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Conseil municipal d'installation
/ Un discours et des actes

Dans une salle des mariages privée de public en raison des précautions sanitaires, Mathieu Hanotin a été officiellement élu maire par le conseil municipal (44 pour, 11 abstentions) samedi 4 juillet. Il en a profité pour fixer le cap de la mandature dans un long discours de politique générale.
Samedi 4 juillet, Mathieu Hanotin a été officiellement élu maire de Saint-Denis. (c) Yann Mambert
Samedi 4 juillet, Mathieu Hanotin a été officiellement élu maire de Saint-Denis. (c) Yann Mambert

Cette fois l’ancien n’aura pas transmis l’écharpe au nouveau comme il était de tradition. Laurent Russier a regardé depuis sa place, la doyenne de l’assemblée, Danielle Glibert, passer l’écharpe tricolore de maire sur les épaules de Mathieu Hanotin. Il est 9h50, ce samedi matin 4 juillet, standing ovation pour le 47e maire de Saint-Denis. Quelques minutes plus tôt communistes et écologistes étrennaient leur inédit statut d’opposant.

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« Nous sommes inquiets pour Saint-Denis et ses habitants qui n’ont pas besoin d’un homme providentiel pour leur rendre leur fierté, déplorait Laurent Russier (opp.PCF). Nous laissons au nouvel exécutif des agents impliqués, des finances saines et des projets innovants et structurants qui ne sont pas tombés du ciel. » « Nous serons des élus d’opposition constructifs et vigilants, » concluait l’ancien maire, applaudi par un conseil municipal fair-play. Même son de cloche chez son allié sur les bancs de l’opposition, l’écologiste Kader Chibane qui a sollicité le maire pour créer un groupe EELV au conseil : « Nous serons attentifs et animés par l’intérêt général. Bon courage dans l’exercice de vos responsabilités. Saint-Denis est à un carrefour. » « Dans quel sens sera engagée la transformation ? Pour qui sera-t-elle ? » interrogeait enfin l’ancien maire-adjoint.

La nouvelle première adjointe Katy Bontinck de donner quelques pistes en réponse : « La ville équilibrée que nous allons construire accueillera sans exclure. Nous allons nous mettre rapidement au travail. » Et de proposer donc sans surprise Mathieu Hanotin au fauteuil de maire. Une fois élu par ses pairs, le tout frais premier magistrat se lançait dans un long discours d’une trentaine de minutes, seulement interrompu par l’impatience d’un fils pressé de retrouver son papa. Morceaux choisis.

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Élections

« Les Dionysiens ont fait un choix historique. La rupture dans la gestion et la fidélité à leurs valeurs. Nous sommes tous des femmes et des hommes de gauche progressistes. »

Pragmatisme

« Cette nouvelle majorité ne mettra pas à bas ce qui fonctionne. Nous voulons redonner de l’efficacité à l’action publique. »

Pluralisme

« L’opposition est nécessaire au bon fonctionnement des institutions. Je crois au collectif. Personne ne détient la vérité seul. Toute contribution au développement de la ville et à son amélioration sera étudiée. D’où qu’elle vienne. »

Abstention

« Je n’oublie pas ceux qui se sont éloignés de la vie démocratique. Nous allons tout mettre en œuvre pour que la citoyenneté ne s’exerce pas seulement tous les six ans. Par des actes nous rendrons sa force à la démocratie. »

Fractures

« Je refuse les faux consensus et le sectarisme qui abêtit. Je serai le maire qui agit et ressoude sa communauté. »

Quotidienneté

« Saint-Denis doit devenir une référence. Construire la ville de demain est notre ambition. Régler les problèmes du quotidien est notre méthode. »

Agglo

« Il ne faut plus opposer le développement économique et la qualité de vie des habitants. Plaine Commune est devenue une technostructure éloignée des besoins du quotidien. »

Métropole

« Il faut remettre Saint-Denis au cœur du Grand Paris et faire le choix de la multipolarité. »

Écologie

« Le défi climatique est un enjeu de civilisation. Nous prendrons notre part. »

JOP 2024

« L’idéal olympique de fraternité doit devenir une réalité. Les JOP 2024 doivent être ceux de l’emploi des habitants. »

Prédécesseurs

« Je pense à chacun de mes prédécesseurs. Nous sommes tous un maillon d’une longue chaîne (…) L’action de Patrick Braouezec a marqué la ville et je lui souhaite bon vent dans ses nouvelles aventures (…)  En pensant à Didier Paillard et Laurent Russier je mesure la difficulté de la charge qui m’est confiée. »

Yann Lalande

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Réactions

Décidément, Laurent Russier n'a pas digéré sa défaite. Il a le culot de dire qu'il laisse derrière lui une ville correctement gérée... Il n'a vraiment honte de rien. Ce sont les habitants qui ont choisi leur maire. Et pas entre bonnes personnes dans un bureau. Et cela vous tout drôle d'être dans l'opposition. Je ne pense pas que l'opposition sera aussi assidue que l'opposition PS... On les retrouvera surement au khédive...
Je sus vraiment très déçu de l'attitude de M.Laurent Russier, son discours était pleine de mauvaises foi. Nous avons vu qu'il n'a pas digéré sa défaite. Exprimer qu'il laisse derrière lui une ville correctement gérée, c'est une honte. Il a eu une attitude d'immaturité inadmissible.
Russier, St-Etienne a besoin de toi et ils servent de la bonne bière, emmène Paillard avec toi..
Notre nouvelle équipe municipale pourrait-elle faire ouvrir la partie du parc de la Maison d'Education de la Légion d'Honneur qui est encore fermée au 7 juillet ?
ce que veulent les français pour tout type d'élection ce sont avant tout des élus très compétents pour résoudre les problèmes sociaux quelque soient leurs étiquettes politiques. la compétence prime dorénavant sur le potentiel intello et humaniste des élus. Nos chers élus doivent prendre conscience qu'ils ont une épée de Damoclès au dessus de leur tête qui s'appelle abstention massive, une abstention qui nourrira tout futur dégagisme aux prochaines élections en cas de nouvelle déception généralisée.