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Municipales 2020
/ Publics : faire du cousu main

Concert festival Lili Boulanger. © Yann Mambert (Archives)
Concert festival Lili Boulanger. © Yann Mambert (Archives)

Comment réussir à contenter à la fois les publics dits « éloignés » de la culture, les « cultureux » fréquentant assidûment les structures existantes et les Néo-Dionysiens pour qui l’offre culturelle à Saint-Denis a sans doute pesé dans la balance au moment de poser leurs bagages en terres banlieusardes ?

Aux barrières sociales s’ajoutent également les barrières géographiques. Entre le nord de la ville, le centre-ville, le quartier Confluence, les quartiers Est et la Plaine, il semble prioritaire de réduire les frontières entre secteurs. Si Mathieu Hanotin (PS) reconnaît qu’il existe « des barrières culturelles comme partout », il n’y a pas de solution miracle mais des solutions pragmatiques. « Pour désenclaver les quartiers, nous réfléchissons à investir des lieux d’interconnexions entre les quartiers de la ville. En plus de favoriser la mixité, c’est une solution pratique et peu coûteuse de l’ordre de quelques dizaines de milliers d’euros par an », assure le candidat socialiste. Son de cloche similaire pour Bally Bagayoko (LFI) qui entend développer les projets dans les quartiers éloignés du centre-ville.

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« Nous allons regarder les contrats d’objectifs et mesurer l’efficacité de certaines associations. Il peut être intéressant de baisser la jauge de subventions pour certaines et soutenir davantage des actions sur les quartiers périphériques, prévient l’Insoumis. Pour prendre l’exemple du conservatoire, sa livraison est une bonne chose pour le territoire, mais cela ne règle pas le problème de fond. Il existe des freins pratiques, culturelles et financiers sur lesquels il faut agir pour élargir la culture à tous. Nous souhaitons également créer un pass qui proposerait la gratuité à une activité culturelle quand la personne est accompagnée d’une personne qui souffre d’isolement comme c’est le cas pour les personnes âgées. »

Désenclaver géographiquement mais aussi agir sur la programmation est l’une des priorités de Houari Guermat (UDI). « Je n’ai rien contre le hip hop mais ici c’est la monoculture. Tu as un champs, tu ne fais que du blé ? Non ! Moi je veux mettre des tomates, des poireaux et des carottes », une punchline dont le candidat UDI à Saint-Denis a le secret ! La tarification est selon Guermat un moyen d’attirer les publics.

« Il faut développer les forfaits préférentiels pour les familles. Et pourquoi ne pas mettre en place des navettes qui relieraient les différents quartiers aux structures ? ».

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Pour Alexandre Aïdara (LREM), la construction d’un grand studio d’enregistrement comme il l’ambitionne et occuper le bassin de la Maltournée avec une programmation estivale répondent aux mêmes logiques de valorisation du terreau dionysien, mais attention à ne pas enfermer les habitants dans leur propre enclave. « La culture ce n’est pas qu’à Saint-Denis, il faut amener les Dionysiens ailleurs, pousser les scolaires à faire plus de sorties à Paris, avec de la sensibilisation en amont. »

S’inscrire dans la continuité

Laurent Russier (PCF) ne souhaite pas entrer dans le débat qui opposerait plusieurs publics : « Il faut être attentif à ce que les équipements proposent des choses qui parlent au plus grand nombre. L’Écran, tout comme le TGP et le Festival de Saint-Denis, fait un travail formidable avec les scolaires. Plus de salles vont s’ouvrir, c’est un moyen de brasser aussi, même si j’estime que la culture ce n’est pas que les équipements. » À ce titre, pour Laurent Russier le plan lecture doit rester une priorité. « La lecture permet de développer l’esprit critique, en ce sens, nous voulons le fortifier avec une irrigation sur l’ensemble de nos équipements culturels, car actuellement il est surtout développé au niveau scolaire. Aussi, nous multiplierons l’opération troc-livres tout au long de la saison pour attirer parents et enfants. La lecture rassemble. »

Sur le développement de la lecture auprès du jeune public, Alexandre Aïdara rejoint l’actuel maire de Saint-Denis et propose une opération incitative : « Chez certaines familles il n’y a aucun livre. L’été, nous souhaiterions faire du porte à porte et donner des livres aux enfants pour les inciter à lire dès le plus jeune âge, comme cela a été fait à Aubervilliers. »

Bally Bagayoko veut poursuivre le schéma d’orientation culturelle porté par l’actuelle adjointe à la culture Sonia Pignot qui l’a rejoint sur sa liste. Pour sa part, Mathieu Hanotin annonce un appel à projets, « pour que tous les jeunes qui fréquentent les centres de loisirs puissent bénéficier d’un projet d’éducation artistique et culturel. Avec une intervention d’un artiste dans le centre de loisirs une fois par semaine ».
 

Maxime Longuet

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