À la une En ville

Etat et consortium
/ Un proprio, deux gérants

Le coût de la construction de l’arène mythique a été supporté par l’État et le Consortium, aujourd’hui composé de Vinci et Bouygues.
Propriété de l'Etat, le Stade de France est géré par le Consortium, composé de Vinci et Bouygues.
Propriété de l'Etat, le Stade de France est géré par le Consortium, composé de Vinci et Bouygues.

à qui appartient le Stade de France (SDF) ? Construite sur le site de l’ancienne usine à gaz du Cornillon-nord, l’arène polyvalente appartient à l’État français. Mais il est géré jusqu’en 2025 par le Consortium du SDF, composé de deux sociétés : Vinci d’un côté (67 %) et Bouygues de l’autre (33 %). Pour comprendre ce fonctionnement, il faut revenir à la genèse du projet. Quand en 1992 la France est choisie pour l’organisation de la Coupe du monde de foot 1998, elle s’engage à construire un « grand stade » pour l’événement. 

Cette tâche incombe à l’État qui décide de faire appel à des partenaires privés pour la construction et la concession. En octobre 1994, le Premier ministre Edouard Balladur choisit le Consortium Bouygues, GTM et SGE (en 2000, SGE devient Vinci et absorbe GTM). Le Stade sera construit en à peine deux ans, entre 1995 et 1997. Au total, il aura coûté 361 millions d’euros, 190 millions (53 %) investis par l’État et 171 millions (47 %) par le Consortium. 

La concession se termine en 2025

Mais le contrat de concession, signé entre les deux parties pour une durée de 30 ans en 1995, est à l’avantage de ce dernier. L’État s’engage en effet à indemniser, chaque année, son partenaire tant que l’enceinte sportive n’aura pas un grand club résident. Un moment évoqué, la piste du Paris Saint-Germain ne se concrétisera jamais. Cette clause aura été un gouffre financier. Jusqu’en 2012, elle a coûté plus de 115 millions d’euros à la puissance publique, a assuré dans Le Point l’ancienne ministre des Sports Valérie Fourneyron. Suite à une procédure judicaire, un accord a finalement été trouvé en 2013 pour que l’État ne verse plus cette indemnité. Ce qui met à mal le modèle économique du Consortium. En 2015, il a enregistré une perte de 2 millions d’euros puis 6 millions l’année suivante malgré l’organisation de l’Euro 2016.

Outre les matches de football, de rugby et les concerts, la direction veut diversifier son activité, en misant par exemple sur les événements d’entreprise. Contacté, le Consortium n’a pas voulu communiquer sur 2017. « C’était une belle année en termes de concerts et d’événements », souligne Yvane Quintrec, la représentante des commerçants du quartier Stade de France. Mais cela a-t-il été suffisant ? Pour l’avenir, le ciel s’est néanmoins dégagé avec l’organisation de la Coupe du monde de rugby en 2023 puis les Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Mais après, il restera une inconnue : l’État et le Consortium voudront-ils prolonger le contrat de concession qui se termine en 2025 ?

Aziz Oguz
 

Pour en savoir plus: