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La Farandole
/ Un transfert de Saint-Denis à Villepinte

Pour le président du conseil d’administration du CDEF, Frédéric Molossi, la fermeture de la Farandole n’est pas motivée par un souci d’économie, mais par de nouveaux besoins.
« Nous allons transférer les 20 places de la Farandole sur le site de Villepinte pour l’accueil des fratries », a assuré Frédéric Molossi, président du conseil d’administration du CDEF.
« Nous allons transférer les 20 places de la Farandole sur le site de Villepinte pour l’accueil des fratries », a assuré Frédéric Molossi, président du conseil d’administration du CDEF.

 

Le JSD : La fermeture de la Farandole est inscrite au nouveau projet d’établissement du CDEF, Centre Départemental Enfants et Familles qui gère cet établissement. Les personnels déplorent n’avoir « rien eu à dire ». Ils n’ont pas été concertés ?

Frédéric Molossi : Le CDEF n’avait plus de projet d’établissement depuis quelque temps. Nous avons décidé de pallier à ce manque. Son élaboration a associé au travers de différents groupes de travail un nombre important de personnels toutes catégories. Donc, on ne peut pas laisser entendre qu’à aucun moment les personnels n’ont été associés. Ce qui ne veut pas dire qu’on obtienne l’adhésion. Le projet d’établissement est décidé pour une durée de cinq ans. Il a été adopté le 8 janvier par le conseil d’administration du CDEF qui se compose de cinq élus au Conseil départemental, deux représentants qui siègent au titre d’une expertise particulière, et les deux représentants du personnel.

Le JSD : Les personnels de la Farandole et leurs soutiens critiquent l’orientation du projet d’établissement, qui selon eux privilégierait l’accueil d’urgence au détriment des accueils de long et moyens séjours. Qu’en pensez-vous ? 

F M. :  L’accueil en urgence est pour nous une constante depuis des années. L’évaluation de la situation du jeune confié à l’ASE (Aide sociale à l’enfance) se fait alors a posteriori. L’ambition avec le projet d’établissement est de confier au CDEF tout ce volet évaluation, et de permettre la mise en œuvre des meilleures modalités d’accueil, que ça ne passe pas forcément par le placement, mais par un accompagnement. 
 

Trouver une solution adaptée
 

Le JSD : Que vont devenir les enfants et adolescents aujourd’hui accueillis à la Farandole ?

F M : A l’heure où je vous parle je ne peux pas répondre de manière précise pour chacun des enfants qui nous sont confiés. Nous allons transférer les 20 places de la Farandole sur le site de Villepinte pour l’accueil des fratries. La décision a été prise avec l’objectif de trouver pour chacun des jeunes de la Farandole la solution adaptée à chacune des situations individuelles. Et ce, en lien avec les travailleurs sociaux du CDEF et de l’Aide sociale à l’enfance, et bien sûr des magistrats qui les ont confiés à l’ASE. Le conflit qui s’est fait jour n’oppose pas des gens qui n’auraient qu’une vision administrative de la protection de l’enfance à d’autres qui en auraient une vision d’empathie. Nous partageons tous la même volonté, c’est d’être au service de ces jeunes qui nous sont confiés. 

Le JSD : Mais s’agissant des placements en long et moyen séjour, il semble qu’il y ait en Seine-Saint-Denis une saturation dans les modes d’accueil, centres et familles. D’autant que ces dernières rechigneraient à accueillir des adolescents…

F M. : Je ne sais pas d’où vous tenez ces éléments. Le CDEF est un acteur de l’aide sociale à l’enfance, qui a une particularité par rapport à tous les autres qui sont associatifs : il est l’acteur de service public de la protection de l’enfance. Aujourd’hui, nous sommes en Seine-Saint-Denis à 8500 jeunes et enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance. Parmi eux, vous en avez un peu plus de 5600, soit environ 60%, qui sont accueillis dans des établissements. Et 40% sont accueillis en placement familial. Le Département n’a eu de cesse ces dernières année d’aller vers la création de places supplémentaires. Notamment en développant le recrutement d’assistants familiaux. Dans notre projet d’établissement, nous entendons de même développer l’accueil familial. Nous avons voté en 2018 une délibération pour en améliorer les conditions matérielles. En particulier de rémunérations. Et pour procéder à l’embauche d’assistants familiaux. Non seulement pour compenser une pyramide des âges vieillissante et des départs, mais pour créer des places supplémentaires.
 

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Le JSD : Avec une vingtaine de professionnels, dont 14 éducateurs, pour un effectif d’une vingtaine d’enfants, le foyer de Saint-Denis serait il aujourd’hui considéré comme trop dispendieux ?

F M. : Si la question est : faut-il tendre à faire des économies, la réponse est non. Notre objectif, est de constituer des groupes qui n’aillent pas au-delà de 20 pour maintenir un encadrement et une prise en charge de qualité. Et l’engagement a été pris par le département qu’il n’y aurait pas de baisse du budget du CDEF. Dans le cadre du projet d’établissement, nous allons aussi adopter de manière définitive avant l’été un plan pluriannuel d’investissement. Avec l’équipe du CDEF et le Département, un travail de diagnostic sur chaque lieu accueil a été programmé. C’est notamment sur le site de Villepinte dans perspective de l’arrivée des fratries.

Sur Drancy, il s’agit d’une opération de démolition reconstruction pour agrandir le lieu d’accueil. Nous avons procédé voilà 18 mois à l’inauguration du site Aulnay après de lourds travaux, et nous prévoyons pour 2019 des travaux sur le site d’accueil d’Epinay. J’ajouterai que le budget du département pour l’ASE a été de 253 millions d’euros en 2018 et que celui que nous avons adopté pour 2019 est de 278 millions d’euros. Ce qui représente 10% du budget fonctionnement du Département. Face à la nécessité d’une prise en charge de plus importante de jeunes, on peut avoir tous les débats du monde, mais les chiffres témoignent que nous n’avons jamais fait subir à l’ASE des baisses budgétaires, bien au contraire.

Propos recueillis par Marylène Lenfant

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