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/ Saint-Denis est-elle haut niveau?

Après une saison exceptionnelle marquée par l’accession et le maintien de plusieurs clubs – tennis de table, rugby, foot – parmi les hautes sphères nationales, et la vitrine des JOP 2024 à l’horizon, la ville peut-elle satisfaire les exigences de ses sportifs d’élite  ?
Le Racing, avec le plus petit budget du championnat, a souffert pour se maintenir en division 2 cette saison.   © Yann Mambert (Archives)
Le Racing, avec le plus petit budget du championnat, a souffert pour se maintenir en division 2 cette saison. © Yann Mambert (Archives)

Sans vouloir pécher par excès d’enthousiasme, difficile de ne pas trouver un petit goût de réussite dans cette cuvée 2018-2019 du sport dionysien. Du côté des sports collectifs, trois clubs se sont particulièrement distingués : en football, le Racing Club a assuré son maintien en 2e division féminine tandis que l’équipe première masculine du Sdus est sur le point d’accéder au National 3 en profitant d’un concours de circonstances d’ordre administratif et réglementaire. Enfin, les rugbymen du Sdus vont retrouver la Fédérale 2 (le 4e niveau national) un an après l’avoir quittée.

Dans les disciplines individuelles, les clubs dionysiens ne sont pas en reste, à commencer par le Sdus tennis de table dont les équipes Pro dames et messieurs se sont maintenues dans l’élite nationale (Pro A) en décrochant même une place qualificative pour la Coupe d’Europe. Sans oublier les performances des athlètes de Saint-Denis Émotion, qui se maintient en Nationale, et du trampoliniste Allan Morante champion de France en individuel et synchronisé pour la 4e année consécutive sous la bannière de La Dionysienne. Cette harmonie de résultats probants dans plusieurs disciplines sonne comme un appel d’air pour la pratique sportive de haut niveau, alors même que l’attribution parisienne des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 a remis la ville des Rois sur la carte du sport hexagonal.

« Il me paraît clair que la ville se trouve à un moment charnière de son histoire sportive », appuie Farid Mebarki, le directeur des sports de Saint-Denis. « Les moyens engagés par la Ville en faveur de sa politique du sport pour tous ont permis de faire émerger certains clubs avec des résultats significatifs. Maintenant le plus difficile est de pouvoir les soutenir tous avec l’intensité nécessaire pour maintenir ces résultats sur le long terme. Aucune ville de même strate n’y est parvenue sans favoriser un club plus qu’un autre. » Les exemples de Tremblay en 1re division de handball, des basketteurs de Nanterre en Pro A, voire de Bobigny en rugby, laissent en effet penser qu’il est difficile d’atteindre les sommets à plusieurs.

Faire plus avec moins

Car certaines performances actuelles des clubs dionysiens semblent tenir du miracle au regard des moyens dont ils disposent, à l’image du Racing Club en D2 féminine de foot, dont le budget d’à peine 60000€ est plus de dix fois inférieur à celui du Stade de Reims, champion dans la même division. « Aujourd’hui, nous avons le plus petit budget de D2. Parvenir à nous maintenir comme cette saison relève de l’exceptionnel. Par exemple nous n’avons pas les moyens de proposer des logements à des joueuses que nous aimerions recruter. On souhaiterait aussi que la Ville nous aide pour nos déplacements. C’est une grosse dépense pour un club comme le nôtre, reconnaît Paul Mert, le président du club. En une vingtaine d’années, nous sommes passés de 40 à environ 300 adhérents mais le budget, lui, n’a pas augmenté. On est fin juin et nous sommes encore dans le flou sur des subventions dont on pourrait bénéficier la saison prochaine, cela nous empêche d’anticiper. »

Chez les footballeurs du Sdus, la montée surprise qui se profile, du niveau régional au national, irait de pair avec une hausse des moyens permettant a minima de renforcer l’équipe conformément aux exigences. Même le Sdus tennis de table, dont le budget en hausse avoisine 600 000 € pour le prochain exercice, pourrait refuser d’inscrire ses deux équipes Pro en Coupe d’Europe la saison prochaine faute de moyens suffisants.

