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/ Titre de séjour : La galère des rendez-vous en préfecture

Depuis 2017, la dématérialisation des services publics s’est généralisée et rend obligatoire le passage par Internet pour la prise de rendez-vous à la préfecture. Un système informatique qui rend d’autant plus difficile les demandes ou les renouvellements de titres de séjour.
Travail d'illustration de Maéva Kemeche - 2de bac pro photo au lycée Suger
Travail d'illustration de Maéva Kemeche - 2de bac pro photo au lycée Suger

Une trentaine d’élèves du lycée Bartholdi est concernée par la difficulté à obtenir un rendez-vous en préfecture. Ils risquent de se retrouver dans une situation illégale et recevoir une OQTF: Obligation de quitter le territoire français. En écrivant cet article, nous souhaitons rendre visible ce problème et faire changer les choses.

Nous avons interviewé un élève du lycée. Il a 18 ans et n’a pas de titre de séjour. Depuis plusieurs mois, il tente d’obtenir le sésame sur la plateforme de la Préfecture. Sans succès, malgré plus « d’une centaine » de captures d’écrans justifiant le fait qu’il a bien essayé d’avoir un rendez-vous. « Ça stresse et ça rend fou, souffle-t-il, je risque d’être expulsé et de retourner dans mon pays d’origine sans passer le bac. Je veux faire ma vie en France, terminer mes études et avoir un travail.»

Une volonté politique

La principale difficulté est liée au caractère obligatoire de la prise de rendez-vous en ligne. La Cimade (association de défense des droits des étrangers) explique que cela invisibilise l’attente des usagers qui restent démunis et isolés face à un ordinateur pour tenter d’avoir un rdv sans succès. Depuis mars 2016, la Cimade a créé un robot qui teste la plateforme. Pour Créteil et Bobigny, le guichet virtuel est inaccessible à presque 100 % pour une demande d’admission au séjour et à 98% pour une naturalisation.

À écouter : Cliquez pour écouter l'interview de l'assistante sociale du lycée Bartholdi

Certains en profitent pour revendre des rendez-vous de façon frauduleuse, rendant payant un service public normalement gratuit. Une conférence-débat organisée notamment par la CGT dans le cadre de la Journée internationale de la justice sociale le 27 février à La Courneuve dénonce cette situation d’une préfecture qui n’accorde que 5 rendez-vous par jour. « Il s’agit de rupture dans l’accès au droit », a-t-on dénoncé lors de ce débat. Ce n’est qu’après avoir déposé des plaintes collectives devant le Tribunal administratif en octobre 2019 que certaines personnes ont pu avoir leurs rendez-vous, mais le combat continue pour les autres.

À lire : #JCLSD, ils ont remis ça!

Lycéens reporters : Yanis, Walid, Eva, Mamadou, Damien en 1MEI au LP Bartholdi

Réactions

La galère ? Le scandale oui ! L'État doit être attaqué en justice pour cette infâmie qui se perpétue au nom du peuple français. Honte au pouvoir exécutif, à son chef le Président de la République et à ses représentants les préfets. Honte au pouvoir législatif qui baisse les yeux, honte au pouvoir judiciaire qui ne se saisit pas de l'affaire. Merci aux collégiens de Saint-Denis de faire entendre la voix des victimes de la tyrannie administrative.
Qu'est-ce que signifie "sans succès" ? Est-ce un message applicatif tel que "il n'y a plus de rendez-vous disponible" ? Est-ce un plantage du programme ? L'écran reste-t-il figé (manque de ressources, disk full) ? Pour débugger Il aurait été utile de joindre des photos d'écran à cet article. Il y a de multiples causes possibles au dysfonctionnement d'une application. Alors que l'épidémie de coronavirus a régressé en France, le télétravail reste important chez les 2,3 millions fonctionnaires d'État. Quelle proportion du personnel de la préfecture de Seine-Saint-Denis travaille dans les locaux de Bobigny ? L'impossibilité d'obtenir un rendez-vous en préfecture provient probablement d'un manque de personnel présent à Bobigny. Du coup le logiciel d'attribution des rendez-vous a peut-être été paramétré pour limiter l'obtention de ceux-ci.

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