplémentaires a doublé le nombre des PV par rapport à 2011 (10 800 au lieu de 5000). Le passage aux PV électroniques qui interviendra cette année permettra encore de renforcer l’efficacité. Il faut qu’il en soit de même pour la propreté.


Le JSD : il est difficile de ne pas relier votre conférence de rentrée aux élections municipales. Serez-vous candidat à votre propre succession en 2014 ?


Didier Paillard : Oui. J’ai été élu en 2008 avec toute une équipe sur la base d’un contrat. Nous l’aurons mis en œuvre au delà des 100% puisque des choses qui n’étaient pas prévues ont été réalisées. Nous avons appliqué nos options fondamentales, avec un ancrage à gauche, une vraie volonté de bâtir sans exclure, en insufflant une politique en faveur de l’environnement. J’ai la volonté de poursuivre sur la voie de cette conception, de relever les défis de l’avenir en respectant les plus faibles tout en ouvrant les portes de la ville à tous; de construire la ville populaire et solidaire capable de pousser à gauche le Grand Paris et le gouvernement.


Le JSD : Comment vous la voyez cette campagne et avec qui voulez vous

la mener ?


Didier Paillard : On se fait toujours élire à la fois sur un bilan et sur des projets. Mais on ne peut pas déconnecter la vision du devenir de la ville de celle du pays. Saint-Denis a largement voté pour le nouveau président de la république, dans le rassemblement. Dans le cadre d’une élection locale, nous pouvons avoir des exigences rassembleuses d’une qualité supérieure, qui dépassent les seules coalitions politiques ou politiciennes. Il y a à bâtir ensemble avec celles et ceux qui ont la même conception de la ville pour tous, qui osent des réponses nouvelles. Il faut d’abord partager une vision pour se présenter aux suffrages. Je suis ouvert au dialogue pour fixer de nouveaux objectifs avec les forces politiques, les associations, les individus qui voudront aller dans le même sens. C’est une démarche ouverte, respectueuse, sur la base d’un seuil commun. Saint-Denis doit continuer de grandir pour ses habitants.

Recueillis par Dominique Sanchez



Déjà un parfum de municipales

La conférence organisée par le maire pour présenter le calendrier événementiel de l’année 2013 lance, de fait, la campagne de 2014.


Sur les sièges bleus de la salle des mariages, une brochure orange destinée aux deux cents personnes attendues pour assister à la conférence de rentrée du maire. Intitulé « automne 2012, automne 2013 : une année événement », le document recense une centaine de temps forts qui vont ponctuer l’année. On y trouve « du lourd », comme la mise en service du prolongement de la ligne 12 du métro qui va arriver au cœur de la Plaine et de la quotidienneté comme l’ouverture d’un nouveau bureau de poste à Pleyel.


Ce calendrier copieux présenté par Didier Paillard le 27 septembre entend montrer la « cohérence des priorités de l’action municipale » et « mieux mesurer l’ampleur des évolutions » intervenues à Saint-Denis dans les dix dernières années. La visite en car organisée à la suite de la conférence dans le quartier Pleyel, avec arrêt au coron Meissonnier et à la Cité du cinéma, constitue la meilleure illustration de « l’attractivité de notre ville au cœur de la métropole ».


Cette réunion de rentrée, la première du genre, lance de fait la course de fond pour les municipales de 2014. Didier Paillard en dégainant le premier montre sans le dire que Saint-Denis ne saurait seulement se résumer à l’insécurité et à la malpropreté de certaines de ses rues, aux campements de Roms et à l’insalubrité. Par contre, il dit et il montre, par quantité d’exemples (constructions d’écoles et de logements, arrivées de nouveaux transports, efforts pour mettre la population au cœur de l’attractivité économique…), que Saint-Denis a un bon bilan en termes de développement et de solidarités et ne compte pas s’arrêter en chemin.

Club de réflexion

Cette ambiance pré municipale est perceptible dans le microcosme politique. Le député PS Mathieu Hanotin lance un club de réflexion. Il a beau certifier qu’il « est déconnecté des affinités partisanes et des échéances électorales locales ou nationales », qui peut réellement croire qu’il en est ainsi ? Toujours côté socialiste, mais versant « historique » cette fois, le bras de fer entamé par Georges Sali avec les instances de son parti s’accompagne conjointement d’un positionnement devenu plus proche de la municipalité.


Entre les deux tours des législatives, en se prononçant en faveur de M. Braouezec, il écrivait ceci : « J’ai acquis la conviction que la victoire de M. Hanotin serait un signal très fort lancé aux intérêts financiers privés et aux promoteurs pour investir notre territoire qui est au cœur de la révolution urbaine programmée par le projet du Grand Paris. »


Didier Paillard estime lui, ce qui est de la même veine, que « Saint-Denis qui s’est relevé de la désindustrialisation a la responsabilité de faire la démonstration de sa capacité de se requalifier, sans exclure ». Prédire un rapprochement acté entre deux ancrages de la politique locale qui se sont combattus en 2008 serait bien imprudent. Mais il faudrait par contre être aveugle pour ne pas voir que la question des alliances sur un programme sera au cœur de la bataille électorale de 2014. À droite et au centre, d’aucun préconise déjà la constitution d’une seule liste d’intérêt local pour bouter les cocos hors les murs de la mairie.

D.Sz.

Temps forts

À défaut d’être exhaustive, voici une liste d’événements qui vont ponctuer la période octobre 2012, juin 2013.


Octobre 2012

Vendredi 12 : inauguration des nouveaux locaux du Cnam, rue du Landy.

Samedi 20 : rencontre de présentation des aménagements de la Porte de Paris.

Dimanche 21 : Voie royale, semi-marathon international.


Novembre 2012

Lancements de travaux (nouvelle halle du marché de la Plaine, crèche en centre-ville, 35 logements dans le cadre du Pnrqad, résidence étudiante à Franc-Moisin).

Mercredi 7 : ouverture du festival Ciné banlieue.

Jeudi 15 : mise en service du tramway T1 prolongé.


Décembre 2012

Lancement de travaux (réhabilitation de 432 logements PCH à Joliot-Curie, 65 logements en accession à la Plaine, résidence étudiante place du Front-Populaire, squares à Saint-Rémy-Mutuelle).

Lundi 17 : distribution d’un livre à 14000 écoliers.

Mardi 18 : mise en service de la ligne 12 du métro jusqu’à la station Front-Populaire.


Janvier 2013

Inaugurations : groupe scolaire Anatole-France à Pleyel, 3e jardin d’éducation thérapeutique à Cosmonautes, 33 logements sociaux Porte de Paris.


Février 2013

Inauguration du centre de santé Barbusse rénové et des nouveaux locaux de la PMI, logements sociaux PCH à la Plaine et Porte de Paris.


Mars 2013

Inauguration du TGP rénové.

Lancement de travaux : maison de quartier Franc-Moisin/Bel-Air, hôtel de 150 chambres Porte de Paris.


Avril 2013

Livraison de la résidence sociale de la rue Pinel.

Samedi 13 : Fête des tulipes.

Mercredi 17 : début du Panorama des cinémas du Maghreb et du festival jeune public Et moi alors ?


Mai 2013

Lancement de travaux : 45 logements en accession libre à Franc-Moisin, maison de quartier Sémard.

Mercredi 23 : hommage à la mémoire des victimes de l’esclavage.


Juin 2013

Inaugurations : place Rouge rénovée à Franc-Moisin, rénovation du cloître du musée.


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