Primes émérites 

Pourtant, les clubs évoluant à un certain niveau de performance bénéficient de plusieurs aides financières. Ceux qui comptent dans leurs effectifs un ou plusieurs athlètes de haut niveau bénéficient d’allocations dans le cadre d’une convention avec la Ville concernant les « pratiques émérites ». De 51 000 € en 2013, le montant de cette subvention a atteint 351 000 € en 2018. Cinq clubs en sont bénéficiaires.

Cette année, un autre dispositif de soutien aux athlètes a été mis en place. Il permet de soutenir les sportifs dionysiens, sans distinction de discipline, en prenant en charge une part des frais liés à la pratique du sport à haut niveau (bourses d’études, formations, déplacements, logements…) et par des primes aux résultats. Trois clubs : le Sdus tennis de table (8 athlètes), Saint Denis Émotion (9 athlètes) et La Dionysienne trampoline (1 athlète) sont concernés. Au total, le montant des subventions accordées par la Ville à ses associations sportives s’élève à 1,50 M€ dont près des deux tiers pour le Sdus omnisport. Comment expliquer alors ce décalage persistant entre les bons résultats sportifs de ces clubs et les moyens, principalement financiers, encore trop justes au regard des exigences du haut niveau?

«À Saint-Denis il ne peut y avoir d’accompagnement sans limite du haut niveau car on dévierait alors de l’objectif central: le sport pour tous, qui est l’ADN de la ville, répond Farid Mebarki. Cette politique, si elle a permis au plus grand nombre de Dionysiens de pouvoir pratiquer une activité sportive dès le plus jeune âge, fait aussi que pour une ville de 110 000 habitants, Saint-Denis ne compte que très peu de sportifs de haut niveau. »

« Trouver le point d’équilibre »

Constat similaire pour Bally Bagayoko, maire adjoint délégué aux sports, qui cite en exemple « le non-sens que représente l’absence d’un club de foot installé au niveau national dans une ville comme la nôtre ». L’élu ne cache pas la direction que la Ville souhaite emprunter, avec les JOP 2024: « Les résultats des clubs nous obligent à avoir une ambition plus forte, que nous devons traduire en actes par une aide financière directe. Ainsi, nous prévoyons une augmentation significative, de 350 000 à environ 500 000€, de la part consacrée au haut niveau sur l’exercice 2020. Il s’agit aussi d’accompagner les clubs auprès des partenaires économiques. On ne doit pas laisser les associations taper toutes seules aux portes des entreprises pour essayer d’obtenir des financements. »

Une volonté qui, selon l’élu, se concrétisera difficilement sans la participation de plusieurs acteurs. « C’est un modèle fragile où l’on dépend aussi des autres. Cela passera par le déblocage des moyens financiers au niveau de l’État, par un éventuel soutien au niveau de Plaine Commune ou d’organismes comme le Comité international olympique dans le cadre des JOP 2024. Mais il ne faut pas non plus que ce développement du sport de haut niveau se fasse au détriment du sport de masse. Nous devons trouver le point d’équilibre. » Une gymnastique donc. À tous les niveaux. 

Corentin Rocher 

Réactions

Bonjour C est des initiatives qui vont dans le bon sens effectivement on peut se demander pourquoi dans une ville de 110000 habitants il n y a pas plus de sportifs de haut niveau . Concernant les sections tous ne sont pas à la même enseigne. Que dire d un Maire adjoind aux Sports qui favorise une section boxe Anglaise qui a un an d existence au profit de la section Boxe Anglaise qui existe depuis 45 ! Du jamais vu en France, 2 sections qui pratiquent la même discipline et qui partage une salle vétuste . Une section boxe qui ursupe les Statuts De Saint Union Sports , qui n’a pas de RC et dont les adhérents ne sont apparemment assures et tout ça avec la bienveillance de la Municipalité ! Aucune compensation pour la section historique Une perte de créneaux une perte de trésorerie A la demande des habitants du quartier Calon/Pleyel des créneaux refusés à 4 reprises au gymnase Pleyel Continuez votre mépris envers les adhérents de cette section ils ont en sont reconnaissant

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