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/ Une « halte humanitaire » a ouvert à la Plaine

Annoncé en avril par les Villes de Saint-Denis et de Paris comme solution d’urgence face à l’inaction de l’État au sujet des personnes migrantes à la rue, un nouveau centre d’accueil de jour implanté au Dock des Alcools vient d’ouvrir ses portes pour trois mois.
Le centre d'accueil de jour permet aux personnes migrantes de se reposer sur place et d'avoir un accès aux besoins élémentaires.
Le centre d'accueil de jour permet aux personnes migrantes de se reposer sur place et d'avoir un accès aux besoins élémentaires.

Le bâtiment aux voûtes en béton moulé construit dans les années 1920 a longtemps abrité une usine de dénaturation de l’alcool. Réhabilitée à plusieurs reprises, l’ancienne bâtisse industrielle fait depuis 2016, l’objet d’une transformation en lien avec le projet du Grand Paris.

En attendant le début des travaux pour l’installation dans ces bâtiments désaffectés, du futur siège social du magasin de prêt-à-porter Jennyfer, la Compagnie de Phalsbourg, entreprise immobilière privée et propriétaire du Dock des Alcools, a mis à disposition une partie de cet ensemble de bureaux de 11 000 m2 au total, situé entre Porte de La Chapelle et Saint-Denis. Ouvert depuis le mardi 28 mai, le centre d’accueil de jour, localisé au 33, avenue du Président-Wilson, a été inauguré vendredi 31 mai par la maire de Paris, Anne Hidalgo, et la maire adjointe en charge des Solidarités à Saint-Denis, Jaklin Pavilla. Pour l’élue dionysienne, ce nouveau centre « permet de prendre en compte ceux qui sont sous la couverture du périphérique ».

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La situation critique des personnes exilées – régulièrement dénoncée par les associations locales – qui errent près des campements de fortune dressés à quelques pas du périphérique, avait poussé les deux communes limitrophes à impulser la création de ce site. Financé conjointement à hauteur de 170 000 euros (1), sa gestion a été confiée à la Fondation de l’Armée du Salut (2). L’organisation assure tous les jours, de 8h à 19h, les entrées et les sorties des personnes exilées. Il ne s’agit pas d’un centre d’hébergement, mais d’un lieu d’« accueil inconditionnel et un dispositif d’urgence pour les migrants les plus vulnérables », a expliqué Marie Cougoureux, chef de service de cette « halte de jour » à la Fondation de l’Armée du Salut. 

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Suivi social

Dans cet espace, prévu pour accueillir « normalement une soixantaine de personnes », a précisé Jaklin Pavilla, les migrants ont accès à une buanderie, à une salle de repos où ils peuvent dormir, se retrouver entre eux ou encore charger leur téléphone portable. Café, thé et eau sont disponibles en libre-service dans le coin cafétéria. 12 douches et 10 sanitaires sont installés à l’extérieur du local. Deux jours après son ouverture, 150 personnes y ont été admises. Aucune liste de présence n’est établie. Les tickets d’accès aux douches et aux kits d’hygiène distribués par les bénévoles – dont certains sont des demandeurs d’asile – permettent néanmoins de compter le nombre d’usagers. Deux agents de sécurité et deux logisticiens sont en permanence présents dans le centre pour « surveiller les lieux », voir « si tout se passe bien ».

« Le démarrage a été un peu compliqué », a confié l’un d’eux. En raison notamment du flux de personnes souhaitant avoir accès aux douches. « C’est là où ça va être le plus dur pour les usagers », a indiqué Marie Vigoureux. Celle qui coordonne aussi la distribution des petits déjeuners à la Fondation de l’Armée du Salut a évoqué le cas particulier des femmes migrantes qui arrivent seules ou accompagnées d’enfants dans un centre majoritairement occupé par des hommes. Elles sont, a-t-elle précisé, « très vulnérables, et au niveau sanitaire, c’est une urgence. On les accueille mais on essaye aussi de les envoyer vers des structures plus adaptées ».

En plus d’un endroit où « décompresser » et avoir un accès aux besoins élémentaires, les personnes migrantes à la rue peuvent aussi rencontrer des associations, des médecins, bénéficier d’une aide administrative et juridique concernant leur demande d’asile. Des organisations comme le Samu social, Aurore ou Action contre la faim sont chargées de ces suivis. La halte humanitaire est prévue pour fermer le 31 août. Et la Ville de Paris s’efforce déjà de chercher un autre lieu.

Yslande Bossé

(1) La contribution de la Ville de Saint-Denis est de 10 000 euros.

La Fondation de l’Armée du Salut recherche urgemment des bénévoles, tant pour donner des cours de français que pour animer cet accueil de jour. Les Parisiens et Dionysiens qui souhaitent apporter leur aide peuvent écrire à l’adresse petitsdejparis@armeedusalut.fr

Réactions

Bonjour, je m'appelle Alice, je suis dyonisienne depuis peu et j'aimerais être bénévole. Je peux donner des cours de français, aider pour les repas, m'occuper de l'entretien des locaux, être là selon mon emploi du temps. Merci de votre retour.
Bonjour Alice. Pour devenir bénévole, il vous faut écrire à l'adresse suivante : petitsdejparis@armeedusalut.fr

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