Cultures

Festival de Saint-Denis
/ Trois concerts de résistance

© YM (Archives)
© YM (Archives)

Depuis ses débuts, le Festival de Saint-Denis s’attache à décloisonner la musique classique et à en étendre les contours. Frontières et influences se connectent entre elles, telles des synapses. Commandé par son instinct de survie, le classique se joue de plus en plus des oukases : à travers son histoire il s’est ouvert au jazz, à la tradition orale, aux musiques électroniques, au hip-hop…

C’est aujourd’hui dans ce torrent symphonique et nerveux que ruisselle la création, celle qui permet des passerelles entre les hommes et leur histoire. En atteste la série de concerts de ce mois de septembre organisée dans la basilique par l’association du Festival de Saint-Denis (FSD). Comme pour nous consoler d’une édition 2020 avortée, ces concerts seront servis en amuse-gueules aux habitants de Seine-Saint-Denis en attendant de meilleurs auspices.

Jeudi 17 septembre, entourée de la soprano Julie Fuchs, du pianiste Alexandre Tharaud et du trompettiste Ibrahim Maalouf, musiciens ayant fricoté avec le jazz, le contemporain et le classique, Angélique Kidjo nous fera voyager de son Bénin natal jusqu’à Paris. Le pianiste antillais Thierry Vaton et le percussionniste David Donatien seront également sur scène.

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Mercredi 23 septembre, la trompettiste Lucienne Renaudin Vary proposera un programme jazz-symphonique avec la chanteuse Laura Mvula, le multi-instrumentiste Troy Miller et le National d’Île-de-France. Enfin, mercredi 30 septembre aura lieu le concert de Youssou N’Dour parachevant ce multiculturalisme si cher au Festival. « Il faut briser l’idée que le classique est une musique fermée. Le réaffirmer ce n’est pas du marketing, défend Nathalie Rappaport. C’est important de mettre en avant cette caractéristique de la musique classique sur un territoire comme le nôtre. »

La directrice du FSD veut maintenir le cap malgré une année covidique qui aura eu le mérite d’irriguer le milieu artistique – non pas en argent – mais en approches nouvelles et en combats à mener. « Ce qui m’importe, c’est l’avenir. Pendant très longtemps, nous, les festivals, avons été considérés comme des émanations locales et donc du ressort des collectivités territoriales. Nous avons su maintenir nos subventions. Mais l’État doit prendre sa part. Malgré des ressources propres (billetterie, partenariats privés), nous sommes très peu à pouvoir nous organiser sans un soutien complémentaire. » 

Des états généraux de la culture vont se tenir à Avignon à l’automne. « Notre ministre, Mme Bachelot, nous a rassurés sur le fait que nous étions à nouveau dans les perspectives du ministère. Mais on sera définitivement rassurés quand notre pérennité sera assurée. »

MLo
 

Concerts gratuits pour les habitants de Seine-Saint-Denis, sur réservation obligatoire (nombre de places limité). Infos sur : festival-saint-denis.com

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