Cultures

Bibliothèque municipale
/ Un fonds vieux de deux siècles

220 ans, c’est l’âge respectable de la bibliothèque municipale. Une durée pendant laquelle elle n’aura pas chômé en collectant près de 110 000 documents.
la bibliothèque s'est installée en 1925 place de la Légion-D'honneur, dans le bâtiment qui jouxte l'école Jean-Vilar.
la bibliothèque s'est installée en 1925 place de la Légion-D'honneur, dans le bâtiment qui jouxte l'école Jean-Vilar.

C’est un trésor insoupçonné, un patrimoine précieux qu’il convient d’honorer autant que de préserver. La bibliothèque municipale de Saint-Denis vient de fêter ses 220 ans. En l’espace de deux siècles, celle-ci s’est dotée d’un fonds de près de 110000 documents dont 5000 datent de la période du XVe siècle (les débuts de l’imprimerie) jusqu’au XVIIIe siècle.

Ces imprimés constituent le premier fonds de la bibliothèque et nous renvoient aux origines de sa création, au lendemain de la Révolution française. À partir de 1790, la Nation confisque les biens appartenant aux nobles comme les émigrés monarchistes, et à l’Église : immeubles, œuvres et meubles sont saisis et forment alors les biens dits nationaux censés compenser la crise économique que vit la France. À la suite de ces réquisitions, des milliers d’ouvrages sont remisés dans une centaine de dépôts littéraires disséminés partout dans l’Hexagone. L’un d’entre eux, situé à Saint-Denis – baptisée Franciade à l’époque – regroupait les saisies effectuées dans le nord de Paris, principalement dans l’abbaye de Saint-Denis et les couvents de Chaillot, d’Aubervilliers, de Belleville et du Mont Valérien. « Avec ces dépôts, il y avait déjà une envie d’en faire profiter la Nation, mais la forme n’était pas encore très claire, explique Julien Donadille, le nouveau conservateur des collections patrimoniales. Les institutions nationales comme la BNF sont venues se servir très tôt dans ce dépôt, notamment pour récolter les manuscrits médiévaux de l’abbaye. » 
 

Bibliothèque de lecture publique en 1912

Huit ans s’écoulent avant que la ville ne forme avec les 5 000 documents issus de la période XVe - XVIIIe siècle la première bibliothèque municipale : théologie, sciences, géographie, droit mais aussi histoire littéraire (enrichie aujourd’hui encore) sont les domaines de ce fonds initial. Mais la collection destinée à un lectorat érudit peine à se rendre visible auprès de la population ouvrière dionysienne. Durant le XIXe siècle, la collection vivote : elle n’est enrichie que de façon sporadique et les ouvertures au public de la bibliothèque sont trop irrégulières pour pouvoir en profiter. Du reste, ce n’est qu’en 1912 qu’elle devient une bibliothèque de lecture publique alors que les municipalités, socialistes puis communistes, augmentent les crédits d’acquisition et optent pour des ouvertures plus fréquentes. La bibliothèque qui se situait dans l’ancien hôtel de ville s’installe en 1925 place de la Légion-d’Honneur dans le bâtiment qui jouxte l’école Jean-Vilar. 
 

La partition de « L’Internationale »

« En 1970, la municipalité prend conscience de la valeur des collections patrimoniales et crée donc une séparation entre la lecture publique, liée à l’actualité éditoriale, et le fonds patrimonial qui compte aujourd’hui 110 000 documents », décrit Julien Donadille. L’ancien directeur des bibliothèques de Saint-Ouen énumère : « Il y a le fonds ancien issu du dépôt littéraire, une collection d’érudition acquise au XIXe siècle et une collection tournée vers l’histoire du mouvement ouvrier et celle du Parti communiste français. Nous sommes aussi dotés d’un fonds de 3 000 pièces sur la Commune de Paris. Le musée a conservé la partie iconographique et la bibliothèque, celle imprimée et manuscrite après l’exposition de 1935. »

Il existe aussi un fonds « guerre » qui couvre les trois menées contre l’Allemagne en 1870, 1914 et 1940. « Et dans ce même fonds, nous avons une collection sur le fascisme et la collaboration, qui est liée à l’histoire de Saint-Denis et à la mandature Jacques Doriot… »

La bibliothèque contient également un fonds local et un fonds musique. « Nous possédons la partition de L’Internationale de Pierre De Geyter. Nous avons découvert aussi la partition d’un opéra baroque composé par André Campra que nous avons présenté sous forme de concert aux Dionysiens cette année. »

Un travail de valorisation essentiel pour le conservateur qui donne rendez-vous aux habitants entre février et mai pour les traditionnels rendez-vous Dix minutes, une œuvre dans les espaces de la bibliothèque et le 19 janvier pour la Nuit de la lecture. « Nous découvrirons une bible récupérée dans la bibliothèque des malades de l’ancien hôtel-dieu… C’est un objet très émouvant. »

Maxime Longuet

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur