Cultures

60 Adada
/ Une bouffée d’art pour repartir

Le collectif d’artistes dionysiens adaDa reprend ses activités avec une exposition sur le thème du confinement-déconfinement. Née d’œuvres publiées en ligne pendant la crise sanitaire, Bouffée d’art traduit une volonté de se retrouver et d’aller de l’avant.
Des cadres noirs suspendus, réalisés par les artistes eux-mêmes, orientent le parcours de l’expo Bouffée d’art. (c) Nicolas Frobert
Des cadres noirs suspendus, réalisés par les artistes eux-mêmes, orientent le parcours de l’expo Bouffée d’art. (c) Nicolas Frobert

« On ne pouvait pas ne pas faire une expo qui ne soit pas en lien avec le confinement-déconfinement, raconte Marie Willaime, chargée de coordination des Artistes des ateliers dionysiens associés (adaDa). Ni faire comme si on n’avait rien vécu ! »

Avec Bouffée d’art, le collectif du 60 rue Gabriel-Péri exprime son envie de se remettre à parler d’art. De prendre un nouveau souffle aussi. C’est l’exposition publiée sur Internet intitulée Bouffée d’art en ligne qui a initié celle bien réelle. Ces œuvres de 25 artistes publiées tous les deux jours sur les réseaux sociaux de l’adaDa ont permis de maintenir les liens pendant le confinement. L’exposition réelle les a resserrés. Nicolas Cesbron, l’un des commissaires, en atteste : « On sent qu’il y a plus de vivacité dans les échanges entre les artistes. Ça a recréé du lien. Il y avait une vingtaine d’artistes à l’accrochage, d’habitude on accroche à un ou à deux pour faire la scénographie ! »

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L’association devrait pouvoir également rebondir financièrement. « Au niveau des rentrées d’argent, ça n’a pas changé grand-chose, confie-til. Les œuvres exposées sont à vendre mais les ventes ne se déroulent pas ici. Les produits issus de la vente sont très faibles en général. On demande simplement aux artistes de faire un don par rapport à ce qu’ils ont pu vendre. »

Mise en distance

Pour accueillir de nouveau les visiteurs, des mesures sanitaires ont été prises en concertation avec la mairie. Des masques et du gel hydroalcoolique sont à disposition. Le parcours est encadré, dans tous les sens du terme, et la sortie s’effectue rue du Jambon. De ces règles de distanciation sociale, l’exposition en joue. Dès l’entrée le public est replongé dans les messages anxiogènes diffusés sur les ondes lors du confinement et revisités de manière bien plus légère par l’artiste Tristan Félix.

Des cadres noirs suspendus, réalisés par les artistes eux-mêmes, orientent le parcours. Certains abritent les œuvres (tableaux, sculptures) pré-affichées, imprimées sur papier-calque, avec la vignette de l’œuvre et un texte issu d’un appel à textes en ligne. D’autres sont vides. « Ces cadres figent le regard, explique Nicolas Cesbron. C’est que de la transparence et en même temps, ils sont tous reliés entre eux par des fils nylons. Si l’un bouge, l’onde se propage. Cela fait aussi écho à bouffée d’air/d’art. » Marie Willaime ajoute : « C’est une mise en distance par rapport au déconfinement, les délimitations assez strictes avec les distances de 1 mètre. On a un point de vue plus lointain, on ne peut pas s’approcher tout près des œuvres d’art. » Ce qui n’empêche pas d’admirer L’envol, la lampe au papillon brodé d’Aude Bombe et bien d’autres. Dont les quatre tableaux de Claire Kito tels Un homme-plante, Une bouffée d’air et Un cerveau. Mais aussi Les radis d’Isabelle Hainzelin incarnant un retour à l’essentiel, la nourriture saine. Ou encore le Veau d’or de Catherine Wolff, scène biblique et symbole de l’idolâtrie qui mènera les païens à leur perte.

« J’ai l’impression que ça reflète notre idolâtrie de la société de consommation et le résultat, c’est qu’on en est mort », avance Marie à la vue des personnages inertes. L’adaDa, lui, est bien vivant.

Adrien Verrecchia

Exposition Bouffée d’art, du 19 juin au 5 juillet, au 60 adaDa (60, rue Gabriel Péri). Du mardi au vendredi de 16h à 19h, le week-end de 11h à 19h, fermé le lundi. Entrée gratuite.

Adrien Verrechia

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