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La question migratoire
/ Un tiers des Dionysiens sont d’ailleurs

Des universitaires pour éclairer les pouvoirs publics sur la question migratoire, c’était l’ambition d’une rencontre qui devrait en appeler d’autres, le 5 juin à l’initiative de la ville.

D’après le recensement de 2015, les Dionysiens sont à 31,6% de nationalité étrangère. Dans les documents où ils sont mentionnés en vue de projets pour l’intégration des personnes, ces chiffres « se présentent comme des indicateurs négatifs pour le territoire, associés à ceux de pauvreté, de difficultés » diverses (accès aux droits, aux services, etc.), souligne Christine Bellavoine, sociologue, responsable du secteur des études locales à la Ville de Saint-Denis. Elle explique ainsi la démarche « citoyenne » inaugurée le mercredi 5 juin en mairie par une journée d’études afin de rapprocher les acteurs institutionnels et politiques des chercheurs travaillant sur la question migratoire, les uns à Paris 8, les autres à l’Institut Convergences Migrations (bientôt installé au Campus Condorcet).

Côté institution, l’exemple est donné à Aubervilliers par la Maison des langues et des cultures. Comme le rapporte Carlo Semedo, son responsable, les compétences linguistiques des ressortissants d’Afrique de l’Ouest, souvent polyglottes, sont si peu valorisées qu’eux mêmes n’en font pas mention. « Pour tout le monde, les langues “sortables”, c’est l’anglais, l’allemand, l’espagnol… » Pas le wolof, ni le pular.

Autre exemple de ce clivage, entre le « eux » et le « nous », la situation des Roms analysée à partir de son expérience de terrain à Saint-Denis par Elise Roche. « À quelle spécificité les renvoie-t-on quand on les appelle “Rom” ? », s’interroge-t-elle en rappelant l’usage qu’avait fait Sarkozy de ce terme pour assimiler immigration et insécurité. À Saint-Denis, où la Ville s’était voulue accueillante, la perception était celle de clans familiaux. Dans ces familles à reloger hors des bidonvilles, s’exprimait pourtant cette évidence qu’on « est comme tout le monde. On n’a pas envie de vivre avec sa belle-mère ».

« À partir de quand les points de vue vont-ils converger ? », s’interrogent les chercheurs. Dans les foyers qu’Adoma reconvertis en résidences sociales, la question semble écartée. Financée par l’État, cette résidentialisation a fait l’objet, en certains endroits, de prescriptions des plus précises pour dissuader l’hébergement de sans-papiers. C’est ce que rapporte Laura Guerin qui mentionne par exemple « l’impossibilité d’avoir au sol plus de 2m2 pour empêcher d’y poser un matelas ». Ou « des coursives et paliers semi-ouverts », exposés à la pluie et au vent.

Marylène Lenfant

Réactions

En titrant "un tiers des dionysiens sont d'ailleurs", il est sous-entendu que 2/3 sont "d'ici" ou des français de "souche". Pensez vous franchement que les dionysiens soient myopes à ce point pour avaler une telle énormité ? Précisez à minima qu'il existe aussi des dionysiens "venus d'ailleurs" qui sont devenus français ... Je dis bien à minima parce qu'il existe également à St Denis comme ailleurs des dionysiens "venus d'ailleurs," en situation irrégulière et donc répertoriés dans aucun fichier. En résumé : votre titre est nul.
Mais comment voulez-vous être crédibles ? L'étude a du être faite par un mentor de Braouezec à Paris 8 ?
@georges - Le plus extraordinaire avec ces gourous sociologues de Paris VIII c'est que depuis 30 ans ils se sont plantés sur tout, diagnostics et remèdes, et quand une personne apporte la contradiction, avec aplomb, ils répondent que ce que nos yeux voient et nos oreilles entendent ne sont pas de bons critères objectifs.
J'ai du mal à comprendre le passage sur le changement de foyer en résidence sociale avec pour certains des restrictions à l'hébergement des sans-papiers. J'imagine que les chambres sont bien aménagées avec un matelas ou lit ? On ne fait pas dormir les locataires officiels debout ? Et ensuite ce sont bien des espaces communs : coursives et paliers ? Du coup, les contraintes restrictives, ce n'est pas plutôt de limiter les possibilités de squats et de respecter les logements et les contraintes sécurité (sortie, coursive dégagée...) ?

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