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Centre Tawhid
/ Pour une réouverture partielle de la mosquée

Samedi 6 avril, une centaine de fidèles se sont rassemblés devant la mairie à l’appel du centre Tawhid, gérant du plus important lieu de culte musulman du centre-ville. Ils exigent entre autres sa réouverture partielle, malgré l’arrêté préfectoral pointant de graves manquements aux normes de sécurité.
« Les musulmans de Saint-Denis ne sont pas des citoyens de seconde zone », s’est indigné Abdelhakim Kerboua, le président de l’association.
« Les musulmans de Saint-Denis ne sont pas des citoyens de seconde zone », s’est indigné Abdelhakim Kerboua, le président de l’association.

À environ un mois du début du Ramadan, ils sont venus dire « non » à la fermeture de leurs mosquées. Ce samedi 6 avril, une centaine de fidèles musulmans se sont rassemblés devant l’hôtel de ville à l’appel du centre Tawhid qui gère le plus important lieu de culte musulman du centre-ville. Située rue de la Boulangerie, cette mosquée a été fermée pour des raisons de sécurité suite à un arrêté préfectoral daté de fin novembre. La préfecture y pointe « plusieurs insuffisances graves » comme « l’instabilité du bâtiment au feu, l’insuffisance des issues de secours et d’importantes anomalies sur les installations électriques ».

Le 19 mars, un nouvel avis défavorable de la commission départementale de sécurité et d’accessibilité a été émis. D’où la colère du centre Tawhid qui a l’impression d’un « acharnement administratif » contre les lieux de culte musulman. Deux autres établissements dionysiens sont concernés par des décisions liées à la sécurité : la mosquée Bilal, rue Gabriel-Péri dans le nord de la ville, risque la fermeture, tandis que la mosquée Rahma, situé avenue Paul-Vaillant-Couturier à proximité du lycée Suger, est déjà fermée depuis environ un an. 
 


« Il n’y a pas eu de pédagogie »

« Les musulmans de Saint-Denis ne sont pas des citoyens de seconde zone », s’est indigné Abdelhakim Kerboua, le président de l’association gérant la mosquée Tawhid. Sur le fond, le responsable ne remet pas en cause le diagnostic, il critique la manière dont la situation a été gérée. « On a notre part de responsabilité. On ne dit pas que les corrections demandées ne sont pas justifiées, mais c’est l’application qui nous dérange. On aurait pu nous donner un délai pour faire les travaux, avant de fermer totalement la mosquée. Il n’y a pas eu de pédagogie », regrette-t-il. Dans un premier temps close partiellement le vendredi – lors de la grande prière pouvant rassembler 2 000 fidèles – la mosquée a complètement cessé d’accueillir les croyants début janvier.

L’association demande ainsi une réouverture partielle de l’établissement. « Cela nous permettrait d’accueillir les 100 à 200 fidèles qui viennent tous les jours. Cela soulagerait les personnes âgées, fragiles, malades, qui ne peuvent pas se déplacer dans un autre lieu, sachant que le centre Tawhid est la seule mosquée du centre-ville », défend le président de l’association. Pour l’instant, l’homologation bloque sur l’accessibilité. « Nous devons encore créer une sortie de secours dans les normes », explique Abdelhakim Kerboua. Le centre Tawhid doit déposer un nouveau dossier ce mardi 9 avril. Le seuil d’accueil de la structure sera abaissé de 1 500 à 700 personnes au maximum. « On aura une réponse d’ici trois mois », estime-t-il.

En attendant, les fidèles pourront donc continuer d’aller au gymnase Baquet, mis à disposition par la municipalité depuis le 1er février pour la grande prière du vendredi. Cette location doit durer jusqu’en août. Concernant la mosquée Bilal, la sous-commission départementale a pointé des problèmes de sécurité à cause d’un chapiteau à l’entrée du lieu de culte en sous-sol, demandant aussi que sa capacité maximale soit de 300 personnes. 

Le 15 février, la Ville a mis en demeure la mosquée pour qu’elle suive les préconisations. « Le chapiteau a été démonté », explique Hakim Rebiha, porte-parole de l’association gestionnaire Amal. Également maire adjoint, il explique que les instances préfectorales doivent faire preuve de « souplesse » mais il affirme aussi que « les associations doivent assumer leur responsabilité pour assurer la sécurité des fidèles ».

