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/ Une visite « hors terrain » pour un département « hors normes »

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Silvia Capanema

Nous attendions impatiemment la venue et les annonces du Premier ministre Edouard Philippe en Seine-Saint-Denis. La date choisie, le jeudi 31 octobre, en pleines vacances scolaires et à la veille d’un jour férié, n'invitait pas à de grandes mobilisations populaires. Et pourtant, devant la préfecture, j'étais avec quelques habitantes mobilisées du quartier Delaunay-Belleville, des parents d’élèves infatigables et des représentants de la FCPE départementale. Les conseillers départementaux, bien qu'élus de proximité à l'échelle du 93, n'ont pas été conviés à la réception pour ces annonces.

Nous étions à côté des militants CGT quand on nous a forcé à reculer pour rester bien loin de l’encadrement des chaînes de TV et des journalistes, loin des hommes politiques au pouvoir. Nous, entre 30 et 40 personnes, pourtant représentatifs des luttes sociales et de la société civile, avons été encerclés par la police pendant presque deux heures, bien loin des portes du salon de la préfecture. Tout cela était ridicule et révélateur de la paranoïa sécuritaire, mais aussi de l’esprit anti-manifestants de notre époque, aggravé par la mise en garde à vue du secrétaire départemental de la CGT. Dans quel but ?

Sans surprise cependant, notre attente ne s’est pas traduite par la révélation du plan de rattrapage qu’on souhaitait. La Seine-Saint-Denis est le département le plus pauvre de France, où presque 1/3 de sa population vit sous le seuil de pauvreté, où les services de l’État sont en faillite dans les domaines de l’éducation – avec la perte d’une année de scolarité en moyenne pour chaque jeune –, de la justice – des délais deux fois plus longs dans les tribunaux -, de la police – en environ 30% de sous-effectifs, comme l’a révélé un rapport parlementaire.

Parmi les annonces faites par le Premier ministre, plusieurs sont des projets déjà connus des Dionysiens, comme la sous-préfecture, le recrutement des policiers pour les quartiers nord - encore insuffisant -, le renfort de la police judiciaire, les contrats de bourses pour les étudiants futurs enseignants et même les travaux dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) et du Grand Paris Express.

D’autres annonces manquaient de précisions, comme la prime de 10.000 euros pour les fonctionnaires de l’État (Pour quels fonctionnaires? A quelles conditions ? A partir de quand ?) et les recrutements de magistrats. Pour l’éducation, le montant annoncé reste très faible, 20M€ sur 10 ans, ce qui correspond à la construction d’une seule École pour une ville comme Saint-Denis. Et quid des conditions de travail des agents de l’État, dans les hôpitaux où il manque des lits et du personnel, et aussi dans les collectivités territoriales ?

Le département « hors normes », selon les mots du ministre lui-même, restera aussi sans aucune garantie de prise en charge de l’intégralité des dépenses des Allocations de Solidarité, dont le RSA, ou des Mineurs non Accompagnés. A ce jour, l’État doit à la Seine-Saint-Denis plus d'1Mds euros. Cela se traduit par la dégradation des services publics de proximité.

Les parents d’élèves, les forces syndicales, les mouvements sociaux, les élu-e-s de terrain, sont déterminés à continuer à se mobiliser et plus que jamais être en lutte pour l’égalité républicaine en Seine-Saint-Denis !

Silvia Capanema

Conseillère départementale de Seine-Saint-Denis
Canton Saint-Denis/Stains
Présidente du groupe Insoumis et communistes 

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Réactions

Groupe Insoumis et Communistes ! Quesaco ?

@Mourad.
au département, insoumis et communiste sont unis....

C'est à géométrie variable....

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