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/ Réchauffement climatique : « l’urgence à agir »

Parmi l’un des temps forts de la 5e édition du Grand 8 festival qui a fait une belle place au thème de l’écologie : la venue vendredi 27 septembre, pour une conférence consacrée au réchauffement climatique, de la paléoclimatologue et co-présidente du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), Valérie Masson-Delmotte.
La scientifique Valérie Masson-Delmotte à l'université Paris 8, vendredi 37 septembre. © Yslande Bossé
La scientifique Valérie Masson-Delmotte à l'université Paris 8, vendredi 37 septembre. © Yslande Bossé

Comment, en une heure d’intervention, rendre compte d’un sujet scientifique et sociétal aux décryptages complexes ? Vendredi 27 septembre, à l’université Paris 8, cet exercice a été relevé avec succès par Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du Giec sur l’évolution du climat et paléoclimatologue au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement. La scientifique qui était attendue un jour plus tôt – jeudi 26 septembre (1) – a « rappelé les points clés des trois rapports » rendus par le Giec depuis onze mois lors de la conférence « Réchauffement climatique : un autre avenir est-il possible ? », organisée dans le cadre du festival Grand 8.

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« Chaque demi-degré de réchauffement compte »

Alors que le 25 septembre, le Giec dévoilait son rapport spécial sur le changement climatique, les océans et la cryosphère (glaciers, banquise, sols gelés, neige, calottes polaires), l’intervention de Valérie Masson-Delmotte a mis en évidence la conclusion de ce dernier rapport, c’est-à-dire : « l’urgence à agir ». Et « vite ». Le tableau qu’a dressé la scientifique au sujet du réchauffement climatique est sombre. « Depuis 1850-1900, ce sont les activités humaines qui ont provoqué un réchauffement planétaire de l’ordre de 1°C. Au rythme actuel de 0,2°C de plus par décennie, le réchauffement planétaire atteindra 1,5°C entre environ 2030 et 2050, plus tôt si les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent à augmenter », a expliqué la chercheuse avant de signaler : « Chaque demi-degré de réchauffement compte. »

En France, les conséquences sont multiples et se font déjà sentir : « canicules plus fréquentes », « intensification des pluies torrentielles et des sécheresses », « montée du niveau des mers ». Comment éviter le pire ? Pour Valérie Masson-Delmotte, il convient de mettre en place des mesures bénéfiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. À savoir « améliorer la manière dont nous utilisons les terres et produisons la nourriture », opter pour une « alimentation saine et nutritive », ou encore « sortir rapidement des énergies fossiles, charbon, pétrole et gaz ». Le réchauffement climatique n’est pas « inéluctable » a rappelé à plusieurs reprises durant son intervention la scientifique, pour qui le mouvement actuel de la jeunesse en faveur de l’écologie est un bon signe.

Valérie Masson-Delmotte a notamment rappelé l'action de la jeune militante suédoise Greta Thunberg qui avec 15 autres jeunes personnes a porté plainte le 24 septembre, auprès du Comité des droits de l'enfant des Nations-unies contre 5 pays, dont la France pour protester contre l'inaction des gouvernements face à la crise climatique. « On a besoin que l'éducation montre l'ampleur des enjeux. Ce que les enfants demandent, ce sont les clés pour agir », a argué la chercheuse. « Si on ne baisse pas nos émissions, le climat va changer de plus en plus vite. Il ne faut pas s'attendre à ce que les gouvernements prennent des décisions, ça doit venir de la société qui doit faire pression », a t-elle encore exprimé. 

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Note d'espoir

« L’océan et la cryosphère ont subi de plein fouet depuis des décennies l’effet du changement climatique. Les conséquences pour la nature et l’humanité sont profondes et lourdes. Notre rapport montre l’urgence à agir maintenant, de manière ambitieuse, coordonnée, et tenace. Ce qui est en jeu, c’est la santé des écosystèmes, le vivant, et le monde que nous laissons à nos enfants », a continué Valérie-Masson Delmotte.

Celle qui a opté pour la recherche en sciences du climat comme « choix de métier » grâce à sa « curiosité » et à un livre d'Emmanuel Leroy Ladurie découvert à l'âge de 16 ans – comme elle l'a twitté le jour de la conférence – a néanmoins appelé le public présent, notamment les étudiants à « prendre conscience » tout en restant optimiste. Car même si les citoyens « ne sont pas égaux face à leur capacité d'agir », ils peuvent « agir ». 

