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Covid-19
/ Quel avenir pour l’immobilier de bureaux  ?

Le télétravail pratiqué par des millions de salariés, en raison du confinement, a bouleversé les organisations. Aura-t-il un effet durable dans le tertiaire et impactera-t-il l’immobilier d’entreprise ?
(c) Yann Mambert
(c) Yann Mambert

Cette crise sans précédent que nous vivons et loin d’être résolue, a fait naître de nombreuses interrogations tant dans la tête des salariés que dans celles des dirigeants d’entreprises. On estime qu’en ÎIe-de-France quatre Franciliens sur dix ont télé-travaillé. C’est un enjeu de taille qui se pose aujourd’hui pour les entreprises : vont-elles se réorganiser en imposant une part de télétravail hebdomadaire et pourquoi pas s’engager dans une réduction des surfaces de bureaux ?

Les projets d’immeubles tertiaires à Saint-Denis et Plaine Commune ne manquent pas: 1,7million de m2 de bureaux pourraient voir le jour d’ici à 2030. Aujourd’hui, le territoire compte 2,3millions m2 de bureaux concentrés au sud de Saint-Denis, Aubervilliers et Saint-Ouen, avec un taux de vacance de 10%. Avec des loyers 35% moins chers qu’à la Défense, le territoire, troisième pôle tertiaire d’Île-deFrance, possède avec les grands projets en cours de nombreux atouts pour attirer de futurs utilisateurs. 

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« Paris est en sous-offre de bureaux depuis de nombreuses années, explique Paul Hausseguy, commercialisateur de bureaux chez JLL, et fin connaisseur du territoire. Il existe donc un taux de vacance de bureaux très bas, contrairement à la première couronne nord-est où ce taux est élevé. À Saint-Denis, la demande est endogène: des utilisateurs déjà installés souhaitant déménager, restent souvent sur le territoire. L’enjeu majeur de demain est d’attirer des utilisateurs exogènes, parisiens ou mal connectés en seconde couronne nord.»

Les trois quarts en location

Les trois quarts du marché des immeubles de bureaux (portés par des propriétaires institutionnels, des fonds d’assurances, des banques ou des SCPI), au-delà de 1000m2 , s’opèrent sur de la location. Deux options se présentent: rester sur place, en réduisant la surface d’occupation, et réaménager l’intérieur des espaces pour mieux prendre en compte le fonctionnement en télétravail. L’autre option étant de déménager, en réduisant les surfaces, dans un immeuble voisin, plus efficient, plus récent, plus neuf, permettant à l’entreprise de développer une nouvelle image plus attractive.

Pour Paul Hausseguy, il faudra attendre pour mesurer le mouvement. « Après avoir renégocié leurs loyers pour les deux premiers mois de confinement, les utilisateurs vont entrer dans une nouvelle phase de renégociation avec leur bailleur, pour réduire leurs surfaces de bureaux. » Aujourd’hui, 280 000 m2 de bureaux sont en chantier à Plaine Commune dont 85 000 pour Saint-Denis. D’ici 2021, ils sortiront de terre. Pour l’avenir, Paul Hausseguy n’est pas pessimiste, mais « chacun sera amené, estime-t-il, à modifier ses habitudes, en particulier les utilisateurs dans les immeubles de bureaux ».

Claude Bardavid

Réactions

Où un(e) salarié est-il(elle) le plus efficace ? au bureau en arrivant crevé après une heure de transport en commun dans les ligne 13 et Rer B ? où à domicile en utilisant un ordinateur bien configuré une bonne connexion internet ?