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/ Un plus un égal onze

Le JSD est allé à la rencontre de Onze, un duo de rap originaire de Saint-Denis. L’un vient de Romain-Rolland, l’autre a vécu à la cité Péri. Depuis un an, chaque titre du groupe rencontre un certain succès. Discrets sur leur identité artistique et privée, les deux jeunes artistes ont accepté de se livrer pour la première fois dans un média.
© @UEART
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Le JSD : Quelle a la nature de votre relation ? Comment s’est formé Onze ?

Onze : On est comme des frères. On s’est connu à l’école municipale des sports il y a vingt ans. L’un de nous rappait depuis ses 13 ans, et a engrené l’autre. Au début, les maisons de disques ne voulaient signer qu’un seul d’entre nous car ses sons en solo avaient pas mal tourné dans le milieu de la musique grâce à un ami d’Épinay. Mais on voulait rapper ensemble à tout prix, il a donc refusé les propositions. Quelques mois plus tard, le producteur Kore nous a écoutés et nous a signés sur le label Awa (comme les artistes Zola, Luv Resval, Eden Seven, ndlr). C’était il y a trois ans.

Le JSD : Vous êtes très discrets en règle générale, même sur les réseaux sociaux…

Onze : C’est dans notre nature. C’est d’ailleurs notre première prise de parole dans les médias. Et si on le fait, c’est parce que c’est le JSD, c’est le journal de notre ville avant tout. Pour l’instant, on n’a pas de blases individuels, on s’exprime d’une seule voix. On voulait jouer sur cette image de groupe comme une entité à part entière. À un moment, on voulait même aller jusqu’à cacher nos visages…

 

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Le JSD : Vos lyrics dressent un tableau où se dessinent les difficultés financières, les tentations de la rue, la violence sociale mais aussi des thèmes plus personnels comme vos relations difficiles avec vos proches, votre rapport à la mort… Le rap, c’est une façon de crever l’abcès ? Un peu comme une thérapie ?

Onze : Ouais, carrément. Quelque part, c’est un exutoire. Ce sont nos vies que l’on décrit, c’est ce que l’on ressent. C’est assez introspectif. Quand on parle de violence, on ne va pas dire que c’est bien, on va juste relater les faits. On ne veut pas être dans l’apologie de quoi que ce soit non plus car on sait que les petits nous écoutent et qu’on a donc une responsabilité. Nos paroles sont un bilan amer, sans forcément entrer dans quelque chose de moralisateur. Ce n’est pas du rap conscient, c’est juste une photographie d’un moment, un constat. Notre rôle en tant qu’artiste est de transmettre des émotions. Quand on prend une feuille, on obéit à une pulsion. Il n’y a pas de calcul. 

Rap et Variété 

Le JSD : Depuis quelques années, le rap a muté. Le profil des rappeurs est très divers, le statut aussi des rappeurs a changé. Quel regard portez-vous sur cette évolution ?

Onze : Je pense que c’est une bonne chose que le rap se soit diversifié. On a de tout. C’est la première musique écoutée en France, ça devient limite de la variété (rires). Il y a des rappeurs pour chaque public maintenant et beaucoup de musicalité. C’est positif pour nous.

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Le JSD : Le titre 11.2, avec une instrumentale assez old school, compte déjà plus 200 000 vues sur YouTube en seulement quelques jours. Est-ce qu’il annonce un projet à venir ?

Onze : On planche sur un album, mais on n’a pas encore de date de sortie. On travaille tous les jours notre écriture. Concrètement, on veut faire les choses à l’instinct. C’est aussi très flatteur de recevoir tous ces compliments. Mais il ne faut pas que les gens espèrent que l’on va s’enfermer dans du style « boom-bap », même si ça fait partie de notre culture rap. On arrive avec de nouveaux morceaux, ce sera un gros virage stylistique. L’écriture restera la même, mais sur la forme musicale, on n’est vraiment pas bridé.
 

Maxime Longuet

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