En ville

Coopérative Pointcarré
/ Solidarité en grande série

Les imprimantes 3D et lasers tournent à plein régime dans le Fablab de la coopérative Pointcarré rue Gabriel-Péri. Plus de 600 visières de protection ont été produites par cette usine solidaire et ses bénévoles. Elles ont été distribuées dans les Ehpad, à des associations et même à l'hôpital Delafontaine. Une vraie source d'inspiration en vue du déconfinement.

Ils sont sur le pont depuis deux semaines. Sébastien Camille, Nina, Louna, Elie, Sylvain, Sabri, Pauline, Nathan et les autres luttent contre le Covid-19 à leur façon… Derrière des petites imprimantes 3D ou laser, la vingtaine de bénévoles s’est lancée dans un marathon extraordinaire et solidaire dont la ligne d’arrivée sera atteinte le 11 mai. Jusqu’à la fin du confinement, la coopérative Pointcarré recevra dans ses quartiers un petit contingent de volontaires pour produire des masques à visière en série.

Grâce à des prêts, les coopérateurs ont pu constituer un petit parc d’onze imprimantes fournies principalement par le réseau des médiathèques de Plaine Commune et un lycée professionnel de Villetaneuse. « Dans notre atelier nous n’en avions qu’une ou deux. En deux heures on ne pouvait fabriquer que trois masques », témoigne Elie Prévéral, directeur général de la coopérative Pointcarré.

Mais grâce aux renforts humains et technologiques, le fablab a pu réaliser 600 masques qui ont été distribués gratuitement aux Ehpad, à des associations ainsi qu’à l’hôpital Delafontaine qui a validé les prototypes… Et a passé commande ! « C’est intéressant du point de vue humain, car des gens qui ne se connaissaient pas il y a à peine quinze jours se retrouvent ensemble à poncer les visières, chercher des matériaux, livrer les masques, en produire », remarque Elie.

Il existe deux modèles de visières : une produite par imprimante numérique (production plus lente pour des masques plus solides car destinés aux Ehpad et hôpitaux) et une seconde produite par imprimante laser, utile pour la coupe de plexiglas (production cette fois-ci plus rapide pour des masques plus légers). Ces deux moutures se retrouvent sur des sites d’entraides et sont en open source. Une façon de se concentrer sur l’aspect solidaire de l’initiative même si celle de son financement n’est jamais très loin.

Une cagnotte pour soutenir la production

Les hectolitres d’huile de coude et la bonne volonté des bénévoles ne suffiront pas à faire tourner la machine des solidarités car la matière première et les charges représentent également l’un de ses rouages. « Il y a une chaîne solidaire assez incroyable avec ce projet. L’Harmonie municipale nous a fourni du plexiglas, nous avons mobilisé beaucoup de bénévoles en peu de temps, Plaine Commune nous a aidés, l’imprimeur en face de Carrefour nous a offert un carton de papier transparent… illustre Elie. Mais il y a une autre partie que nous sommes obligés d’acheter et nous devons également payer des factures liés à la production ».

C’est pour cette raison que les coopérateurs ont lancé une opération de crowdfunding sur Leetchi à retrouver >>> ICI <<<La coopérative documente cette expérience de production autogérée sur sa page Facebook. Vous y trouverez les renseignements nécessaires pour donner de votre temps ou du matériel. Désormais, la coopérative Pointcarré réfléchit à l’après et espère fédérer d’autres fablabs du secteur autour de cette initiative novatrice. « Nous pourrions envisager de nous regrouper avec d’autres fablabs à Saint-Ouen et à l’Île Saint-Denis et avoir une discussion sérieuse avec les collectivités. Car il y a 450 000 habitants dans les villes de Plaine Commune, je pense que la communauté d’agglomérations aurait intérêt à avoir une stratégie d’objets de production de première nécessité. Aujourd’hui ce sont des visières, demain cela pourrait autre chose ».

La Ville appelle à la mobilisation

Le projet bénéficie d’une disposition sur l’intérêt général émise par la municipalité. La ville souhaite faciliter l’accès aux masques pour lutter contre la pandémie en attendant la livraison de masques agréés par les autorités sanitaires. « J’ai demandé aux services municipaux de se procurer des masques réutilisables ainsi que de lancer, avec les Dionysiens, la fabrication de masques alternatifs, a annoncé dans un communiqué le maire de Saint-Denis, Laurent Russier avant de garantir :  Elle [la Ville] apportera un soutien technique et logistique via un outil de mise en contact de l'ensemble des personnes et structures intéressées, via la diffusion de patrons ou de tutoriels pour la fabrication de ces masques, ou par un appui financier et matériel aux associations volontaires. Les personnes ou structures intéressées sont invitées à se faire connaître par mail à sdsolidaire@gmail.com ». 

Mais si le système D est aujourd’hui une arme pour lutter contre l’épidémie, il ne constitue pas pour autant la panacée. « Ces dispositifs anti-projections ne doivent en aucun cas se substituer au strict respect du confinement, des gestes barrières et de la distanciation sociale. Nous devons coûte que coûte continuer à respecter l'ensemble de ces mesures », rappelle Laurent Russier à ses administrés.

Maxime Longuet

Réactions

Bonjour, le lycée qui a prêté les imprimantes est le lycée Jean Rostand de villepinte par l'intermédiaire d'un enseignant membre du Fablab du lycée.

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