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Mobilisation
/ Un mardi « noir » dans les lycées

Violences, répression des forces de l’ordre, des lycées bloqués non fermés… La mobilisation lycéenne se cherche encore et se heurte à de nombreux freins pour émerger.
Au lycée Paul Eluard, ce mardi 11 décembre, plusieurs centaines d'élèves se sont mobilisés.
Au lycée Paul Eluard, ce mardi 11 décembre, plusieurs centaines d'élèves se sont mobilisés.

Ce mardi 11 décembre, devant le lycée Suger, à 7h50, les élèves hésitent encore à entrer. Y aura-t-il un blocage aujourd’hui ? Deux jeunes mettent furtivement le feu à un arbre sur le parvis. Les surveillants et le proviseur continuent d’inciter les élèves à intégrer l’établissement. « Vous entrez ou vous rentrez chez vous ! » Depuis le début de la semaine dernière, « plusieurs tentatives de blocage ont eu lieu. Jeudi 6 décembre, des poubelles ont pris feu, une trentaine de lycéens ont voulu bloquer à 10h, mais les forces de l’ordre sont intervenues », raconte un élève de 2nde. « Une soixantaine de personnes ont reçu du gaz lacrymogène, il y a eu aussi des tirs de flash-ball et deux interpellations », rapporte également Mehdi, en terminale. Les cours ont été maintenus. « C’est difficile de faire vraiment cours, je prends surtout le temps d’échanger avec les élèves », témoigne une enseignante. 

Lundi 10 décembre, la violence est encore montée d’un cran. « De l’acide a été répandu dans deux parties du lycée, une élève a été touchée, les lycéens sont choqués », confie Mehdi. Les enseignants aussi, 24 d’entre eux se sont réunis en assemblée générale l’après-midi et ont voté la grève. Dans un communiqué, ils demandent que « la  gravité des faits soit prise en compte, notamment en prenant la décision de fermer l’établissement ». Le lycée Suger est resté ouvert. « La direction veut étouffer les incidents et argumente en disant que les jeunes sont plus en sécurité en cours, mais c’est faux ! », critique une enseignante.  « Il y a une volonté de faire comme si tout était normal », ajoute Mehdi.
 

« Il faut se faire entendre »

Le 11 décembre, L’UNL (Union nationale lycéenne), a appelé à « un mardi noir », avec des blocages et une manifestation. À Saint-Denis, même le lycée privé Jean-Baptiste-de-La-Salle a été bloqué. Au lycée Paul-Éluard, plusieurs centaines d’élèves sont mobilisés. Contrairement aux blocages des lundis 3 et 10 décembre, la fermeture du lycée n’a pas été décrétée. Une cinquantaine des lycéens décident alors de se rendre en centre-ville, objectif « Go Sport, Carrefour… il faut se faire entendre ! ». Un dispositif policier les empêche d’atteindre leur but. Au lycée Frédéric-Bartholdi, des jeunes ont fait une tentative de blocage, mis le feu à des poubelles. La police est intervenue et a effectué plusieurs interpellations, les cours ont repris.

Au lycée Angela-Davis à la Plaine, la tentative de blocage du mardi 4 décembre avait échoué. « Nous avions commencé trop tard, les forces de l’ordre sont intervenues avec des grenades et des fumigènes, il y a eu des interpellations », raconte une lycéenne. Les enseignants se sont mis en grève vendredi 7 décembre pour dénoncer « la répression du mouvement lycéen ».
 

Un début d’organisation

Le 11 décembre, environ 200 élèves réussissaient cette fois à bloquer le lycée. « Avec les délégués, on a choisi de concentrer nos forces sur un seul jour, pour pouvoir manifester. Nous étions mieux préparés, » explique une lycéenne. Elle est mobilisée avec ses camarades « contre Parcoursup et la réforme du bac. Le contrôle continu c’est injuste, notre diplôme aura moins de valeur, on nous jugera car on vient de Saint-Denis ». 

Au lycée Suger, on essaie aussi de construire un mouvement politique. « Avec le conseil des délégués pour la vie lycéenne, nous organisons une assemblée générale ce mardi (11 décembre), pour se mobiliser de manière pacifique, avec des revendications », informe Mehdi. Prévue à 10h, elle a été reportée à 15h30 par la direction « pour des raisons de sécurité ». Une décision stratégique pour éviter un blocage. 

Delphine Dauvergne

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