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/ Un GiFi contre un Tati ?

Comme la plupart des 103 magasins, celui de Saint-Denis devrait changer d’enseigne. Mais pour la CGT, c’est un torpillage qui est orchestré depuis deux ans par le repreneur, aux dépens des 1 428 salariés, et pour ne garder que certains sites.
Le magasin Tati de Saint-Denis devrait être maintenu mais sous enseigne Gifi. © Yann Mambert
Le magasin Tati de Saint-Denis devrait être maintenu mais sous enseigne Gifi. © Yann Mambert

Principale surface commerciale de la zone de chalandise la plus dense de la ville, le magasin Tati de la rue de la République va-t-il baisser le rideau ?

La question est posée depuis l’annonce au cœur de l’été de la restructuration annoncée par Philippe Ginestet. Président du groupe GPG, propriétaire de GiFi, voilà deux ans qu'il a acquis l’enseigne au vichy rose.

C'était donc le 16 juillet. Le comité central d’entreprise tenu ce jour-là décidait de la fermeture de 13 magasins sur les 109 de l’enseigne et de la suppression de 189 postes, assortie d’autant de reclassements, sur les 1 428. Les autres magasins, tel celui de Saint-Denis, étant maintenus, mais sous enseigne GiFi.

« Qu’est-ce qu’on fait ? On cherche du boulot ? », s’interroge Véronique, adjointe de direction dans cet espace commercial de 2 000 m2 déserté par les clients, dont l’effectif avec 8 postes et quart est réduit à peau de chagrin. Si Véronique veut y croire malgré tout, il est pourtant permis de douter comme la CGT des promesses de la direction. Le syndicat dénonce des mesures en trompe-l’œil, décidées en toute illégalité. À l’appel de la CGT, un rassemblement s’est tenu le 19 juillet devant le siège national, Tati Diffusion, situé avenue de la Métallurgie à la Plaine. Où il devrait bientôt disparaître.

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113 emplois supprimés

113 emplois sur les 124 y seront supprimés au terme d’un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi, ex plan social) signé le 26 juillet par le comité social et économique (CSE). « La CGT est présente dans les magasins, mais pas au siège », déplore Élodie Ferrier, secrétaire fédérale de la CGT-commerce. « On s’assoit sur la loi, et si personne ne dit rien, ça passe. Pas de pot, nous, on l’a relevé. »

La CGT a été ainsi reçue le 5 août au ministère du Travail pour dénoncer des irrégularités que la Dirrecte (1) a ensuite décortiquées par le menu dans un document adressé au groupe GPG. Suite au redressement judiciaire de Tati, vendu par le groupe Eram, « tous les salariés y ont cru à 200% quand Ginestet a dit qu’il allait sauver tous les emplois et redévelopper l’enseigne. En fait il avait un projet en parallèle », estime la syndicaliste en notant que les salariés membres du CSE n’ont jamais été informés des orientations stratégiques de l’entreprise. « Il voulait se débarrasser du maximum de salariés et ne garder que les magasins qui l’intéressaient. »

Les pertes de 28 millions d’euros invoquées pour motiver le PSE ?  « Voilà plus d’un an que les magasins ont commencé à ne plus être approvisionnés. D’où la chute du chiffre d’affaires ! » Pas de travaux d’entretien, des rayons qui se vident, des prix qui grimpent, et des clients qui se raréfient, c’est à peu près le tableau observé aussi à Saint-Denis.

Marylène Lenfant

(1) Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi.

Réactions

Bonjour. Rien dans l'article ne permet de dire que c'est un gifi qui va s'installer. Avez-vous des précisions svp. Merci
Bonjour, une nouvelle rencontre devait se tenir ces jours-ci au ministère du travail. Pour l'heure, fermeture ou nouvelle enseigne, l'incertitude est totale.
Un vrai magasin de chaussures serait la bienvenue !.
Bonjour, Un vrai supermarché de produits LOCAUX , REGIONAUX-IDF et Bio serait plus que bienvenue et vraiment PORTEUR DE SENS ! (il y a un parking à proximité et des transports) une énorme Ressourcerie à rayonnement grand Parisien ? Un étage Emmaüs solidaire ? Un coin pour réparation & vente de Vélos ? encore des bazars de pour nous vendre du "pas cher" qui finit en encombrant trop rapidement… ça ne choque personne en Mairie ces supermarchés de produits fabriqués à bas coût humain et cette surconsommation inutile ?? CGT tu assumes encore et encore à ce que nous consommions toujours autant de produits polluants estampillés - esclavage moderne - ? arff c'est pas pour demain les emplois d'avenir et l'emploi des jeunes ici (Gifi babou foir fouille action)… vite que l'alternance arrive à malsain-Déni.et que CitésLab ou La MIEL y prennent part plus significativement !!

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