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Élèves et professeurs des lycées dionysiens entrent dans la troisième semaine d’enseignement à distance et chacun tente de s’organiser.
Travail à distance ne rime pas du tout avec vacances pour les adolescents.
Travail à distance ne rime pas du tout avec vacances pour les adolescents.
« C’est une année compliqué pour les lycéens », résume Léa, étudiante de 1ere générale à Paul Eluard. Ecoles, collèges et lycées ont fermé leurs portes lundi 16 mars en raison de l’épidémie actuelle. Mais pas question de parler de vacances. Des cours à distance sont organisés et le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer promet une « continuité pédagogique ». Une continuité pédagogique qui, selon Mathieu, professeur de mathématiques au lycée Paul Eluard « n’existe pas ».
 
« Les plateformes de l’éducation nationale (ENT, Pronote) saturent complètement, alors on s’organise comme on peut », ajoute le professeur. « On reçoit énormément de mails », estime Léa. « J’ai été mis au courant hier d’un devoir à rendre pour jeudi dernier !, témoigne Oscar, en 1ere générale à Suger. Les cours et les exercices arrivent sur tellement de canaux différents, on est vite perdu. » Que ce soit par mail, sur Whatsapp, sur Discord (messagerie instantanée), sur Youtube ou encore sur Zoom (logiciel de téléconférence), les professeurs multiplient les plateformes pour diversifier leurs cours. « Je communique aux élèves les cours écrits et les exercice à faire par mail, je leur envoie des vidéos Youtube aussi », témoigne Marie professeure de Français à Paul Éluard. En fait c’est la nature du travail qui change, c’est impossible de corriger tous les élèves un par un alors on invente des moyens pour faire des corrections collectives. »
 

Objectif: rester motivé

 

« On entre dans la troisième semaine donc je constate un léger relâchement, mais globalement en terme de travail fourni on est dans la continuité de ce qui se passait avant le confinement, détaille la professeure de Français. Les élèves accrocheurs continuent de s’accrocher et je vois beaucoup de bonne volonté et de travail. » Même son de cloche pour Mathieu qui estime qu’une classe sur deux a plutôt bien répondu au travail donné. C’est même sa classe de Terminale qui lui a fait découvrir le logiciel Discord pour pouvoir faire cours en direct. Le professeur pointe cependant du doigt la difficulté d’enseigner une matière scientifique à distance. « Je ne peux pas leur faire des séances d’exercices, il me faudrait un tableau, juge-t-il. J’ai eu des retours d’élèves qui ont du mal à comprendre certaines partie du cours. »
 
Du côté des élèves comme des professeurs, cours à distance ne veut pas dire moins de travail. « Les cours sont plus chargés que d’habitude, je travaille beaucoup plus, détaille Grace élève de 1ere générale au lycée Angela-Davis. On a beaucoup de devoirs et tout est noté. » « C’est encore compliqué de trouver un bon rythme, mais à Suger, les professeurs sont très compréhensifs et à l’écoute », témoigne Oscar. « On a beaucoup d’exercices à rendre à des heures précises, explique Léa. On nous en demande beaucoup. Il faut être rigoureux et il faut travailler en autonomie. Il faut se motiver à aller en cours parce que là, si tu ne veux pas y aller, tu ne cliques pas sur le lien et c’est tout. »
 

Lire aussi : Comment l'épidémie impacte la vie quotidienne des étudiants 

 
Le ministre de l’éducation a dressé mardi 31 mars un premier bilan deux semaines après la fermeture des établissements. Reconnaissant un « grand risque » que le confinement « creuse les inégalités », Jean-Michel Blanquer a déclaré que 5 à 8% des élèves avaient disparus. Dans les lycées dionysiens aussi, certains élèves n’ont pas donné signe de vie depuis la fermeture des établissements. « Est-ce qu’ils ont tous accès de manière égale à Internet ?, se questionne le prof de maths. Je ne pense pas. » Bien que tous les élèves de seconde et de première du lycée Paul-Eluard aient reçu des ordinateurs et des tablettes de la région Ile-de-France, les problèmes de connexion ou de matériel existent.
 
« On a un ordinateur pour deux avec mon frère, on travaille à tour de rôle, détaille Léa. Pour l’instant on a pas eu cours en même temps mais quand ça arrivera il faudra choisir qui le suit et qui ne le suit pas. » Pour Oscar les deux premières semaines n’ont pas été facile. Confiné avec un ami qui n’avait aucun moyen de contact, ils ont suivi les cours sur sa tablette. « Il y en a qui ont vraiment du mal, tout le monde n’a pas les moyens de rester connecté en permanence », estime le lycéen. L’établissement Paul-Eluard a également lancé une campagne d’équipement pour prêter des ordinateurs aux terminal et aux BTS qui ne disposaient pas de matériel informatique. 
 
Personne ne sait si l’enseignement à distance se révélera efficace, «  mais au moins ça permet de garder un vrai contact et d’éviter que les esprits ne se mettent en vacances », estime la professeure de Français, même si certains de ces collègues jugent le travail à distance « propice au décrochage scolaire ». « Il faut imaginer que le bac va forcément être adapté, pense Marie. On ne pourra pas exiger que toutes les classes aient fini le programme. » Pour le moment, aucune information concernant les modalités du baccalauréat n’a été donnée.
 
Olivia Kouassi

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