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/ RESF 93 lance un appel contre l'expulsion d'un exilé, père de 5 enfants

Mohammad Saleh, ressortissant bangladais et sa famille. / DR
Mohammad Saleh, ressortissant bangladais et sa famille. / DR

La photo de deux nouveau-nés, des frères-jumeaux collés l’un contre l’autre illustre l’appel à soutien lancé lundi 1er juin par Réseau éducation sans frontières pour alerter sur la situation de leur père, Mohammad Saleh. Ce « ressortissant bangladais » de cinq enfants, dont trois sont scolarisés à Saint-Denis – à l’école Jules Guesde et au collège Pierre de Geyter – réside en France depuis 2014. Lundi 1er juin, il a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQTF) par le préfet de Seine-Saint-Denis après avoir été contrôlé par la police dimanche 31 mai, vers 15h30, à 600 m de l’hôtel social où lui et sa famille ont été mis à l’abri par le 115 en plein confinement, à Noisy-le-Grand. 

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Âgé de 42 ans, il se trouvait en scooter au moment des faits. « Il allait chercher un médicament pour sa femme qui vient d’accoucher, il ne trouvait pas de pharmacie donc il tournait dans les environs », explique Malika Chemmah de RESF 93 qui précise aussi que « cette famille était hébergée à Saint-Denis chez un proche. Mais avec l’arrivée des jumeaux qui sont nés en avril pendant la période de confinement, il n’était pas possible pour ce proche de loger 7 personnes dans leur appartement ». Mohammad Saleh a passé 24h au commissariat de Noisy-le-Grand. S’il a été libéré « il a une épée de Damoclès sur la tête », déplore Malika Chemmah qui avec RESF 93 dénonce une décision « disproportionnée » et « monstrueuse ».

« Faire du chiffre à tout prix »

Depuis septembre 2019, Mohammad Saleh dont la première demande d’asile a été déboutée en 2014, tente d'obtenir un rendez-vous en ligne pour une demande de régularisation selon RESF 93. En vain. Il s'est donc adressé au collectif qui en janvier 2020 a débuté une démarche de régularisation pour le père de famille. « Son dossier était prêt et nous tentions désespérément d’obtenir un rendez-vous en ligne, avant que l’état d’urgence sanitaire soit décrété en France ». Pour Malila Chemmah, la situation que vit actuellement Mohammad Saleh est « l’exemple de ce qu’on redoute depuis la mise en ligne des RDV » pour les demandes de titres de séjour.

Aujourd’hui, avec l’OQTF, Mohammad Saleh « ne pourra plus travailler. À n’importe quel contrôle, il peut être placé en rétention jusqu’à 3 mois pour finir expulser vers le Bangladesh. C’est du gâchis humain », résume Malika Chemmah. Cette dernière pointe du doigt « l’hypocrisie de la politique d’immigration » qui cherche « à faire du chiffre à tout prix ».

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L’obligation de quitter le territoire notifié à Mohammad Saleh est assortie d’une interdiction de retour d’une durée de deux années, que le père de famille doit contester dans les 48h. RESF 93 a fait appel à un avocat « pour introduire une requête en annulation »auprès du tribunal administratif de Montreuil. Une cagnotte en ligne a été lancée pour couvrir les honoraires. « Pour toutes les décisions administratives ou autres, c’est “l’intérêt supérieur de l’enfant qui doit être une considération primordiale », souligne RESF 93 dans une pétition. Parents d’élèves de Saint-Denis, citoyens et voisins sont solidaires. Ils demandent au tribunal administratif de Montreuil « d’annuler l’Obligation de Quitter le Territoire Français prise à l’encontre de Monsieur Mohammad Saleh A. et d’enjoindre le préfet de la Seine-Saint-Denis à lui délivrer un titre de séjour pérenne portant la mention « vie privée et familiale » afin que cette famille puisse enfin retrouver la sérénité et la stabilité qu’elle mérite. »

Yslande Bossé 

Réactions

stop !
I would like to say this family need permanent residency in France by law. I hope France government should help about it.

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