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École élémentaire
/ Une timide rentrée des classes

370 enfants dionysiens ont repris le chemin de l’école dans des conditions particulières lundi 18 mai. Petits groupes, lavage de mains et distanciation étaient les maîtres mots de cette rentrée inédite qui a attiré moins d’élèves que prévu.
Le jour de la rentrée à l'école Anatole-France, les élèves ont dû adopter de nouvelles règles...
Le jour de la rentrée à l'école Anatole-France, les élèves ont dû adopter de nouvelles règles...

Certaines mines restent figées en approchant les grilles de l’école ce lundi 18 mai. Sûrement le stress d’une rentrée très spéciale après plus de 50 jours confinés et sans école. Devant le groupe scolaire Anatole-France, les élèves arrivent au compte-gouttes et sont accueillis aux grilles. 

« On n’entre pas monsieur s’il vous plaît », lance la directrice. Les règles ont changé. Un petit, masque chirurgical trop grand sur le visage et cartable sur le dos s’engouffre dans l’école, slalome entre les adultes plus nombreux que les enfants et va, sur les conseils d’une maîtresse masquée, rejoindre le rang. À un mètre de distance chacun, les élèves restent immobiles sur leur ligne tracée à la craie. Dans la classe de CP, ils sont six ce matin. Première étape, direction le lavage de mains à la queue-leu-leu. « On aurait peut-être dû mettre des marquages au sol », s’interroge l’agent de vie scolaire qui attend que les petits terminent pour désinfecter les toilettes. « On doit les suivre, quand ils montent on passe après eux pour nettoyer les rampes », détaille-t-elle.

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Les enfants rentrent les uns après les autres dans la classe. Ils ne se connaissent pas, cinq d’entre eux ne sont normalement pas scolarisés à Anatole-France. La maîtresse Maya, derrière son masque, commence la classe par un point sanitaire. « Comment s’appelle la maladie ? » « Le CoNoravirus ! », s’exclame Fanny après avoir levé la main. Quatre classes ont été ouvertes au groupe scolaire Anatole-France. « Ce matin il y a deux absents, révèle la directrice de l’établissement. Pour l’instant, les parents attendent et jugent, il faut qu’ils aient de nouveau confiance dans l’école. On a la possibilité d’ouvrir dix classes en respectant le protocole. »

Comme devant les sept autres groupes scolaires ouverts, le service voirie de la Ville a utilisé le reste de peinture destinée aux passages piétons pour tracer des délimitations pour l’accueil des enfants. Dans la cour du groupe Rodin-Renoir, le marquage au sol à la craie a des airs de plateaux de jeux de société de stratégie. Il faut avoir les codes pour les comprendre. Dans le groupe scolaire de Franc-Moisin, une trentaine d’élèves est venue sur les 96 attendus. 

40% des enfants attendus ne sont pas venus

370 enfants ont été accueillis en cette première journée d’une reprise singulière. « Environ 40% des enfants que nous attendions ne sont pas venus, déclare Suzanna De La Fuente, maire adjointe à l’enseignement primaire. Beaucoup attendent de voir comment ça se passe, on attend quasiment tout le monde lundi prochain. » « On est très loin des 15% d’élèves dionysiens à pouvoir être accueillis comme annoncé par la mairie le 5 mai, déclare Katy Bontinck, institutrice et deuxième sur la liste Notre Saint-Denis aux élections municipales. Et pendant ce temps, des parents volontaires “non-prioritaires” n’ont toujours pas leur mot à dire. »

Si les raisons de ces absentéismes ne sont pas encore clairement établies, la Ville s’interroge sur le rôle de la distance géographique. « Nous avons constaté un peu plus d’absence chez les enfants venant de groupes scolaires qui ne sont pas les leurs habituellement », détaille la maire adjointe. La Ville n’exclut pas d’ouvrir de nouveaux groupes scolaires en juin. « Si la situation sanitaire nous le permet, l’idée est d’élargir les critères d’accession à l’école pour le mardi 2 juin », a déclaré Laurent Russier, en pleine tournée des groupes scolaires ouverts le 18 mai. La reprise aura en tout cas permis à la municipalité de constater le bon fonctionnement des mesures mises en place. « Ça s’est bien passé, les gamins étaient trop heureux, ça leur a fait du bien et à nous aussi, résume Luc, enseignant au groupe Pasteur à la fin de la journée. Le dispositif fonctionne, mais il n’est utilisable que pour six jours de classes : le 2 juin ça change à nouveau et, pour l’instant, rien n’est décidé. »

Appréhensions effacées

À l’heure de la sortie, devant le groupe scolaire De Chambrun, le classique attroupement de parents n’a pas lieu. Ils ne sont qu’une poignée à venir chercher leurs enfants. « J’avais quelques appréhensions mais elles ont été effacées, déclare un père de famille. Ils sont trois dans la classe de mon fils et il est avec un copain, les conditions sont idéales. » Dans le groupe scolaire La Roseraie-De Chambrun, les effectifs n’étaient pas non plus à leur maximum. Une élève s’est même retrouvée seule dans sa classe. Alors qu’une petite poignée de primaires sort au compte-gouttes de l’établissement. « La reprise de l’école me soulage, détaille une mère de trois enfants. Les devoirs à la maison, c’était trop. » « J’ai très bien travaillé avec la maîtresse aujourd’hui ! » s’exclame un de ces fils, trop habillé pour ce lundi ensoleillé.

Olivia Kouassi 

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Et dans le privé ?

L’établissement privé Jean-Baptiste De La Salle a rouvert ses portes la semaine du 11 mai. Un sondage, réalisé au préalable, a permis de savoir quels parents étaient volontaires pour remettre les enfants à l’école. « Dans la classe de ma fille, où ils sont 28, il n’y a que 6 familles qui ont accepté, précise une mère de famille. La mienne est très contente de retrouver sa maîtresse et une partie de ses amies. »

À JBS, seuls les CP et les CM2 sont rentrés la première semaine. Les autres niveaux ont fait leur reprise cette semaine et les horaires d’entrée et de sortie ont été échelonnés pour ne pas brasser trop de monde. « Les dispositions sanitaires mises en place par l’établissement ont été envoyées à toutes les familles », détaille cette maman qui s’est dite rassurée par cette transparence.

OK. 

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