Aux collectivités territoriales, aux villes et aux Dionysiens soucieux de s'engager dans la lutte contre le réchauffement climatique la scientifique a conseillé d'agir en « collectif ». « Il faut avoir un espace délibératif pour faire remonter les idées », a t-elle insisté. Enfin, la chercheuse a mis en lumière le travail des artistes populaires, des sportifs de haut niveau comme moyen d'alerter les populations sur la question du climat et comme pouvoir de « rayonnement ». « On a besoin d'imaginer des futurs autres », a affirmé la scientifique. 

Yslande Bossé

(1) Valérie Masson-Delmotte devait intervenir au côté de Hervé Kempft du magazine Reporterre.

Réactions

Une fois de plus, un rapport du GIEC est alarmant, ce qui est normal car il a été créé pour diffuser l’alarmisme climatique et c’est une structure politique (IPCC). ... J’aimerais bien un rapport positif, qui cesse de nous culpabiliser, et surtout, un rapport objectif qui reconnaitrait notre méconnaissance du système climatique, chaotique et multifactoriel, et l’impossibilité de modéliser le climat, ce qui est évident pour le cycle de l’eau, et ce qui est confirmé par le plantage des modèles numériques, incapables d’être en cohérence avec les observations. Cela éviterait de gaspiller des milliers de milliards d’euros et de dollars pour des prunes, aux frais des ménages pris en otage par cette idéologie mortifère, totalitariste, au détriment des financements des vrais problèmes du monde réel.
) Il serait bon de raison garder et de cultiver le doute et le sens de la critique, ce que le GIEC ne fait plus depuis belle lurette. Peu importe à ces scientifiques du GIEC/IPCC que le taux de CO2 global dans l’air ne soit que de 0,04% (1% à 5% pour la vapeur d’eau), peu importe que la part anthropique des émissions ne soit que de 4% de ces 0,04%, selon le GIEC (rapport AR5, page 471, figure 6.1), peu importe que le CO2 n’ait que 2 étroites fenêtres d’absorption des IR thermiques, alors que la vapeur d’eau a un large spectre d’absorption, peu importent tous ces faits dérangeants, notamment l’absence de point chaud en zone tropicale, la faible montée des océans (1-1,5 mm/ selon les marégraphes), sans accélération, ou encore le hiatus depuis début des années 2000 (la tendance n’est que de +0,1°C/décennie – mesures UAH), le dogme affirme, au mépris de toute bonne physique, que seules nos émissions ont une action réchauffante cataclysmique et que les prophéties des modèles numériques qui pourtant se plantent lamentablement (omerta, omerta !) sont dignes de foi, donc permettent d’en rajouter une couche sur l’alarmisme climatique, aussi délirant et irrationnel soit-il. Et nos médias incompétents et/ou admirateurs de l’idéologie du réchauffisme ne se privent pas de publier tout ce qui peut entretenir un alarmisme climatique, le plus souvent en publiant n’importe quoi sans se donner la peine de voir plus loin que le bout de leur nez.
Quand une idéologie conditionne la jeunesse, ce que l’on pu observer lors du siècle passé, cette idéologie, qui instrumentalise la science, est totalitariste. Il serait temps que la raison revienne aux politiques, à l'UE et au Grand Machin, qui décrètent sans aucune analyse vouloir zéro carbone en 2050. Pour cela, il faudrait 3 nouvelles centrales nucléaires/jour ou 1500 éoliennes 2,5 MW/jour. Ils ont perdu tout bon sens avec cette idéologie climat-énergie qui est dans une phase de déni de réalité et de délire total. https://www.forbes.com/sites/rogerpielke/2019/09/30/net-zero-carbon-dioxide-emissions-by-2050-requires-a-new-nuclear-power-plant-every-day/#6244100d35f7
Ce nouveau rapport du GIEC sur le réchauffement des océans cite un document erroné, publié sur Nature, puis retiré. https://wattsupwiththat.com/2019/09/27/new-ipcc-report-on-ocean-warming-cites-a-flawed-and-retracted-paper/ Cela confirme que le GIEC utilise toute étude qui va dans le sens d’un alarmisme de plus en plus débridé et totalement irrationnel, sans aucune valeur scientifique. Le GIEC est bel et bien le bras armé de l’idéologie du réchauffement climatique anthropique, qui instrumentalise la bonne science et diffuse sans cesse un alarmisme climatique de plus en plus incohérent, totalement déconnecté du Réel.

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