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Ensemble contre les violences
/ Prévention, médiation, éducation

Jeunesse. Les acteurs, associatifs et professionnels, qui luttent au quotidien contre la violence chez les jeunes ont fait part de leurs difficultés à mener à bien leurs missions lors de deux débats organisés par la Ville. Et des résultats positifs et concrets de leurs actions.
Pour lutter contre l’expansion de la violence entre jeunes, les associations de quartier, les clubs de prévention et de médiation sont considérés comme des acteurs indispensables.
Pour lutter contre l’expansion de la violence entre jeunes, les associations de quartier, les clubs de prévention et de médiation sont considérés comme des acteurs indispensables.

Pour lutter contre l’expansion de la violence entre jeunes, les associations de quartier, les clubs de prévention et de médiation sont considérés comme des acteurs indispensables. Leurs paroles étaient donc très attendues, lors des journées de débat à la bourse du travail, vendredi 30 novembre et samedi 1er décembre.

Les structures professionnelles que sont Canal ou Partenaires pour la ville, conventionnées avec les institutions telles que la municipalité, la CAF ou EDF, ont tenu à faire part de leurs difficultés à tenir leurs missions.

Béatrice Tessier, directrice de Canal, a souligné le manque de moyens pour couvrir tous les quartiers de Saint-Denis. « Depuis 2009, plus aucun poste de prévention n’a été créé », dénonce-t-elle. De son côté, Jean-Paul Espié, président de PPV 93, pointe du doigt la logique de comptabilité dans laquelle les institutions les enferment aujourd’hui : « On nous demande constamment de rédiger des bilans et cela nous pompe une énergie considérable. Cela occasionne du stress et les jeunes le ressentent. » 
 

Lakdar Kherfi œuvre depuis cinq ans à apporter une réponse à la galère des jeunes en bas des tours. Il gare le camping-car de son association Médiation Nomade chaque soir dans des cités. « Quand on va en pied d’immeuble on voit une profonde tristesse. On leur demande ce qu’ils veulent faire, ils ne savent dire que : je ne sais pas », témoigne-t-il.

Pour Lakdar, le combat se situe au niveau du créneau 19h-minuit. « Il faut qu’on arrête de fermer les lieux des jeunes à 18h », s’exclame-t-il. Selon lui, « l’horloge biologique des jeunes a changé. Les missions locales donnent des rdv à 9h et tournent à vide. C’est à 21h qu’ils sont au max de leurs capacités ».

C’est pourquoi il déambule avec un centre de loisirs portable, propose du thé, de la musique et des jeux, « tout en respectant le voisinage ». « Ils nous disent “on ne nous aime pas” », rapporte M. Kherfi qui juge qu’il y a un problème de relation avec la société. « La présence d’adultes bienveillants ça calme. Lorsque les femmes bénévoles sont là, les voix des jeunes changent. Les femmes apportent un esthétisme, de la beauté et diminuent la violence », ajoute-t-il.

 

Sortir du trafic de drogue

La caravane de Médiation Nomade s’aventure au pied des immeubles mais évite soigneusement les points de deal car ils peuvent être dangereux. Pour Lakdar, ce sont des territoires commerciaux. Ce n’est pas le cas de Larbi Boudjeraba, coordinateur des médiateurs de nuit de Saint-Denis. Il communique avec les dealers afin qu’ils respectent les habitants, et ne commercent pas dans les halls. « On ne parle pas assez à ces jeunes. Si vous prenez le temps de discuter, ils vous répondent », explique-t-il.

Natif de Saint-Denis, le quadragénaire connait parfaitement la ville et a la confiance des habitants et des institutions : « La police nous laisse faire même quand on intervient dans des bagarres. » Larbi garde une vision optimiste. « Rue Fontaine, la tête de réseau a trouvé une formation et du travail, il y a de l’espoir », raconte-t-il.

Dans la cité Salvador-Allende, Bakary Soukouna se mobilise à l’aide de son association Nuage. En 2013, il dit avoir constaté une « montée en puissance du trafic de drogues ». L’éducateur considère qu’il faut aller chercher « l’enfant qui sommeille » chez les jeunes guetteurs pour les amener vers du positif.  « On propose aux jeunes de vivre autrement. Il arrive qu’on accompagne un jeune à produire un CD, d’autres viennent passer le BAFA [brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur] », explique le Dionysien qui se souvient avoir vu « des dealers nous solliciter pour faire un CV, une formation, un atelier de prise de parole en public ». 
 

Julien Villain, de l’association Coïncide, s’est lui aussi attaqué au problème de la drogue dans la cité Gabriel Péri. « Il y a deux mois on a ouvert une permanence “coup de boost’” pour lutter contre le décrochage scolaire. On a réussi à prouver aux jeunes dealers que leur activité n’était pas rentable », affirme-t-il. L’étudiant en sciences politique à l’université Paris 8, pense « qu’il faut rompre avec l’unique question de la violence quand on parle de jeunesse et qu’on parle de projet ».

Dans la cité des Cosmonautes, l’association APIJ Bat a choisi cette orientation depuis sa création en 1986. Cette coopérative accompagne chaque année près de 300 jeunes vers les métiers du bâtiment. Son président Mathieu Dehaudt constate avec regret que « cela fait 30 ans que nous vivons le chômage de masse. Il y a une difficulté avec les adultes écartés du marché de l’emploi et qui restent au quartier. Cela n’incite pas les jeunes à bouger ».

 

Samba Doucouré

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