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/ Un quartier, un magazine

Une petite équipe de journalistes, auteurs et artistes de Saint-Denis, ou de villes proches, s’est donné pour mission de traiter l’actualité micro-locale en consacrant chaque numéro de No Go Zone, magazine indépendant, à la vie d’un quartier.
Le magazine No Go Zone consacre son premier numéro au quartier Pleyel.
Le magazine No Go Zone consacre son premier numéro au quartier Pleyel.

No-Go Zone. L’expression – qu’on peut traduire par zone de non-droit, zone dangereuse, zone où ne pas aller – avait défrayé la chronique en 2015, après les attentats de janvier, lorsque sur la chaîne conservatrice américaine Fox News un journaliste spécialiste des zones de guerre a utilisé ce terme pour qualifiee certains quartiers de Paris et de sa banlieue jugés en proie à une islamisation rampante. La capitale française était même comparée à Bagdad. Loin de partager ce constat, une petite équipe composée de journalistes, auteurs et artistes de Saint-Denis, Saint-Ouen, Aubervilliers et même Paris, s ’est donné pour mission de traiter l’actualité « micro-locale » en consacrant chaque numéro de son magazine indépendant, baptisé ironiquement No Go Zone, à la vie d’un quartier.

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« Le nom du magazine est une façon de renverser cette expression car nous sommes nous-mêmes habitants des soi-disant zones de non-droit, explique Alix Rampazzo, jeune journaliste qui a porté le projet. Nous nous sommes dit qu’au lieu de voir à l’échelle d’une ville ou à l’échelle nationale, voire internationale, nous allions réduire la focale à l’échelle d’un quartier. Les quartiers résultent d’un découpage administratif et politique mais ce sont avant tout des lieux de vie », défend la directrice de publication qui assure que chaque étape, de l’écriture à la publication en passant par le choix des angles, se déroule de façon collégiale.

« Bouger les frontières du journalisme »

 No Go Zone a consacré son numéro de lancement au quartier Pleyel, un quartier où se côtoient salariés de grandes entreprises, habitants historiques comme néo-diony - siens . To u s sont impactés par les transformations urbaines en cours et à venir. « Nous sommes habitants de ces quartiers, c’est pour cela que nous portons un regard très critique sur la situation à Pleyel. Nous pensons que l’urbanisme devrait être plus pensé avec les habitants », lance Alix Rampazzo. Comme le conclut la quatrième de couverture, No Go Zone propose « une myriade de points de vue alternatifs » même si « globalement étiquetés à gauche », concède la directrice de la rédaction. Les styles d’écriture, eux, y sont libres. « Beaucoup de contributeurs de mon réseau viennent du milieu de l’art, avoue Alix Rampazzo.

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Cette diversité de profils assez hybrides permet de bouger les frontières du journalisme, un métier que j’estime énormément. Mais il est vrai que cette pluridisciplinarité est un choix à double tranchant. » Parmi les contributeurs, on notera la présence de Dionysiens ou artistes travaillant à Saint-Denis : le photographe Stéphane Ouradou y par tage son regard sur Pleyel à travers des clichés en noir et blanc ; Vincent Crogennec et Olivier Rosenthal illustrent la plupart des articles ; dans une longue analyse, la militante associatif Coline Merlo tente de trouver une réponse à la question « L’urbanisme est-il de droite ? » ; les géographes Cécile Gintrac et Marion Tillous se prêtent à une interview croisée à propos des transformations urbaines du quartier Pleyel ; le tailleur de pierre Délivrance Makingson se fait tirer le portrait…

« Être les plus indépendants possibles »

Avec l’objectif de publier un numéro par saison, les ambitions de la rédaction de NGZ sont modestes et ses moyens limités. Le premier numéro a été tiré à 300 exemplaires et sera distribué dans différents points de vente comme la coopérative Pointcarré, la librairie Folies d’Encre de Saint-Denis ou encore la librairie les Mots Passants à Aubervilliers. En outre, l’équipe de ce magazine a choisi de ne pas solliciter les collectivités territoriales.

« Nous souhaitons être les plus indépendants possible, confirme Alix Rampazzo qui a avancé des fonds propres pour la création de No Go Zone. J’ai envie de pouvoir me permettre de critiquer les politiciens. Et je ne suis pas sûre que cela serait possible si l’on demandait des subventions au Département, Plaine Commune ou aux Villes… Je connais des rédactions qui sont relues par le cabinet du maire et c’est pénible. Je sais qu’au Journal de Saint-Denis c’est différent, vous faites bien votre travail de journalistes. » Face au délitement des métiers de la presse, l’arrivée d’un « petit nouveau » dans l’univers de l’information est toujours salutaire.

MLo

No Go Zone, 70 pages, 8€. Contact achat : nogozone. mag@gmail.com

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