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Saussaie-Floréal-Courtille
/ Rénovation à l'horizon

Un centre de santé, une crèche, extension du groupe scolaire Floréal et de la Maison de quartier… Les grandes lignes du renouvellement urbain sont connues.
Situé au nord-est de la ville, le quartier Saussaie-Floréal-Courtille compte environ 7000 habitants. (©) Ph.Guignard/air-images.net - Plaine Commune
Situé au nord-est de la ville, le quartier Saussaie-Floréal-Courtille compte environ 7000 habitants. (©) Ph.Guignard/air-images.net - Plaine Commune

À l’ombre des plans de rénovation du centre-ville et de Franc-Moisin, le quartier Saussaie-Floréal-Courtille (SFC) au nord-est de la ville, doit lui aussi bénéficier du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU).
C’est une rénovation plus modeste, estimée à environ 20 millions d’euros, contre 150 à 200 millions pour Franc-Moisin. Les grandes lignes du projet, discuté depuis 2016 avec les habitants, au nombre de 7 000 environ, sont aujourd’hui connues. Construction la plus emblématique du plan de rénovation : un centre de santé verra le jour au cœur des cités, promenade de la Basilique, sur un terrain qui est actuellement un espace vert. Juste en face, de l’autre côté de la rue, il y a les commerces et le supermarché Coccinelle.

Ce pôle santé pluridisciplinaire permettra de réunir les médecins du quartier, dispatchés dans différents immeubles. « Il y a tellement de monde chez les médecins que les gens sont souvent obligés d’attendre dans les cages d’escalier », témoigne les locataires Fatima Chahid et Nina Boumellah, qui se réjouissent de l’ouverture prochaine de cet équipement municipal, demandé depuis des années par les riverains et les professionnels du secteur. Ce bâtiment regroupera également un pôle petite enfance avec une future crèche de 30 places ainsi qu’un relais pour les assistantes maternelles. Le concours d’architecture a déjà été lancé. « Les travaux commenceront en 2020 », annonce Patrick Vassallo, maire adjoint en charge de SFC.

Initialement, la Maison de quartier devait être construite à côté du pôle santé, mais les habitants ont refusé cette hypothèse. « On s’est battu pour qu’elle ne soit pas déplacée. Elle est bien là où elle est », témoigne Nina Boumellah. Le conseil citoyen de la structure a proposé de déplacer la Maison du petit enfant, dont le bâtiment était contigu à la Maison de quartier et ainsi permettre son agrandissement. Cette option a été validée par la Ville. À l’ouest, le groupe scolaire Floréal serait également étendu. 
 

« L'ANRU nous fait du chantage »

La promenade de la Basilique, en impasse aujourd’hui, s’ouvrirait sur le boulevard Maxime-Gorki, permettant un deuxième accès à la nationale. Deux nouvelles voies seraient créées : l’une au sud à la Courtille, au niveau de l’actuelle foyer Adoma dont le bâtiment sera détruit, et l’autre à côté du pôle commercial pour relier la promenade à la rue Georges-Bizet. Si ces points font consensus, d’autres ne sont pas réglés. Le principal désaccord concerne la densification et la diversification de l’habitat demandé par l’Agence national pour la rénovation urbaine (Anru), représentant l’État et financeur du NPNRU.

« Ici, c’est déjà très dense. On tient à nos espaces verts. On ne veut pas de béton !, critique Nina Boumellah. Les écoles sont déjà saturées. On a du mal à se garer. Comment voulez-vous accueillir de nouveaux venus ? » Elle demande à la Ville de soutenir les riverains contre les exigences de l’Anru. « On nous dit : “si vous n’acceptez pas de nouvelles constructions, vous n’aurez pas la Maison de santé, la crèche, l’extension de l’école ou de la Maison de quartier.”L’Anru nous fait du chantage », s’indigne-t-elle. Il est néanmoins assuré que le centre de santé sorte de terre. En effet, la Ville mènera à bout l’opération, même si l’Anru refuse de financer le projet présenté par la Ville et Plaine Commune. 
 

« La diversification doit profiter aux habitants »

Des collectivités qui par ailleurs proposent la construction d’un projet d’habitat participatif de 10 à 20 logements à l’emplacement du square Sevran, en face de l’école maternelle Floréal. Les volontaires seraient accompagnés pour mener à bien ce projet ambitieux. « On veut que la diversification profite aux habitants », explique Patrick Vassallo. À proximité de l’actuel foyer Adoma, 50 à 60 logements seraient construits. Leur destination serait mixte, avec de l’accession à la propriété, en partie sociale.

Actuellement composé de 2 300 logements, le quartier gagnerait ainsi de 60 à 80 unités, baissant ainsi la part de logement social de 97% à 93%. « Je ne passerai pas en force. Il est hors de question d’imposer un projet aux habitants », veut rassurer le maire adjoint. La Ville et Plaine Commune prévoient de déposer les dossiers auprès de l’Anru avant la fin de l’année. Ils espèrent trouver un accord définitif début 2019. Les premiers travaux commenceraient en 2020. En attendant, une réunion publique est prévue le 20 novembre sur le projet d’habitat participatif.

Aziz Oguz

Réactions

Bonjour. Je dirais à Patrick Vassalo que ce n'est pas la première fois que la municipalité passe en force. C'est déjà arrivé. J'ai vu comment cela se passe à la réunion. On prends note mais peut ou pas de compte rendu. Et puis passer de 97% de logements sociaux à 93% ne va pas changer grands chose à la réalité sociale du quartier en particulier et à la ville en général.