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Première édition
/ Une Fête du sport hors Jeux ?

L’idée d’une Fête nationale du sport est née suite à l’attribution des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 à Paris. Samedi 22 septembre, la première édition dionysienne s’est tenue dans un contexte de grogne du mouvement sportif suite à la baisse des moyens alloués par l’État. Les associations dénoncent le paradoxe : alors que les JOP approchent, les moyens baissent.
Des clubs ont attendu désespérément les visiteurs au palais des sports, comme le Sdus tirc à l'arc. (©) Adrien Verrechia
Des clubs ont attendu désespérément les visiteurs au palais des sports, comme le Sdus tirc à l'arc. (©) Adrien Verrechia

Samedi 22 septembre avait lieu la première Fête du sport en France. Ce grand rassemblement qui se veut populaire doit amener 3 millions de pratiquants supplémentaires selon les objectifs du président de la République. Cependant, à Saint-Denis, cette première édition est loin d’être une réussite (lire ci-dessous), à quelques exceptions près comme pour le Sdus tennis de table avec la présence d’une centaine de participants. Denis Masseglia, le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), était de la partie entre autres pour honorer les championnes dionysiennes de la petite balle blanche. « Saint-Denis, c’est le site privilégié d’accueil des JOP 2024. On m’a dit que c’était la plus belle salle de France pour le tennis de table, et c’est vrai. Je suis aussi impressionné par la qualité de l’accueil », explique-t-il.

Mais une autre raison motivait sa venue. Une pétition lancée par le Comité olympique suite à deux baisses successives de budget et la menace de suppression de 1 600 postes techniques.  «Je vais aussi à la rencontre des gens pour qu’ils actionnent la pétition [nommée «Sport pour tous, tous pour le sport »] pour pouvoir peser davantage dans les prochains arbitrages », confirme Denis Masseglia, tout heureux de constater que la barre des 100 000 signatures avait été franchie ce samedi 22 septembre. Il n’hésite d’ailleurs pas à critiquer cette Fête du sport voulue par le gouvernement: « J’ai toujours dit que la Fête du sport, c’est tous les week-ends! Il y a plein d’initiatives pour amener les gens à faire du sport dans un club. Il y a les forums des associations, les journées portes ouvertes… Et tout ça c’est gratuit! La Fête du sport, c’est payant: ça coûte au moins 10 millions d’euros entre l’argent qui est mis par le ministère ou les collectivités territoriales. Dans ce contexte de rigueur, je ne trouve pas ça tout à fait adapté.» 

« Mobiliser a été très difficile »

Le président du CNOSF n’était pas le seul à s’interroger sur la pertinence de l’événement. « On s’est même posé la question s’il fallait y participer, admet Sam Berrandou, vice-président de l’Office des sports. Mobiliser a été très difficile. À Saint-Denis, il y a peut-être 15 % des associations qui se sont engagées.» Difficile d’accabler les clubs qui doivent gérer leur rentrée sportive et leurs prochaines échéances. La participation a ainsi été a minima pour certains, comme le confie Thierry Vernet de Saint-Denis Émotion (athlétisme) : « Franchement, on prépare la Voie Royale, on ne s’est pas étendu là-dessus. On fait un entraînement normal.»

D’autres ne masquent pas leur mécontentement sur la baisse des subventions, conséquence de la réduction des dotations de l’État, alors que les moyens sont déjà limités. « On n’est pas capable d’avoir un dojo à Saint-Denis pour 700 judokas! Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres », illustre Cather ine Andreazzoli, dont les protégés s’entraînent dans une salle saturée. « On ne pouvait pas se positionner contre les décisions récentes en boycottant la Fête. On veut avant tout permettre aux gens de découvrir une discipline », ajoute Malik Bouraba, secrétaire du Sdus judo. Il faudra d’ici la deuxième Fête du sport des signes positifs au risque de la voir disparaître. La baisse de 30 millions d’euros du budget alloué au ministère des Sports (pour se situer à 451 M €) sent déjà le carton jaune… 

Adrien Verrecchia

Mauvais timing

Si l’association Sport-Santé a profité du beau temps samedi matin pour attirer du monde à Marville pour la marche nordique et que le tennis de table a fait salle pleine, la Fête du sport s’est transformée en entraînement pour l’athlétisme. Entre une communication insuffisante, des conditions climatiques défavorables, la marche blanche pour Luigi et la brocante, le judo et le tir à l’arc attendaient désespérément des visiteurs au palais des sports. Certains membres des sections n’étaient même pas au courant de l’événement. Pourtant censé être ouvert à tous à quelques mètres de leur salle… 

AV

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