En ville

Roms?: une fresque contre les préjugés

Street art : L’association Murals a réalisé sur la place de la gare une grande peinture festive avec les enfants du bidonville Coignet.
La grande peinture murale, colorée et joyeuse, à proximité du tunnel menant à L’Île-Saint-Denis
La grande peinture murale, colorée et joyeuse, à proximité du tunnel menant à L’Île-Saint-Denis


Depuis le 21 février, la place de la gare s’est enrichie d’une grande fresque à proximité du tunnel menant à L’Île-Saint-Denis. Cette peinture colorée, festive et joyeuse, comme la scène de mariage qu’elle figure, a été réalisée par l’association Murals (Mouvement urbain de réappropriation artistique locale et sociale) qui utilise l’art pictural comme un moyen d’expression populaire mais aussi comme un outil de transformation et de revendication sociale, culturelle et politique. « J’ai découvert cette approche en Amérique du Sud, à l’occasion d’un voyage en Argentine. Là-bas, c’est acquis, les murs de la ville sont un lieu de dialogue, faits pour être peints et repeints », explique Laurence Beck, qui a eu l’idée il y a deux ans d’importer la recette de l’association Cruz del Sur rencontrée à Buenos Aires pour fonder Murals, basée à L’Île-Saint-Denis. « C’est l’idée des fresques participatives, de faire de l’art dans la rue autour de thématiques qui sollicitent, qui impliquent et qui interpellent les gens. »

« Faire l’effort de nous regarder autrement »

À côté des ateliers et fresques montés avec divers publics et institutions, l’envie de lancer un projet avec les enfants du bidonville de la rue Coignet s’est imposée aux membres de l’association. « On s’est dit qu’une peinture murale pouvait être une occasion de combattre les préjugés dont sont victimes les Roms et de laisser une trace positive de leur passage, parce qu’on sait que comme tous les campements, celui-ci sera un jour démantelé », précise Virgine Leton, chargée de projet pour l’association. Et puis représenter des Roms, c’est aussi à leurs yeux une façon de mettre en avant ceux qui sont obligés de vivre la misère, cachés derrière des palissades. 

« On avait envie de faire passer devant ce qu’il y a derrière, mais on voulait donner à voir autre chose que le bidonville, parce que les Roms ne se résument pas à cela. » Pour le dire encore autrement, c’est « un cadeau » qu’ils ont eu envie de faire à ces familles et c’est comme tel que le projet leur a été présenté, par l’intermédiaire d’Irinel Eftimie, un ami de l’association. Lui-même d’origine rom, il ne connaît que trop bien la violence des discriminations et a saisi tout de suite l’intérêt d’une telle initiative, à même de rappeler l’évidence. « Cette fresque nous montre en tant qu’humain et rappelle qu’on est des gens comme les autres. On veut juste s’intégrer, travailler, se soigner et avoir les mêmes droits que tout le monde, mais pour ça il faut nous en donner la possibilité et faire l’effort de nous regarder autrement. » Et c’est tout l’enjeu de la réalisation de cette fresque, qui a également permis aux enfants du camp de vivre un moment aussi épanouissant que valorisant.

« On leur propose autre chose que la misère dans laquelle ils vivent»

« La peinture, c’est une activité de leur âge, à la fois simple, ludique et pédagogique. Ça montre bien que si on leur propose autre chose que la misère dans laquelle ils vivent, ils sont évidemment partants », remarque Laurence Beck qui, pour mener à bien cette action, n’y a pas été « par 36?000 chemins ». « On savait que si on demandait les autorisations, ça serait trop compliqué. Alors on a fait comme on sait faire?: méthode graffiti. Ça ne veut pas dire qu’on a fait ça à l’arrache, bien au contraire?: l’art public, c’est un travail sérieux et artistique. On a ramené notre matériel et nos bras et on a fait tout ça bénévolement. Comme quoi, il ne faut pas grand-chose pour faire beaucoup. Un peu de peinture, deux trois idées et en deux jours on transforme un lieu. » 

Linda Maziz

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