En ville

Qui va payer??

La Ville chiffre au total le manque à gagner à 5,4 millions d’euros, pour la seule augmentation de la population au cours des dernières années. Les dotations d’État sont en fort recul.

Le budget des familles ne va pas bien. Celui des villes non plus. Et forcément Saint-Denis n’échappe pas à la règle, même si la situation n’est pas aussi mauvaise que dans d’autres collectivités (lire ci-après l’interview de la maire adjointe Fabienne Soulas). Il est difficile par exemple d’ignorer, tant son président Claude Bartolone (PS) a été sollicité par les médias nationaux, que le département de Seine-Saint-Denis se retrouve, lui, avec 96 % de son endettement adossé sur des crédits toxiques, c’est-à-dire avec des emprunts liés à des taux très risqués. Selon des experts de la finance, les variations de ces cours pourraient faire dangereusement grimper la dette départementale auprès des banques. Le remboursement des intérêts, de 3 millions en 2009, passant à 17 en 2011. En conséquence, le président de l’assemblée départementale, reçu lundi 3 novembre par Michèle Alliot-Marie (Intérieur) et Christine Lagarde (Économie), a affirmé qu'il «n’est pas question de donner un euro de trop aux banques».

Le compte n’est pas bon

Mais cette tornade financière, dont les effets n’ont pas fini de se faire sentir, notamment dans le monde de l’entreprise avec des groupes nationaux et internationaux qui déjà parlent de licenciements, n’est pas le seul élément des difficultés que rencontrent les finances des collectivités territoriales. Car les dotations versées par l’État se réduisent comme peau de chagrin. La très plurielle Association des maires de France (AMF) pointe ainsi une réalité issue de ses calculs?: les compensations relatives à la taxe foncière et à la taxe professionnelle baisseront de plus de 22 % dans le prochain budget. Et comme pourrait le dire Monsieur de La Palice, il faudra bien trouver de l’argent quelque part pour l’entretien des rues, la construction des écoles ou des médiathèques…
À Saint-Denis, le manque à gagner pour 2009 devrait s’élever à 658?000 euros. À quoi s’ajoute l’inconnue de la reconnaissance (ou pas) de l’augmentation de la population, passée de 94?700 à 96?500 en trois ans. Le maire Didier Paillard et le député Patrick Braouezec sont allés plaider le dossier à l’Élysée, et un vœu réclamant une remise à niveau, adopté par les élus lors du dernier conseil municipal, note que « les dépenses qui résultent de l’augmentation de la population s’élèvent à 7,2 millions d’euros en 2008, alors que les recettes nouvelles sont de 1,8 million, ce qui se traduit par une charge supplémentaire pour la Ville de 5,4 millions ». Qui va payer??
Gérald Rossi


Trois questions à Fabienne Soulas, adjointe au maire de Saint-Denis.
« Pas d’emprunt à haut risque »

Le JSD?: Comme toutes les communes, Saint-Denis emprunte pour investir. La ville est-elle menacée à son tour par les emprunts toxiques??
Fabienne Soulas?: Non, nous ne sommes pas touchés par ces emprunts à hauts risques. Nous en avons souscrit à une certaine époque, car c’était les seuls disponibles sur le marché, mais ils ont été depuis renégociés et, de plus, nous avons souscrit des assurances afin de limiter les effets des progressions de taux. Ce qui ne veut pas dire que les finances de la Ville ne seront pas affectées à un moment donné par la crise, avec les augmentations des taux bancaires que l’on nous annonce pour les emprunts futurs.

Le JSD?: C’est donc dans un contexte tendu que se prépare le budget communal pour 2009.
F.S.?: Nous avions initialement prévu de le voter en décembre, mais la situation nationale et internationale ainsi que les incertitudes de la loi de finances (de l’État) nous amènent à repousser le vote au conseil municipal sans doute en janvier. Afin de bien prendre en compte toutes les données pour au final répondre au mieux aux attentes de la population.
Nous devons faire face à des coûts qui augmentent lourdement et, en face, nous devons trouver des recettes. L’Association des maires de France, où l’on retrouve toutes les sensibilités politiques, note par exemple que sur les trois derniers trimestres 2007 et le premier de 2008, les dépenses des collectivités locales ont augmenté de 3,4 %, contre 1,9 % pour les ménages. Ici, du premier septembre 2007 au premier septembre 2008, l’augmentation de la facture des denrées alimentaires pour les cantines est de 4 %. Et l’autre poste en forte hausse est celui de l’énergie.

Le JSD?: Dans ce contexte, la baisse des dotations d’État ne va pas arranger les choses.
F.S.?: Pour le moins. Selon les prévisions, le manque à gagner serait de 658?000 euros sur le prochain budget. Et on ne sait toujours pas si l’augmentation de près de 10 % de la population sera prise en compte. Plus globalement d’ailleurs, entre 1999 et 2008, la population française est passée de 58 à 62 millions. Comment l’État prend-il en compte cette augmentation, qui nécessite la réalisation de multiples équipements publics et de logements?? Nous travaillons sur toutes ces données, et nous n’écartons aucune piste pour le prochain budget, avec des économies de gestion, une plus grande maîtrise des dépenses de personnel, sans écarter celle d’une augmentation de la fiscalité.
Recueilli par G.R.

Fabienne Soulas est maire adjointe en charge des finances locales, des solidarités et des sports.

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