Par ailleurs, il assure qu’à l’approche du Ramadan, la future grande mosquée, située dans le nord de la ville, pourrait définitivement ouvrir. Vendredi prochain, le 12 avril, la préfecture devrait se prononcer sur son ouverture. Mais des fidèles du centre Tawhid jugent qu’elle ne résoudra pas leur problème. « Elle est à presque 2 km du centre-ville ! Tout le monde ne pourra pas y aller », estime un croyant.

Aziz Oguz

Réactions

La situation de la Grande Mosquée est assez incompréhensible pour les Dionysiens. On ne sait pas qu'elle n'est toujours pas ouverte alors qu'elle a été inaugurée plusieurs fois depuis 2016. Quel est le problème exactement ? Tous les efforts ne devraient-ils pas être mis sur l'ouverture définitive de cette grande et belle mosquée ? Pourquoi s'acharner à bricoler des solutions avec des lieux pas adaptés à l'accueil d'un large public. Pour les personnes en difficulté pour se déplacer, les mosquées du centre ville feraient mieux de se concentrer sur l'organisation de transports en mini-bus ou bus pour faciliter la prière en communauté de leurs fidèles. Après il est un peu surprenant d'entendre parler de l'absence de pédagogie. Les responsables de Tawhid n'ignoraient pas qu'ils ne respectaient pas les normes de sécurité, l'absence de l'issue de secours est connue depuis longtemps. Le vote unanime de non-conformité date de juillet 18 et a été suivi de la notification de la Mairie. En octobre la préfecture prend l'arrêté de fermeture (obligatoire) en lieu et place de la Mairie qui n'avait pas agi. Et en janvier la fermeture est actée. Nous sommes maintenant en avril à la veille du Ramadan, il est temps de se réveiller ! Demandez l'ouverture immédiate de la grande mosquée, les conditions d'accueil du public doivent être bien meilleures ! Et encore une fois, si on pouvait comprendre pourquoi cette grande mosquée n'est toujours pas ouverte ??? merci d'avance le JSD
Bonjour. @Saint Denis, la municipalité n'a pris le risque de provoquer la fermeture.Elle a laissé le soin à la préfecture de le faire. C'est juste pour dire c'est pas nous, c'est la préfecture, on y est pour rien. C'est la politique politicienne, rien de plus. Quand à la Grande Mosquée, vu le nombre de fidèle assidus lors du ramadan, elle risque d'être petite et trop éloignée (prière de maghreb, le ftor, puis la prière du soir) faire les allez retour risquent d'être fastidieux.
"Il n’y a pas eu de pédagogie" et "les instances préfectorales doivent faire preuve de « souplesse »" Je me demande si c'est une blague ou simplement de l'irresponsabilité, il y a déjà eu des accidents et des morts à cause de lieux qui n'étaient pas adaptés pour recevoir du public. Si cela arrive que diront ces responsables aux familles ?
La Mairie dégage sa responsabilité dans l'hypothèse où un sinistre se produirait dans ces lieux de prières. Nous ne pouvons que l'approuver ! Il faut savoir que le Maire est pénalement responsable de ce qui se passe dans sa ville ! Donc, s'en tenir à la légalité et refuser tous accommodements clientélistes ou autres. Des solutions de rechange doivent être trouvées rapidement !
@st denis- Cette supercherie de la Grande Mosquée n'a pu être montée qu'avec l'aval d'une partie (faible partie) de la communauté musulmane alimentée par des élus de la majorité municipale issus de cette communauté. Tout le monde a au moins un nom en tête. Il est évident que le deal consistait à promettre une Grande Mosquée en contrepartie de la fermeture progressive des Mosquées du centre ville.On inaugure à grands renforts de presse une Grande Mosquée en 2016 avant les législatives (çà peut aider) et 3 ans plus tard on apprend que la Déclaration d'achèvement et de conformité des travaux (Daact) n'a pas encore été donnée !!! de qui se moque-t-on ? De la communauté musulmane c'est une évidence mais également de tous les dionysiens et cela quelque soit leur croyance ou non croyance.
merci Mourad pour ces éléments. Et effectivement, c'est de tous les Dionysiens qu'on se moque... Je réitère mon appel au JSD pour un article complet sur l'histoire de cette grande mosquée. C'est un point important à éclaircir pour tous les habitants, les croyants comme non croyants, pour éviter les incompréhensions.
Il faut aussi également rappeler que la direction actuelle du centre tawhid est arrivée au pouvoir il y a 2 ans à coups de marteaux et tournevis. Ils ont viré l'équipe précédente de force La police est intervenue sur les lieux et des plaintes ont été déposées. Qu'ils soient dans le collimateur de la préfecture et de la mairie est une évidence

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