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À Saint-Denis, la grande distribution et les marchés ne sont pas les seuls endroits où faire ses courses. Des modèles alternatifs existent et se développent dans la ville, et ils séduisent de plus en plus de Dionysiens.
© Yann Mambert
© Yann Mambert

L’odeur de basilic embaume la pièce. Nous sommes dans le local où AMAPlaine effectue sa distribution de paniers. Dans l’ancienne gare RER, une fois par semaine, les adhérents viennent récupérer légumes, œufs et laitages bios, mais aussi du poisson et du pain. Laetitia Bouche-Florin raconte la création de cette Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) à laquelle elle a participé, il y a neuf ans : « Ça s’est monté avec des gens du quartier de la Plaine et ça a pris assez rapidement, à cause du manque de commerces ici. »

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Si AMAPlaine est aussi née de la volonté de faire vivre le quartier, c’est avant tout une démarche engagée autour de la nourriture. L’idée ? Mettre en place un circuit court qui soutient les agriculteurs, sans intermédiaire. Un modèle où chacun peut trouver son compte. Il permet au consommateur d’accéder à des produits de qualité, la plupart du temps issus de l’agriculture biologique, à un prix moins élevé que dans les commerces conventionnels. Il rémunère par ailleurs le producteur à un prix juste. Et, cerise sur le gâteau, la démarche est bonne pour la planète. C’est ce qui a séduit Pauline. Cette semaine, elle participe, avec d’autres, à la distribution des produits ; chacun des adhérents est tenu de s’impliquer dans la distribution au moins trois fois par an. Derrière les tables qui servent d’étals, cette jeune dionysienne, installée dans le quartier de la Plaine depuis un an et demi, explique adhérer totalement à l’esprit de redistribution et d’écologie de l’Amap. « En plus, j’apprends à faire de nouvelles recettes en fonction des légumes qui sont proposés », plaisante-t-elle.

Couvrir tous les besoins d’une famille

Ce n’est pas la première structure de ce genre à avoir vu le jour à Saint-Denis. L’Amap Court-circuit l’a devancée de peu, il y a dix ans. Mais Jean-Claude Richard, qui en est un membre actif, tient à le souligner : « Au départ, c’est une création politique, ce n’était pas pour avoir des légumes ! » L’association n’en est pas vraiment une puisqu’elle fonctionne de manière libertaire et qu’elle n’a pas de statuts. « On avait pour objectif de permettre aux habitants de Saint-Denis d’avoir accès à des produits de qualité à des prix raisonnables. »

Un pari réussi puisque l’Amap fournit pas moins de 270 foyers, qui se fournissent auprès d’elle en fruits et légumes. Et le modèle a fait des petits : de cette Amap sont nés trois magasins alimentaires, co-gérés par les consommateurs eux-mêmes. « La première coopérative alimentaire a été créée il y a cinq ans parce que, pour certaines personnes de l’Amap, il manquait de produits pour vraiment couvrir tous les besoins d’une famille », explique Jean-Claude-Richard.

Des produits de saison

En plus de ces initiatives, la terre de Saint-Denis produit ses propres légumes bio. Depuis vingt-quatre ans, l’association Territoires s’emploie à produire des produits de saison, dans l’objectif de « requalifier les hommes et les territoires », comme l’explique son directeur, Salah Taïbi. Installés sur ce qui était au départ une friche, les salariés de l’association, en contrat d’insertion professionnelle, cultivent sur une parcelle d’un hectare haricots verts, radis noirs, tomates, aubergines, potirons, céleri, salades… Et comme pour les Amap et les coopératives, il faut adhérer pour pouvoir ensuite faire son marché. Les commandes se font directement sur Internet. Les trois structures ne désemplissent pas. Toutes expliquent voir le nombre de demandes d’adhésion augmenter, et toutes affirment avoir refusé des inscriptions.

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Laëtitia Bouche-Florin ne revient toujours pas du succès rencontré par AMAPlaine cette année : « Nous n’avons pas eu besoin de faire de communication autour de la campagne d’inscription. On n’a jamais vu ça : en quinze minutes seulement d’ouverture aux nouveaux, il n’y avait déjà plus de place ! C’est peut-être l’effet Covid ? » Pandémie ou non, certains Dionysiens attachent visiblement de plus en plus d’importance à ce qui se trouve dans leurs assiettes. Certains vont jusqu’à planter leurs fruits et légumes, comme dans les jardins ouvriers en face de la gare du RER B. Le collectif Haguette, lui, cultive des légumes bio au cœur du centre-ville. Mais l’autosuffisance est encore loin.

Sarah Boumghar 
 

Réactions

Bonjour 1/si , parmi les 270 membres amap,il y en a une centaine qui,chaque semaine remettent un légume biologique au secours populaire ou autre assoc' , cela permettrait à des enfants de manger mieux qu'un plat en conserve d' un colis alimentaire . 2/ il est question des potirons cultivés par les salariés associatifs . Petite note personnelle : j'aime beaucoup les soupes à base de potiron. Bon appétit Bonne santé à toutes.tous.

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