En ville

Quartier Pleyel Ça mute autour de la tour?!

Pleyel est moins médiatisé que la Plaine. Mais le secteur fait également sa révolution. Petit tour du propriétaire dans les rues où les bâtiments poussent.

C’est un nouveau quartier. Un Dionysien qui ne serait plus passé par-là depuis quelque temps pourrait s’y perdre. Nous sommes au pied de la tour, dans ce que l’on appelle la ZAC Pleyel Libération. Un quartier historique de Saint-Denis, longtemps dévolu à EDF et qui s’apprête à accueillir la Cité européenne du cinéma de Luc Besson. Autour de ce projet installé dans la centrale thermique désaffectée, tout un quartier a vu le jour. Une métamorphose rapide et cadencée. « On peut parler de quartier en mutation », résume Pierre Quay-Thévenon, vice-président de Plaine commune en charge du Développement économique, adjoint au maire de Saint-Denis référant pour ce quartier… Et également guide précieux.

Ici il y a plus de salariés que d’habitants

À la sortie du métro et du carrefour Pleyel, l’allée de la Seine conduit justement aux anciennes usines et à la future Cité du cinéma qui devrait être inaugurée en 2012. C’est de part et d’autre de cette allée qu’EDF s’était installé au début du siècle précédent.

« Une centrale a tout d’abord été construite pour alimenter le métro, puis un centre de recherche dans les années 1930, le poste Ampère dans les années 1970, et enfin dans les années 1980 le Centre européen de commande qui permet de gérer les flux électriques (achat et vente sur toute l’Europe) », explique Pierre Quay-Thévenon. Bref, de quoi faire d’EDF le propriétaire foncier de référence. De cette époque restent une ou deux vieilles bâtisses, mais surtout de nombreux vestiges de quartiers ouvriers, des immeubles ou des maisons de brique type corons dans des ruelles aux alentours.

EDF reste toujours présent, comme le rappelle l’imposant immeuble qui marque l’entrée de l’allée de Seine sur la place Pleyel. « Nous sommes dans un quartier avant tout d’affaires et il faut savoir qu’à Pleyel il y a plus de salariés que d’habitants?! », glisse Pierre Quay-Thévenon. En avançant dans cette allée piétonne, on découvre donc à droite de très nombreuses nouvelles constructions. Un grand secteur d’habitations d’où se détachent plusieurs îlots, plusieurs structures bien distinctes. « Nous avons souhaité que chaque îlot soit piloté par des architectes différents », explique Pierre Quay-Thévenon. Des bâtisses résolument modernes, lumineuses, où terrasses et balcons sont omniprésents.

Des programmes de 5, 6 étages maximums où cohabitent logements sociaux et habitations privées. Une toute nouvelle crèche, les Sonatines, également. Au bout de l’allée, face à la future Cité du cinéma et ses 23?000 m2 de bureaux – dont 19?000 dédiés à Europacorp, la société de Luc Besson, qui y sera locataire – et ses 11?000 m2 d’activités de production cinématographique (plateaux de tournage, école Louis-Lumière, etc.), la visite continue par la rue Ampère qui délimite le pâté de maisons.

« Le quartier devrait être au cœur du Grand Paris »

Au croisement de la rue James-Watt se dresse un impressionnant complexe?: « le Spallis ». Un immense vaisseau de verre d’une superficie de 39?000 m². Des plateaux de bureaux sur sept niveaux qui s’articulent autour d’un jardin intérieur. L’immeuble ocre de sept étages constitue l’édifice central de ce nouveau quartier. Il fait 4?000 m2 de plus que la tour Pleyel. Le groupe de communication Publicis s’apprête à occuper 40 % de la surface, une grande maison d’édition parisienne devrait également en faire son siège.

Un quartier qui va se fondre dans la zone d’activité du Landy et positionne durablement Pleyel comme un quartier d’affaires. Un signe qui ne trompe pas, deux groupes hôteliers se sont installés boulevard de la Libération. « Le quartier devrait être au cœur du Grand Paris avec même une station du fameux métro rapide », glisse Pierre Quay-Thévenon. L’implantation d’une gare TGV reste également toujours d’actualité.

D’autres chantiers, concernant les futurs comme les actuels habitants, sont plus concrets. À commencer par l’extension du groupe scolaire Anatole-France. Pour faire face à l’arrivée de nouvelles familles, l’école passera de 19 à 33 classes et le centre de loisirs doublera sa capacité d’accueil. Un nouveau bâtiment va voir le jour et le tout devrait être terminé pour la rentrée 2012. De même, le futur aménagement de la place Pleyel, trop souvent encombrée, autour de la station de métro et au-delà jusqu’au boulevard Ornano. Le quartier Pleyel n’a donc pas fini de se transformer.

Étienne Labrunie