En ville

Une école moderne à l’accent Front populaire

Le nouveau et beau groupe scolaire Opaline-Lacore de la rue Chaudron à Saint-Denis emprunte ses noms au passé industriel de la Plaine et aux conquêtes ouvrières. Ils vient d’être inauguré.
L'inauguration du groupe scolaire samedi 23 novembre, au moment de dévoiler la plaque
L'inauguration du groupe scolaire samedi 23 novembre, au moment de dévoiler la plaque


L’inauguration d’une école est un moment joyeux. Plus encore quand l’actualité opte pour la récurrence triste. Celle du groupe scolaire Opaline - Suzanne-Lacore, samedi 23 novembre, n’échappe pas à la règle. Une fois coupé sans chichi le ruban tricolore pour officialiser l’instant et avant qu’une assistance fournie ne visite les lieux, les discours (le maire, le président du CA de la CAF, l’inspecteur d’académie adjoint et l’architecte) sont revenus sur les noms de baptême choisis pour cet ensemble haut en couleur (vert et blanc, adouci par du bois clair) dont le coût, 12 millions, est assuré à 95% par la Ville.


Opaline, pour la maternelle, renvoie au verre utilisé par le mouvement des arts décoratifs. Son principal fabricant était Legras. Installée avenue du Président-Wilson pendant plus de cent ans (1859-1960), l’usine employait de nombreux enfants avant que le Front populaire donne une première impulsion inverse pour les envoyer en classe plutôt que dans les ateliers. Le Front populaire justement, l’institutrice Suzanne Lacore en fut secrétaire d’État à la protection de l’enfance. Elle institua par exemple la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans. Voilà pour les patronymes choisis, souvenirs d’une époque où le mot réforme avait un sens positif…


Et ce groupe scolaire ? C’est IKA, une jeune agence d’architectes, qui a été retenue par le jury. Et il a bien choisi. Fonctionnelle, lumineuse, sans frontière étanche entre la maternelle et l’élémentaire, ni entre le scolaire et le périscolaire, la structure de 4 000 m2 conçue par le trio Julien Angles-Jean-François Isse-Morgan Kerleau fait l’unanimité de ses utilisateurs présents. De la directrice Laurence Ariste (« on est très bien installés ») à cette mère d’une enfant de CP (« c’est trop bien ») ou aux enseignants interrogés aux abords de la salle des maîtres, l’indice de satisfaction est élevé.


Déambulant dans les couloirs blancs qu’égayent les structures en bois vert pomme pour accrocher les manteaux, on craque en s’arrêtant devant le charmant espace de repos des petits, ou face aux salles de repas de vingt à trente couverts qui ringardisent les grands halls de la cantoche d’antan. Deux vastes salles d’activités collectives (130 m2 chacune), une autre réservée à l’informatique et une bibliothèque complètent l’ensemble scolaire. La cour marquée au sol par des lignes blanches utiles aux sports d’équipe est pourvue d’un préau qui laisse admirer la structure bois utilisée pour la construction de l’ensemble du bâtiment classé HQE.


Au rayon périscolaire, Opaline-Lacore bénéficie d’un centre de loisirs autonome, comme il est de tradition pour les écoles de la ville, qui peut accueillir 125 élèves. Dans son discours, Didier Paillard a rappelé que « ce groupe scolaire est le quatrième que nous inaugurons depuis 2008 » et il a ajouté que « 22 nouvelles écoles et 11 centres de loisirs auront vue le jour entre 2006 et 2015 ». Avant qu’il prenne la parole, des représentants de parents d’élèves sont venus lui rappeler que rien n’est jamais tout à fait rose quand on est maire. Leur lettre ouverte adressée aux élus signale que « les enfants sont en danger » aux abords d’Opaline-Lacore. Pose de ralentisseurs rue Chaudron, signalement approprié de l’école et application de la législation sur les chiens dangereux promenés sans muselière sont demandés au plus vite. Soit avant la fin de l’année.

Dominique Sanchez