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/ Unis contre les incendies

Après une série d’incendies en 2016, une étude pour leur prévention a été commandée par le conseil citoyen du Grand centre-ville. Elle était présentée en réunion publique le week end dernier.
La triste loi des incendies à Saint-Denis s'est soldée par 5 morts au 6 rue Paul-Eluard en 2016.
La triste loi des incendies à Saint-Denis s'est soldée par 5 morts au 6 rue Paul-Eluard en 2016.

Le dernier en date remonte au 25 décembre. C’était au 77, avenue du Président-Wilson, un immeuble vétuste, bien connu des services de la Ville, et dont deux occupants ont été grièvement blessés. À Saint-Denis, comme dans l’ensemble du département, longue est la chronique de ces incendies favorisés par l’insalubrité.

« Au printemps 2016, c’était un par mois dans le parc privé ancien », relève Jean-Marc Bourquin, l’un des membres du conseil citoyen du Grand centre-ville, cette instance de participation mise en place dans chaque chaque quartier en 2015. « Pour nous, continue-t-il, il n’était plus possible de passer d’un incendie à l’autre sans en tirer un bilan, afin de faire face à ces drames dont on sait qu’ils vont se reproduire. » Cette loi des séries leur était devenue d’autant plus intolérable qu’au 6 rue Paul-Éluard elle se soldait par cinq victimes.

Ainsi le conseil citoyen décidait-il de commander une étude, qu’il confiait à l’automne 2017 au Groupe d’études et de recherches sociales, le GERS. Ses conclusions ont été livrées samedi 19 janvier en réunion publique, à la Maison des projets. Comme l’indique la sociologue du GERS, Karine Meslin, l’étude a été élaborée à partir d’entretiens. Mais à l’exception des témoins et victimes, elle « a été accueillie avec des réserves » par l’ensemble des interlocuteurs, dont les associations de droit au logement, « qui craignaient d’être instrumentalisées par la collectivité ». « Du côté des petits propriétaires et des syndics », sollicités en vain, « il y avait la crainte d’être désignés comme responsables ».
 

Pour les pompiers, poursuit la sociologue, « la transmission des informations est interdite sur tout incendie, dès lors qu’une enquête légale est ouverte ». Quant à la Ville, elle « était sceptique. Vous nous avez convaincus », concède Jaklin Pavilla, adjointe déléguée au Grand centre-ville, qui avait pris place dans l’assistance d’une trentaine de personnes, au côté de Mathilde Caroly, en charge de l’hygiène de l’habitat et du logement.

Pour les deux élues, la collectivité locale s’est donné les moyens de répondre à ses obligations, avec d’une part sa mission habitat indigne, dont l’effectif est passé à une vingtaine d’agents, et une politique de résorption de l’insalubrité menée à la fois au moyen du Programme national de requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD), et dans le cadre de l’Opération programmée d’amélioration de l’habitat (OPAH) en centre-ville.

Sensibiliser dès le collège

 « Il y a des points sur lesquels nous devons nous améliorer, admet pourtant Mme Pavilla. Mais la perception de chacun est différente. D’où des tensions. » En témoigne presque aussitôt Marie, militante de Droit au logement, pour qui les habitants du 39 Péri, incendié en 2011, n’ont dû qu’à leur mobilisation d’avoir obtenu une mise à l’abri. Au nom de l’association Copros libres, David fustige de son côté l’inaction de la Ville pour les immeubles minés par la cupidité des marchands de sommeil. Dont celui du 22 boulevard Ornano.

« Nous avons pris un arrêté d’insalubrité et des travaux d’office vont être mis en œuvre d’ici peu », rectifie Mme Caroly. « Il y a le temps lent de la procédure et le temps court du vécu des gens », abonde Charles Duportail, directeur général adjoint des services Solidarité et développement social. L’attention est aussi attirée par Carmen sur « les difficultés des petits propriétaires » dans l’habitat ancien – tel est son cas – et qui sont privés d’aide parce qu’on «dépasse les plafonds de ressources». Pour elle, quoi qu’il en soit, la prévention s’impose. Et pourquoi pas dès le collège, où elle devrait faire l’objet d’une formation.

Sensibiliser ? Annick, du conseil citoyen, comme Denis, inspecteur technique dans une compagnie d’assurances, relèvent tour à tour l’exemple des États-Unis, où la prévention incendie s’enseigne dès l’école primaire. Pour Jaklin Pavilla, l’étude du GERS aura été l’amorce d’un travail de prévention dont va se saisir la démarche quartier Grand centre-ville. Et elle mentionnera pour l’appuyer le projet de « plaquettes, affiches et flyers » pour en instruire le plus grand nombre.

Marylène Lenfant

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